1 avril 2025 |

Ecrit par le 1 avril 2025

Que faut-il voir dans le succès d’Avignon Motor Passion ?

Le succès grandissant de manifestations comme l’Avignon Motor Passion (le week-end dernier au centre des expositions) devrait nous éclairer sur le présent. Si autant de gens viennent voir de vieilles mécaniques et se plonger dans le passé c’est peut être que les autos d’aujourd’hui ne font plus rêver, un peu comme l’état actuel de notre société ? Un parallèle peut-être pas aussi audacieux que cela.

Le monde d’aujourd’hui est à l’image de notre production automobile actuelle : aseptisée, uniforme et sous toujours plus de contrôle. Non ce n’est pas du passéisme ringard que d’aimer les vieilles guimbardes. C’est même un acte militant, un signe envoyé pour lutter contre le politiquement correct et la culpabilisation qui y est associée. On veut de l’audace, de la créativité comme on veut du plaisir et du partage. De la liberté et des émotions plutôt que se fondre dans le moule.

Aujourd’hui, en France le volume de véhicules produits est retombé au niveau de celui des années 60

Cette situation n’est pas sans conséquence pour l’industrie automobile européenne. Si elle faisait encore récemment notre fierté, elle est aujourd’hui sur une bien mauvaise pente. Un peu comme notre monde. Les deux se cherchent un avenir plus radieux. Coincée entre la marche forcée à l’électrification qui ne rencontre pas le succès escompté et la surtaxe des véhicules thermiques de forte puissance, qui pénalise l’automobile plaisir, l’industrie automobile européenne est sur le déclin. Aujourd’hui, en France le volume de véhicules produits est retombé au niveau de celui des années 60. Incroyable.

La palme de la meilleure marche arrière revenant à Citroën qui a ressorti son logo original vieux de 100 ans

Pour se réinventer un futur certains constructeurs n’hésitent pas à se plonger dans leurs placards à archives. C’est VW qui ressort la coccinelle ou son combi, Fiat son pot à yaourt (certes bodybuildé), BMW la MINI, et Renault la R5 ou encore la 4L. Sans oublier le retour de l’Alpine Renault, de la Ford Mustang, de la Mercedes SL (portes papillons), de la Ford GT 40, de la Fiat 124 spider ou encore du Land Rover Defender. La liste n’est sans doute pas complète. La palme de la meilleure marche arrière revenant à Citroën qui a ressorti son logo original vieux de 100 ans.

Comme quoi il est toujours possible de changer de direction et prendre une meilleure route…


Que faut-il voir dans le succès d’Avignon Motor Passion ?

Si aujourd’hui l’industrie automobile se cherche un avenir, le secteur de l’automobile ancienne lui se porte bien. Même très bien. La 23ème bourse expo auto & moto qui se tiendra à Cavaillon les 7 et 8 décembre prochain pourra en témoigner.

Le phénomène est national, voire international. Toutes les manifestations liées à l’automobile ancienne, qu’il s’agisse de rassemblements informels de passionnés, de compétitions, de ventes aux enchères ou de salons, toutes connaissent un succès grandissant. Le Motorshow d’Avignon a reçu en mars dernier plus de 30 000 visiteurs. A Lyon, pour sa 45ème édition Epoq’auto a franchi la barre des 100 000 visiteurs (en progression de 15 % par rapport à 2023). Même tendance du côté de Cavaillon où la bourse expo auto & moto, organisée par l’association Écurie les Trapadelles, les 7 et 8 décembre prochain, s’attend à voir progresser son nombre de visiteurs. En 2023, pour sa 22ème édition, la manifestation avait enregistré 3 000 visiteurs en 2 jours. Une belle performance pour un salon de taille plus modeste qui accueille quand même une centaine d’exposants.

« C’est culturel et l’automobile appartient à notre patrimoine »

En France, on dénombre pas moins de 230 000 collectionneurs et environ 800 000 véhicules anciens et tournants. Le secteur de l’automobile ancienne, c’est 4 milliards d’euros de CA et 20 000 emplois directs (source Fédération Internationale des Véhicules Anciens). Malgré les difficultés économiques et les injonctions climatiques du moment l’engouement pour les autos ou les motos anciennes ne faiblit pas, bien au contraire. Pour Ulrich Impagliazzo Maldes, le président de l’association Écurie les Trapadelles organisatrice de la bourse expo de Cavaillon cet attrait pour l’automobile ancienne s’explique par ce besoin de transmission entre générations. « C’est culturel et l’automobile appartient à notre patrimoine » ajoute-t-il.

Un double hommage aux 100 ans de circuit de Miramas et de la marque MG

Cette année, la 23ème bourse de Cavaillon mettra à l’honneur le constructeur MG, à l’occasion des 100 ans de sa naissance. Plusieurs modèles emblématiques et issus du club MG France y seront présentés. Cette marque typiquement anglaise était à ses origines spécialisée dans la production de petits cabriolets à 2 places et à caractère sportif (roadster). Les organisateurs ont souhaité rendre hommage à ce constructeur aujourd’hui passé sous pavillon chinois et qui produit maintenant des SUV électriques… Le grand écart. On peut y voir là un moyen de ne pas oublier l’ADN de cette marque. Un devoir de mémoire en quelque sorte.

Mais ce n’est pas tout, la bourse expo va recréer à l’occasion des 100 ans du circuit de Miramas sa ligne de départ avec une quinzaine de voitures de course des années 30 et quelques motos de la même époque. Ce circuit situé sur la commune d’Istres a été un haut lieu du sport automobile de l’entre deux guerres.

La bourse expo de Cavaillon se tiendra les 7 et 8 décembre au MIN de Cavaillon, de 8h30 à 18h00, prix d’entrée 6€.


Que faut-il voir dans le succès d’Avignon Motor Passion ?

Le Trophée Jacques Potherat, qui rend hommage au journaliste automobile du même nom et aux voitures anciennes, est de retour pour sa quinzième édition du vendredi 26 au dimanche 28 avril au départ de Villeneuve-lez-Avignon. Cet évènement, qui permet de découvrir le patrimoine villeneuvois et gardois tout en roulant, subit cette année un changement de direction avec Jean-Pierre Palun et sa femme Nadine qui passent la main à Florent, le fils de cette dernière, et à Camille Bourges. 

C’est une date que tous les amateurs d’automobiles de la région cochent à l’avance. Le quinzième Trophée Jacques Potherat va se dérouler sur les routes du 26 au 28 avril avec un départ programmé sur la commune de Villeneuve-lez-Avignon. Ce rallye offre la particularité d’être réservé aux véhicules construits entre les deux guerres de 1920 à 1939 et traverse trois secteurs des départements gardois, vauclusiens et du Nord des Bouches-du-Rhône, ce qui permet aux participants de découvrir ou redécouvrir les richesses culturelles et patrimoniales du territoire. 

Le parcours qui aura une durée de trois jours commencera par une longue étape vauclusienne qui mènera les conducteurs jusqu’aux contreforts du Mont Ventoux avant une traversée des plus beaux villages du Luberon. La journée du samedi sera consacrée au département du Gard avec un circuit qui ira jusqu’aux limites de l’Ardèche avant un dimanche de clôture qui donnera lieu à un périple au cœur du « Triangle d’Or Provençal » avec des arrêts à Eyragues, au Domaine du Castelas et Boulbon en guise de bouquet final. 

Une 15 édition placée sous le signe de la transmission 

Cet évènement est également l’occasion pour les passionnés et le public amateur de véhicules de sport d’échanger et de se retrouver autour du patrimoine territorial de ces trois départements. Le 15ᵉ trophée Jacques Potherat rassemblera cette année encore de nombreuses marques et modèles d’automobiles célèbres comme Bugatti, MG, Amilcar, Morgan, BNC, Riley, Aston Martin ou Lagonda et les équipages de conducteurs viennent d’une grande partie de l’Europe avec de nombreux belges, suisses, allemands et français. 

La grande nouveauté de cette édition 2024 réside dans la transmission de direction avec Jean-Pierre et Nadine Palun, présidents historiques qui passent le flambeau à leur fils Florent et à Camille Bourges qui baignent dans le milieu automobile depuis de très nombreuses années. Le format reste néanmoins le même avec 400 km de route à travers les trois départements limitrophes sans notion de compétition ou de chronométrage. Les dates de la 16ᵉ édition sont déjà connues avec un rendez-vous les 2, 3 et 4 mai 2025. 

Infos pratiques : Trophée Jacques Potherat. Du vendredi 26 au dimanche 28 avril avec un départ de Villeneuve-lez-Avignon. 

DR

Que faut-il voir dans le succès d’Avignon Motor Passion ?

« C’est le bel âge », lance Camille Bourges, qui a eu l’idée du Salon Avignon Motor Passion avec une poignée de copains autour de l’an 2000. Et pour cet anniversaire, une centaine de clubs de collectionneurs de voitures de prestige, d’associations et 350 exposants sont attendus au Parc des Expositions de Châteaublanc, à Avignon, du vendredi 22 au dimanche 24 mars.

2 000 engins à moteur seront là, sur 1 800 m² du Hall H, pas seulement des voitures et camions (Berliet, Saviem, Volvo) mais aussi des motos (Honda, Suzuki, Yamaha, Norton, Harley-Davidson, India), des scooters, tracteurs, dragsters, des hors-bord, des véhicules utilitaires (camions de pompiers, ambulances) et des engins militaires, comme Dodge, un char Sherman et surtout des Jeep qui ont participé à la Libération d’Avignon il y a 80 ans, en 1944.

A l’honneur, d’abord, les 100 ans d’une légende, la ‘MG’, initialement dérivée de ‘Morris Garage’ en 1924 puis intégrée chez BMC (British Motor Corporation) en 1952. Devenue la voiture de sport anglaise la plus vendue avant d’être reprise par Jaguar, de disparaître dans les années 80 et de renaître de ses cendres en version électrique SUV mais… en Chine.

Une édition sous le signe des hommages

Autre hommage à la ‘Scuderia Lancia’, qui a signé les plus belles heures des championnats du monde de rallye pendant 30 ans. Avec la ‘B 20’ qui s’est illustrée aux 24h du Mans comme au Rallye de Monte-Carlo, la ‘Targa Florio’, l’élégante ‘Fulvia’, la ‘Stratos’, la ‘037’, la ‘Delta’… En tout, elles ont glané 11 titres de championnes du monde sur tous les terrains, en Corse avec ses 10 000 virages, comme en Suède, et en Grèce avec le Rallye de l’Acropole… Et surtout des as du volant inoubliables comme Munari, Andruet, Darniche, Biason, Toivonen, Sainz et Auriol. Sans oublier Bruno Saby qui sera bel et bien présent à Avignon.

Une exposition de photos sera consacrée aux femmes pilotes (Hall A), de Camille Gast en 1901 à la niçoise Michèle Mouton qui a remporté nombre de courses grâce aux 1ères ‘Audi Quattro’ dans les années 80.

Une des photos qui seront exposées à Motor Passion. ©Jean-François Bouzanquet

Cabriolets, coupés, berlines, limousines, voitures de rêve et de légende, Jaguar Type E, Maserati, Lotus,  Rolls-Royce, Traction avant, Mini, 4CV, BMW, Lamborghini, Ferrari, Buick, Citroën SM, Porsche, trôneront au Parc des Expositions. Ainsi que l’Alpine bleue A 110 de l’EDSR (Escadron départemental de la Sécurité Routière de la Gendarmerie de Vaucluse). « Un hommage sera rendu aussi à l’Autodrome d’Istres-Miramas (Bouches-du-Rhône), explique Florent Bourges, commissaire d’exposition. Créé en 1924 où une Simca ‘Ariane 4’ a parcouru 200 000 km à 100km/h en 5 mois, un record du monde d’endurance. Cette Ariane historique sera exposée dans le Hall A. Comme la ‘Djelmo’ qui a battu le record de vitesse de 257km/h sur ce même anneau des bords de l’Etang de Berre il y a 100 ans. » Avignon Motor Passion (22-24 mars), c’est aussi le paradis des pièces détachées, des voitures radiocommandées et des miniatures.

Les voitures de collection continuent de plaire

Il faut savoir qu’une enquête menée par la FIVA (Fédération Internationale des Véhicules Anciens) en 2022 livre quelques chiffres sur ce marché des voitures d’hier et avant-hier. 1 million de véhicules (2,5% du parc roulant français), 1 000 clubs, 24 000 emplois (mécanos, carrossiers) et 4 milliards € de chiffre d’affaires.

Qui sont les collectionneurs? A 97% des hommes, de 58 ans d’âge moyen, (dont 45% de retraités) qui dépensent plus de 3 000€ / an pour le maintien et l’entretien courant de leur 4L, de leur 2CV ou de leur Austin Haley. Quant aux véhicules anciens en question, ils sont à 71% des voitures et 16% des motos, qui sont en état de rouler et qui participent à une douzaine de sorties et salons par an.

Du 22 au 24 mars, au Parc des Expositions d’Avignon Sud, parkings gratuits pour Avignon Motor Passion et tarif d’entrée 13€.


Que faut-il voir dans le succès d’Avignon Motor Passion ?

Dans une précédente chronique nous nous réjouissions que face au déferlement du numérique, l’ancienne économie ne soit pas totalement devenue obsolète. Avec l’annonce de l’arrêt de son projet de voiture autonome, Apple donne aujourd’hui un peu d’eau à notre moulin. Oui, l’ancien monde a encore de beaux restes et il peut être aussi notre futur.

N’en déplaise aux supporters invétérés de la modernité et de leurs cohortes d’applications toujours plus immersives, il y a un moment où tout cela questionne. Jusqu’à où ça va aller ? Comme si le temps technologique courrait plus vite que notre propre horloge biologique. Tous ces outils, ces écrans qui devaient être censés nous faciliter la vie nous accaparent en définitive plus qu’ils nous libèrent. Ils nous volent notre temps. Voilà pour les grandes théories déjà maintes fois exprimées ici ou ailleurs. Mais n’empêche, et revenons à notre voiture autonome. Pourquoi les géants du numérique se sont-ils engouffrés dans ce type de projet ?

Le seul endroit où nous pouvons avoir un peu la paix c’est la voiture
En 2023, les français (pour ne prendre que cet exemple) parcouraient 50 km par jour et pour la plupart en voiture. Pendant ce temps, en moyenne 50 minutes, ils ne peuvent être derrière un écran et pour cause. Imaginer tout ce temps perdu où nous pourrions regarder une série sur Netflix, commenter l’actualité sur X, poster les dernières photos de son chat sur Facebook, acheter un tournevis sur Amazon ou télécharger les dernières mises à jour nécessaires au meilleur fonctionnement de toutes ces applications. C’est bête non ? Le seul endroit où nous pouvons avoir un peu la paix c’est la voiture et on voudrait s’y glisser sous couvert d’une sécurité accrue, d’un confort nouveau… Ca sent l’arnaque à plein nez.

En fait, c’est nous qui avons besoin d’être autonome et pas la voiture !
Qu’on se le dise.

Là où elle était autorisée, elle est désormais interdite
Mais patatras, la voiture autonome ne fonctionne pas si bien que cela, surtout quand elle est confrontée à la vraie réalité de la circulation automobile. Trop d’accidents, souvent assez graves. Et je vous fais grâce des problèmes éthiques du genre si la voiture ne peut s’arrêter à temps entre la vielle dame et l’enfant que choisi la machine et qui endosse la responsabilité ? Bref, là où elle était autorisée (plusieurs villes aux USA), elle est désormais interdite. En France, quelques start-up et industriels restent mobilisés, comme l’équipementier Valéo qui propose aujourd’hui aux constructeurs automobiles des aides à la conduite toujours plus élaborées. Mais par ailleurs la firme reconnaît qu’une majorité d’automobilistes déconnectent ces applications toujours plus intrusives. En fait, c’est nous qui avons besoin d’être autonome et pas la voiture ! Qu’on se le dise.

Pour ne pas oublier cet ancien monde où les autos et les motos sentaient encore bon l’huile et l’essence vous pourrez toujours vous rendre au Avignon Motor Passion qui se tiendra du 22 au 24 mars au parc des expositions.

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