4 avril 2025 |

Ecrit par le 4 avril 2025

Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Une nouvelle aventure artistique commence avec Sandrine Bergot

Elle était attendue et espérée. Elle est arrivée très discrètement cet automne pour prendre la direction du Théâtre des Doms, succédant ainsi à Alain Cofino Gomez appelé à d’autres fonctions en Belgique. Nous avons pu la croiser lors du Festival Off 2024 puis  apercevoir sa chevelure rousse bouclée en haut des marches nous inviter aux quelques sorties de résidence du mois de novembre et décembre 2024 programmées par son prédécesseur. 

A l’abordage de « ce beau vaisseau qu’est le théâtre des Doms »

Depuis ce mois de janvier 2025, elle signe complètement la programmation et part en douceur à l’abordage de « ce beau vaisseau qu’est le théâtre des Doms », comme elle le mentionne dans son édito de septembre. Créatrice, comédienne, co-directrice du Collectif Mensuel, productrice, diffuseuse, Sandrine Bergot, la plus belge des françaises – elle est en effet née en France mais vit en Belgique depuis 1991 – coche toutes les cases pour prétendre à la direction des Doms. Quand on apprend que de plus elle a toujours côtoyé le Théâtre des Doms soit en spectatrice soit en artiste, on comprend pourquoi elle n’a pas pu ignorer cet alignement de planètes qui l’a incitée à postuler à la direction du théâtre des Doms.

Bienvenue sur la planète des possibles

Sandrine Bergot nous souhaite maintenant la bienvenue sur « la planète des possibles » dans son édito de janvier où divergence et différence peuvent dialoguer dans des territoires imaginaires aux formes hybrides. Pour cette deuxième partie de saison qui va de janvier à juin , elle nous a fait part de ses projets, de ses envies et de son impatience à remplir sa mission principale : contribuer au rayonnement d’artistes, de créations et de projets artistiques issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles, par la promotion et la diffusion des œuvres et des artistes.

Innover dans la continuité

« Je prends un outil qui fonctionne déjà très bien donc mon programme c’est de continuer dans cette droite ligne, je ne suis pas là pour tout changer. Les incontournables demeurent : sorties de résidence tout au long de l’année, temps fort pendant le Festival, focus Jeune Public et focus Francophonie. Ma bonne connaissance du milieu culturel belge, ma proximité avec les artistes étant moi-même comédienne, mon goût du collectif vont forcément faire émerger d’autres manières de promouvoir la culture belge en Avignon. »

Améliorer le fil de la coopération

« Ma réflexion s’articule autour de l’axe ‘comment améliorer le fil de la collaboration et de la coopération avec des acteurs locaux et régionaux ?’.  Je commence dès janvier avec la Ligue de l’Enseignement 84 et le Tiers Lieu La Scierie pour les Spectacles en Recommandé et en février je continue avec le Festival de danse Les Hivernales en proposant une sortie de résidence de la chorégraphe Erika Zuenelli. Il y aura d’autres collaborations à venir quand j’aurai fait connaissance avec les acteurs culturels du territoire. »

« Spectacles en recommandé », une belle opportunité

« Tous les ans,  les membres du réseau de la Ligue de l’Enseignement se réunissent au niveau national, parlent des spectacles qu’ils ont aimés et ceux qui ont été appréciés par au moins trois personnes sont choisis dans une sélection appelée ‘Spectacles en recommandé’. La sélection se déplace ensuite tous les ans dans un département différent et cette année – comme un cadeau de bienvenue – c’est dans le Vaucluse. J’ai donc voulu saisir cette belle opportunité d’un premier partenariat avec des acteurs locaux et d’une programmation de spectacles Jeune Public. Il y a donc deux spectacles belges qui sont dans les ‘Recommandés’ et avec l’équipe des Doms nous avons rajouté deux spectacles. Il y aura donc du lundi 13 au vendredi 17 janvier 2025, quatre spectacles belges plus une conférence à la Scierie pour parler de la pratique singulière pour des artistes de travailler avec des enfants et adolescents en atelier. »

Les sorties de résidences

« Il y en aura huit entre janvier et mai, à peu près deux par mois. J’ai privilégié les spectacles les plus aboutis, des spectacles qui racontent des choses sur le monde dans lequel on vit. Il y aura du slam, du cirque, du théâtre d’objets, de la danse. Avec l’équipe, nous souhaitons garder le côté convivial de sorties de résidence, c’est-à-dire pouvoir parler avec les spectateurs et les acteurs tout en grignotant autour d’un verre. Pour cela nous avons lancé un appel à candidature à une association qui s’occuperait de l’intendance une à deux fois par mois. Pendant le festival, nous gardons la formule restaurant de l’année dernière qui a été très appréciée. »

Festival 2025

« La scène du jardin (ex : Garden Party) est conservée mais je souhaite lui réserver une programmation à part entière. Il y aura donc une double programmation de spectacles aboutis, une en salle, une en plein air. Il n’y aura pas forcement plus de spectacles car il y a une limite budgétaire et l’exigence de fluidité du public. Je veux plutôt proposer – entre autres aux programmateurs présents pendant le festival – des spectacles au jardin qui peuvent se jouer dans des lieux non dédiés : spectacles de rue, cirque , bref tout terrain ! Je pense que les programmateurs peuvent être séduits par l’idée de développer des propositions culturelles abouties qui vont vers les gens, sur une place de village ou dans des lieux incongrus. »

A venir

Du 13 au 17 janvier 2025 . Spectacles en Recommandé.
Jeudi 23 janvier. 19h. Sortie de résidence. Léon. Marionnettes. Entrée libre sur réservation. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99.


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Pour cette – déjà – 3e édition, il sera question d’une journée d’étude à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, d’un concert de Virginie Seghers, d’un spectacle de Yan Allegret  avec le Théâtre des Carmes, de lectures au Totem – Scène conventionnée Art, enfance, jeunesse –  et au Théâtre des Doms, d’un brunch littéraire à la Maison Bronzini et, enfin, d’un bal littéraire.

La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon : un monument ? Un lieu de théâtre ? Le Centre National des écritures du spectacles ?
Soit ! Mais Marianne Clevy, directrice de la structure depuis 2020 commence à réaliser avec enthousiasme que ce lieu devient réellement au fil des ans un Centre culturel de rencontres. Dans tous les cas, c’est sa mission et son vœu le plus cher : faire de la Chartreuse un lieu de rencontres avec expos, tourisme, patrimoine, théâtre et écriture. «J’ai enfin ma partition, je construis une vraie saison avec la régularité d’un centre culturel, avec des marqueurs que l’on peut retrouver chaque année : Fête de l’architecture, Rencontre au jardin, Festival du Polar, Journées de l’Edition théâtrale… Et l’année 2024 s’annonce déjà avec des perspectives de rencontres encore plus réjouissantes… Il se passera toujours quelque chose à la Chartreuse… mais patience.»

Les Journées de l’édition théâtrale pour annoncer l’hiver
«Un moment festival en plein cœur de l’hiver, créer un événement sur l’actualité littéraire du théâtre, moi ça me fait plaisir ! D’emblée Marianne Clévy donne le ton. Ces journées de l’édition théâtrale seront jubilatoires, diverses, faites de partenariat et de rencontres et surtout nécessaires.On connaît la rentrée littéraire. L’actualité théâtrale de l’édition n’avait pas d’événements, aucun focus alors que plus de 12 prix sont pourtant  décernés à la littérature du théâtre, une littérature qui se lit, s’écoute et se voit en spectacles. L’objectif de ces journées est de nous faire découvrir de jeunes auteurs de théâtre français et francophones.»

Les écritures théâtrales sont des écritures hyper-simples
«Jusqu’où peut-on aller sans faire basculer l’identité d’un lieu,  comment ouvrir ce lieu, comment proposer des choses auxquelles je crois qui ne sont pas ‘animatoires’, qui ne me semblent pas être des dévoiements de ma mission et qui participent à populariser la mission que l’on a qui est de dire : les écritures théâtrales sont des écritures hypersimples. Il est plus facile de lire des pièces de théâtre, quelquefois, que certains romans. L’ écriture théâtrale est beaucoup plus en phase avec les jeunes adultes que les romans. »

Des partenariats hors les murs pour cette 3e édition
Pour cette 3e édition, la Chartreuse choisit de s’étaler, de ne pas s’emmurer. «On a des murs qui racontent quelque chose mais qu’on travaille à être poreux . Le partenariat c’est œuvrer ensemble, avec des préoccupations et des enjeux communs. Trois théâtres emblématiques d’Avignon nous rejoignent :  Le Totem  pour une lecture jeune Public (Joet Léo de Julie Ménard), le théâtre des Doms qui reçoit l’auteur camerounais Kouam Tawa (lecture Le fruit d’un arbre) et le Théâtre des Carmes qui programme Jeanne de Yan Allegret avec Julie Moulier.

La Chartreuse fait son bal en toute impertinence
Quand Marianne Clevy nous parle de la journée du dimanche et tout particulièrement du bal-spectacle qui aura lieu l’après-midi dans la belle salle du Tinel, elle est intarissable et la passion l’emporte. Oui, elle a une grande joie de pouvoir proposer cet événement qui se veut ouvert à tous, libre et gratuit .«J’ai voulu marquer le dernier jour de la programmation mais aussi la fin de ce bel automne de rencontres diverses par une journée incroyable. Une envie de faire la fête et surtout de retrouver la Chartreuse dans son impertinence intelligente, ce lieu populaire qui était traversé par les habitants de Villeneuve. Il y a eu en effet dans les années 50, une fameuse boîte de nuit «Le Tronc», rue de l’Amelier,  sous la cave du pape. Nous avons retrouvé dans les archives une affiche d’origine qui en faisait la publicité : un club de jeunes pour les jeunes. Toute l’équipe a réfléchi pour transformer le Tinel en salle de bal, sans gradins et plateau inversé, bref la voir dans toute sa virtuosité. C’est mon invitation aux jeunes : tu t’ennuies ce dimanche ? Viens guincher à la Chartreuse ! »

Avoir chaud ensemble en dansant pour fêter les 50ans de la Chartreuse
«Comme on fête aussi les 50ans de la Chartreuse, on va commencer ce bal avec des musiques des années 70 avec Grupetto, un vrai orchestre dont les musiciens sont issus pour la plupart des équipes passées et présentes de la Chartreuse. Ils introduiront aussi quelques pointes de mémoire en empruntant aux lettres ou écrits de ces années-là. Les DJ Cédric et Benoit de Soundivine animeront la deuxième partie du bal en évoquant à leur manière les musiques que les auteurs qui étaient en résidence à la Chartreuse écoutaient pendant qu’ils écrivaient. Même s’ils ne sont pas forcément présents ce jour-là, ils nourriront ainsi nos «guinchades».
Dimanche 10 décembre. De 15h à 18h. Entrée libre sans réservation. Salle du Tinel. La chartreuse.

La Chartreuse se met à table : plaisirs gourmands et littéraires
Toujours avec l’idée de passer un week-end entier à la Chartreuse, il y aura la possibilité de partager la table d’hôte avec les équipes artistiques le samedi midi. Dans un autre registre la Maison Bronzoni nous propose un brunch littéraire le dimanche midi juste avant le fameux bal. «Ce buffet littéraire a été super agréable à imaginer, à préparer. Croiser plaisir gourmand et plaisir de gourmandises littéraires, penser que quelqu’un qui n’est pas du théâtre puisse venir pour goûter du littéraire de Duras à Alice au Pays des merveilles ! J’aimerais que ça devienne un incontournable de l’hiver, comme commence à l’être le pique-nique littéraire du mois de juin,»  projette Marianne Clévy.
Dimanche 10 décembre de 11h30 à 14h. 39e. Maison Bronzini. Moulin à Huile. Villeneuve-lès-Avignon.04 90 25 45 59 / contact@maisonbronzini.com

Virginie Seghers

Les autres rendez-vous

Fruit d’un arbre de Kouam Tawa
Lecture par Roberto Jean suivie d’une rencontre avec l’auteur. Un homme est enfermé, sans n’avoir plus aucun repère et nous parle. C’est le fils qu’un dictateur destinait à sa succession et qui s’y préparait. Qu’est ce que c’est que d’être le fruit d’un dictateur ? Comment on répare ou pas ?
Mercredi 6 décembre. 19h. Entrée libre sur réservation. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu

Échos d’atelier, concert de Virginie Seghers
Virginie Seghers, auteur-compositeur-interprète, nous invite à un voyage poétique et musical au cœur d’un atelier extraordinaire, qui n’est qu’une métaphore de la vie. Fille de Pierre Seghers, poète, éditeur et résistant de la première heure, qui fonda en 1939 sa célèbre maison d’édition à Villeneuve-lès-Avignon, elle revient, en chanson, sur les terres de ses racines. Ce spectacle fait écho à la soirée inaugurale de mardi, l’hommage à Pierre Seghers «Editer c’est résister».
Jeudi 7 décembre.20h. 10 et 15€. Tinel de la Chartreuse.04 90 15 24 24 / accueil@chartreuse.org     www.chartreuse.org

Jeanne
Sans raison explicable, une femme, un jour, ne rentre plus chez elle. Délaissant travail, amour, enfants, Jeanne se réfugie dans une chambre d’hôtel anonyme, puis dans la ville elle-même. Auteur, metteur en scène et directeur du Nouveau Gare au Théâtre de Vitry-sur-Seine, Yan Allegret est venu écrire à la Chartreuse une partie de ce texte qui vient d’être créé en Île-de-France, et enregistré sur France Culture. Julie Moulier, actrice bien connue des spectateurs de la Chartreuse en tient le rôle principal.
Samedi 9 décembre.20h. 10 et 15€. Tinel de la Chartreuse. Réservations auprès du Théâtre des Carmes : 04 90 82 20 47. theatre-des-carmes@orange.fr

Ainsi pleurent nos hommes de Dominique Celis
Lecture par Valérie Diome, suivie d’une rencontre avec l’auteur. Dans ce saisissant premier roman, Erika fait le récit d’un amour qui tente de résister à la fatalité tragique héritée du passé.
Samedi 9 décembre.15h. La Chartreuse.

Des Pintades et des Manguiers de Claire Tipy
Lecture et rencontre avec l’autrice
Samedi 9 décembre.18h. La Chartreuse. Sur réservation  04 90 15 24 24 / accueil@chartreuse.org /  www.chartreuse.org Les journées de l’Edition théâtrale du 5 au 10 décembre. Programme complet sur www.chartreuse.org


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

On est invité ou on s’invite dans une Garden Party. On attend quelque chose ou pas, on ne connaît pas forcément tout le monde, on peut s’y ennuyer ou au contraire faire des rencontres surprenantes. Dans le jardin suspendu des Doms, havre de paix s’il en est, les performances qui se succèdent ne vont pas plaire à tous, forcément, mais sont une invitation à découvrir des créations singulières.

Y’a bruler et cramer
Le plateau fourmille de ses rencontres hasardeuses entre France et Belgique en auto-stop. On l’accompagne pendant 30 minutes dans un coming-out déroutant de simplicité, d’humour mais aussi de force tranquille. Camille nous perd dans les méandres analogiques de la volcanologie et de son corps. Les blessures affleurent, les fissures s’acceptent, le feu intérieur couve. Fascinant !
Jusqu’au 27 juillet. Relâches les 5, 12 et 19 juillet. 17h30. 30 minutes. 7 et 10€.

Beat’ume de Z&T
Elles sont formidables ! Z&T ?  Zouz et T.A , deux slameuses au tempérament bien trempé. Juste ce qu’il faut d’impertinence pour adhérer à leur vision du monde qui nous entoure et d’autodérision pour sourire de leurs combats. Mention spéciale pour «Chers harceleurs merci » à l’origine indirecte de leur nom de scène Z&T et qui montre comment la langue peut-être aussi une arme.
Jusqu’au 27 juillet. Relâches les 5, 12 et 19 juillet. 19h30. 30 minutes. 7 et 10€.

Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Le Focus Pro Jeune Public, qui a débuté hier, le mercredi 5 avril, aura lieu jusqu’à demain, le vendredi 7 avril. Créé en 2022, cet événement réunit tous les professionnels internationaux du théâtre jeune public. Si le rendez-vous s’adresse globalement aux professionnels, certaines séances sont ouvertes au public.

Organisé pendant le festival Festo Pitchou, qui se tiendra jusqu’au 22 avril, le Focus Pro Jeune Public est un événement de prospection inscrit sur trois jours. Son objectif est de créer un rendez-vous international suscitant l’intérêt et la curiosité pour le regard que porte Avignon sur les arts de la scène jeune public.

Cette année, l’événement est en partenariat avec le Québec qui est venu avec une délégation et a présenté un spectacle. Les trois jours sont rythmés par onze spectacles de compagnies belges, suisses, françaises et québecoises, mais aussi de rencontres professionnelles autour du théâtre jeune public.

Deux séances ouvertes au public

Au milieu du programme se glissent deux représentations qui sont accessibles pas seulement aux professionnels, mais aussi au public. Ce soir, le jeudi 6 avril, à 19h, les enfants dès 7 ans pourront découvrir M. Phône et les sardines au Théâtre des Doms. Le spectacle, d’une durée d’une heure, a été élaboré par la compagnie belge La Bête Curieuse. C’est une histoire de liberté à apprivoiser, d’ordre, de désordre et de nos capacités d’adaptation.

Demain soir, le vendredi 7 avril, à 19h, les enfants dès 8 ans pourront profiter du concert théâtral Chanson pour le musée, proposé par la compagnie québecoise Mammifères au Théâtre des Doms. Cette représentation d’une heure s’articule autour des pouvoirs mystérieux et insoupçonnés de l’art.

Les réservations se font par téléphone au ou 04 90 14 07 99 par mail à l’adresse resa@lesdoms.eu

V.A.


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

C’est un petit festival avec la langue qui nous attend du 2 au 10 décembre dans plusieurs lieux d’Avignon à l’initiative du Théâtre des Doms.

Depuis 2015 , le Théâtre des Doms porte un petit festival avec la langue… française : les Francophoniriques, mot valise pour francophone/onirique. A sa création, le directeur des Doms Alain Cofino Gomez définissait ainsi la francophonie « ..un petit bout de nous, un peu partout dans le monde ». Et d’enchaîner aussitôt que ce festival n’est « pas seulement fait pour défendre la langue francophone, mais aussi et surtout, un festival de créations dans lequel on va inventer des langues ».

Sept ans après, le festival  continue de se réinventer, s’étend à des lieux amis et partenaires
La langue prend corps, la langue est chantée, slamée, dansée, revendiquée. L’idée de ce festival est aussi de poser la question de qu’est ce qui nous réunit ? Au delà de la langue française il y a aussi le plaisir de découvrir une francophonie artistique foisonnante et proteïforme et de rêver ensemble à un espace/territoire imaginaire.

Spectacles, lectures-performances, concerts, goûter, repas partagé, autant de moments conviviaux pour se partager ce bien commun qu’est la langue française
En ouverture, un concert griot au théâtre Artéphile avec le burkinabé Adama Cissoko et les Djakoros. Vendredi 2 décembre. 20h30. 10 et 12€. Théâtre Artephile.7, rue du Bourg Neuf. Avignon. 04 90 03 01 90. www.artephile.com

Du théâtre pour simplifier la langue française avec « la convivialité ou la faute de l’orthographe »

Un théâtre drôle qui va ébranler nos certitudes. Le spectacle sera suivi d’une rencontre avec le public. Samedi 3 décembre. 20h30. 7 et 10€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu

Saint Nicolas s’invitera peut-être, avec le goûter à l’issue de la représentation jeune public « Rapa ». L’histoire vraie d’un enfant qui apprend dans ses rêves une langue inconnue.Dimanche 4 décembre. 16h. Dès 7 ans. 7 et 10€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu

Avec Crolles, on découvre la langue sonore et musicale. Ce duo à capella joue autant avec les mots qu’avec les harmonies variées : slam, jazz, rap..Dimanche 4 décembre. 19h. 7 et 10€. AJMI Club. 4 Rue des Escaliers Sainte-Anne. 04 13 39 07 85.  www.jazzalajmi.com

Double plateaux et double langues avec Crache ! Pour découvrir la langue douloureuse car étouffée et interdite en l’occurrence le créole pour l’autrice et interprète Valérie Paüs. Mardi 6 décembre. 19h. Entrée libre. Théâtre Episcene. 5 rue Ninon Vallin. Avignon. Puis Vacances, vacance, spectacle particulier car il parle et danse le vide, le rien…la vacance. Mardi 6 décembre. 20h30. 7 et 10€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99.  lesdoms.eu

Le partenariat avec les Journées de l’édition théâtrale à la Chartreuse de Villeneuve-les-avignon continue avec «  Sous le noir de Tarmac », langue slamée, très urbaine, complexe. Ce texte de la  slameuse Marie Darah a été édité ce qui plutôt rare pour du slam. Vendredi 9 décembre. 18h30. Entrée libre. La Chartreuse. 17-5 allée des Mûriers. Villeneuve-les-avignon. 04 90 15 24 24. www.chartreuse.org

Le Centre de développement chorégraphique « Les Hivernales » accueille aussi ce festival de la langue avec le corps, avec un spectacle intimiste, très féministe «  Angles morts ». 3 femmes sur scènes , une danseuse hi hop/krump , une musicienne et Joëlle Sambi qui dit ses propres textes.Vendredi 9 décembre. 20h30. 7 et 10€. Les Hivernales.18 rue Guillaume Puy. Avignon. 04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu

Traces-discours aux Nations africaines viendra clôturer ce festival. Sur un texte de Felwine Sarr,économiste, penseur et poète sénégalais, le comédien Etienne Minoungoun s’adresse aux peuples d’Afrique mais nous parle beaucoup à nous occidentaux. La représentation sera suivie d’un repas proposé par le restaurant d’insertion «  Graines de piment »
Samedi 10 décembre. 19h. 7 et 10€. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Théâtre documentaire, théâtre fiction, « Paying for it » est avant tout un spectacle humaniste.

Pendant 2h, nous allons être hypnotisés par les 10 comédiens de la Compagnie La Brute qui donnent la parole aux travailleurs du sexe qui veulent être considérés avant tout comme des personnes. Ce collectif d’artistes belges a recueilli les témoignages de tous les acteurs de la prostitution : clients, police des mœurs, prostitués et en ont fait un spectacle passionnant : on s’étonne, on compatit, s’insurge, on rit aussi un peu.

Des questions sont posées et nos représentations changent
Au delà de «  payer pour baiser » c’est toute notre société moralisante et liberticide qui est interrogée. Et le sexe dans tout ça ? Service ou travail ? Les questions sont posées et les réponses feront leur chemin longtemps après avoir quitté le théâtre.

Jusqu’au 28 juillet. Relâche le 24. 21h30. 10 et 15€.Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Comment dit-on colonisation en arabe ?
A partir de cette simple interrogation Salim Djaferi va persévérer car la première réponse donnée ‘Koulounisation’ ne le satisfait pas. Il y a effectivement  l’impossibilité de prononcer certains sons et donc d’arabiser le mot mais la réponse n’est pas là. Un enquête est alors rondement menée auprès de membres de la famille, d’amis, d’universitaires, et si enfin d’autres réponses surgissent les sens diffèrent.

Où on comprend que si on ne nomme pas ou mal les choses on ne peut pas les penser
Et quand colonisation peut signifier : construire, posséder sans autorisation, remplacer, combler le vide, mettre en ordre, donner, détruire. etc… selon les différents vécus, l’enquête risque d’être longue ! Le langage alors devient une arme et le propos dépasse le seul thème de la colonisation.

Une modélisation de la pensée
Grâce à quelques bouts de ficelle, une bouteille et une éponge, tout devient évident : et si la guerre était en fait une révolution ? Et si un débarquement n’était pas une délivrance ? Et si on changeait de point de vue ? Et si les simplifications administratives n’étaient pas anodines? Et s’il suffisait de trouver le mot juste ?

La force de ce spectacle est tout d’abord la sincérité et l’intelligence de la recherche.
Théâtre documentaire oui mais théâtre ludique et plein d’humour aussi. Théâtre accessible également pour comprendre à la fois la «guerre » ( mot justement à manier avec précaution) d’Algérie car très bien documenté mais surtout très bien modélisé. Il y a aussi tout au long du spectacle la bienveillance et les talents de conteur de Salim Djaferi qui nous permettent de pénétrer dans les méandres de la pensée et du langage et ça, c’est très fort.

Koulounisation. Jusqu’au 28 juillet. 12h. Relâche les 12,19 et 24. 10 et 15 euros. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne.   04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu 


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Le noir se fait, on comprend peu à peu que l’on est dans une salle de classe et que la prof de français qui nous fait face n’est pas forcément la prof rêvée, ni celle de notre adolescence. Puis une autre se substitue, charmeuse, bienveillante. En quelques minutes, nous sommes transportés dans nos souvenirs d’ados, à l’heure des émois des premières rencontres littéraires ou charnelles : les poètes et auteurs qui nous ont fait chavirer, grandir, le prof qui nous les a fait découvrir.

Mourir d’aimer d’Antigone à Gabrielle Russié
Souvenez vous, Gabrielle Russié, cette jeune prof de français qui s’est suicidée après avoir été condamnée pour avoir aimé un de ses élèves. L’affaire fit grand bruit dans les années 1960. André Cayatte en tira un film «Mourir d’aimer» et Charles Aznavour une chanson. Antigone connut le même destin qu’elle choisit aussi face à la haine et aux contingences. Ces deux personnages seront le fil conducteur du spectacle pour pousser un cri d’amour universel.

Une pièce qui fait du bien en nous rappelant le Bien commun
C’est un choc de mise en scène, une performance d’actrice, une avalanche que dis-je un tsunami de mots, de cris, de vers et d’amour. Amour des mots, amour du métier, amour de vivre. On pourrait décliner à l’envi l’amour qui pousse cette merveilleuse actrice Edwige Baily à incarner Gabrielle Russié et Antigone mais aussi tous les passeurs de culture. La forme du spectacle qui tend quelquefois à l’étourdissement tant les mots et les émotions se bousculent est un concentré d’humanité. Nous sommes littéralement suspendus au rythme et au souffle de l’actrice, prêts à trébucher s’il le faut avec elle.

Oui la culture , les artistes, les passeurs, les rencontres  de notre enfance sont essentielles.

C’est un hommage bien sûr à la littérature, aux grands mythes fondateurs mais plus prosaïquement c’est un hommage aussi aux «premiers de cordée» que sont nos éducateurs.
Tout ça pour l’amour. Jusqu’au 28 juillet. Relâche les 12, 19 et 24 juillet. 14h15. 10 et 15€. Théâtre des Doms.1 bis, rue des Escaliers Saint-Anne à Avignon. 04 90 14 07 99.
www.lesdoms.eu


Nouvelle direction, nouvelle saison au Théâtre des Doms d’Avignon

Trois femmes, 3 Maria s’opposèrent à la dictature qui a sévi au Portugal dans les années 1970.

Pour s’emparer et raconter cette histoire, la metteuse en scène Coline Bouquet développe l’intrigue dans des allures de film d’action, les actrices passent de la fiction au réel de leur propre situation : Comment faire œuvre de théâtre collectivement à partir des textes que les trois poétesses nous ont légués ? Comment éclairer par le sensible la condition des femmes ?

Mariana, l’héroïne des “Lettres de la religieuse portugaise” entre aussi en jeu.

Elle surgit sur ce plateau pour faire entendre sa détresse. Femme, enfermée dans un couvent, abandonnée par un homme qui lui a donné tant de plaisir…

Vendredi 15 avril. 19h. Gratuit sur réservation obligatoire. Théâtre des Doms. 1 bis, Rue des Escaliers Saint-Anne. 04 90 14 07 99. www.lesdoms.eu resa@lesdoms.eu

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