3 avril 2025 |

Ecrit par le 3 avril 2025

Syndicat Rhône Ventoux : les ressources en eau face au changement climatique

En novembre dernier, le Syndicat des eaux Rhône Ventoux a organisé une conférence ‘Ensemble relevons les défis du manque d’eau’ à Mazan. L’occasion de partager autour de l’impact du changement climatique sur l’eau après un été sous le signe de la sécheresse.

L’après-midi s’est déroulée en quatre temps : l’intervention de l’hydrologue Emma Haziza, celle de l’hydro-géologue du Syndicat Rhône Ventoux Marjolaine Puddu, ainsi que celle de la directrice de Suez Laurence Perez, pour finir avec un moment d’échange avec la salle afin d’élaborer des pistes de réflexion.

70 personnes étaient présentes à cette conférence qui était à destination des élus et des agents des services de l’État. Plusieurs sujets ont été abordés tels que la dégradation du contexte climatique et hydrologique, le constat local, la perception des usagers sur le manque d’eau, ainsi que les potentielles solutions à mettre en place afin d’anticiper les années à venir.

Un retour à la normale impossible

À l’aide de différents graphiques, l’hydrologue Emma Haziza a tout d’abord démontré à quel point le contexte climatique et hydrologique s’était dégradé en l’espace de cinq ans seulement. Aujourd’hui, près de trois quarts des nappes phréatiques françaises sont plus basses que la normale et ne peuvent être rechargées avant chaque été car depuis 2016, les précipitations sont 10% inférieures à la normale sur l’ensemble du pays.

L’hydrologue a notamment alerté sur le fait que cette situation, qui aujourd’hui semble exceptionnelle, va devenir la norme d’ici peu de temps. Les météorologues constatent d’ailleurs que la France se réchauffe 50% plus vite que ce qui était prévu à l’origine. Pour la spécialiste, il faut donc engager ce qu’elle appelle la « résilience des territoires », c’est-à-dire envisager la ressource en eau différemment.

Une dépendance au Rhône

En Vaucluse, le constat est sans appel. Les arrêtés de sécheresse commencent beaucoup plus tôt (vers avril en 2022) et se terminent beaucoup plus tard. D’ailleurs, la préfecture vient seulement de lever les restrictions sécheresse.

Le territoire Rhône Ventoux est majoritairement alimenté par le Rhône, qui représente environ 76% de la production. Si cette ressource n’est pour le moment pas trop impactée, une baisse de débit est évidemment projetée, au vu de la vitesse alarmante à laquelle le climat se dégrade. Le Syndicat travaille donc sur la diversification des ressources dans le but d’être moins dépendant du Rhône, notamment sur le Miocène qui est une ressource assez stratégique et qu’il faut préserver pour l’eau potable. Cette source est peu exploitée car elle est moins productive que le Rhône, donc un forage test devrait être réalisé cette année sur la commune de Carpentras.

Un autre problème se pose au niveau de l’exploitation des autres sources : certaines sont dépendantes de la pluviométrie. C’est le cas par exemple de la source Saint-Barthélémy, à Pernes-les-Fontaines. Une interrogation se pose donc pour le Syndicat : comment anticiper ce problème ?

La perception des usagers

Une enquête menée par le Centre d’information sur l’eau (C.I.eau) a révélé que 90% des Français sont inquiets de revoir des épisodes de sècheresse comme celle de cet été mais que près d’un quart ne voit pas le lien entre celle-ci et le changement climatique.

Ainsi est venu le moment d’échange avec la salle afin d’établir des pistes de réflexion. Comment mieux informer les usagers ? Comment adapter nos habitations pour mieux récupérer l’eau de pluie ? Comment réutiliser les eaux usées ? Cette dernière interrogation fait l’objet d’un projet est en cours de maturation au sein du Syndicat. Globalement, la question qui est revenue plusieurs fois est : comment concrètement mettre en pratique des choses pour mieux anticiper à l’avenir ?


Syndicat Rhône Ventoux : les ressources en eau face au changement climatique

Le syndicat Rhône-Ventoux vient de renouveler avec le groupe Suez le contrat de DSP (Délégation de service public) de l’assainissement collectif de son territoire. Cet accord, portant sur une durée de 10 ans à partir du 1er janvier prochain, concerne 31 communes vauclusiennes regroupant 110 000 habitants.
« Ce nouveau contrat résulte d’une procédure de mise en concurrence qui a duré 2 ans, explique Jérôme Bouletin, président du syndicat Rhône-Ventoux. Des objectifs forts ont été fixés par le syndicat comme celui de renforcer la présence humaine sur le terrain et d’améliorer la compétence et la performance technique pour une meilleure réactivité et efficacité. Nous avions également l’ambition de développer des actions concrètes en matière de développement durable et de renforcer l’accès aux informations d’exploitation pour assurer le pilotage du contrat en toute transparence avec un contrôle permanent, au bénéfice des usagers. »
Dans le détail, cette DSP concerne la collecte, via 607 km de réseau, et la dépollution de 4 375 000m3 d’eaux usées pour le compte de 48 000 usagers. Pour cela, 32 stations d’épuration et 140 postes de relevage sont nécessaires.

Solidarité & Environnement
Ce contrat comprend notamment la création d’un fonds de solidarité de 25 000€ par an pour soutenir les familles en difficultés et la mise en place d’un numéro d’appel unique à compter du 1er janvier 2022.
Par ailleurs, une contribution à la transition écologique du territoire grâce à de nouvelles solutions environnementales telles que la réutilisation des eaux usées pour l’arrosage des terres agricoles, la mise en place de panneaux photovoltaïques sur les stations d’épuration de Monteux et de Carpentras, permettant une réduction de 25% des consommations d’électricité, et une valorisation de 100% des graisses et sables issus de la collecte et du traitement des eaux usées, sur le territoire d’ici 2024. Plus de 1 600 tonnes de sables seront ainsi revalorisées en matériaux de terrassement.
« Nous avons mis toute notre expérience et notre savoir-faire au service d’une ambition forte, à la hauteur de l’image de ce territoire et de notre histoire commune, se félicite Laurence Perez, directrice régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur de Suez. Cela se traduit par l’engagement des femmes et des hommes de Suez qui vivent sur ce territoire, participent à sa vie et sont fiers de contribuer à l’amélioration de leur cadre de vie. »

La station d’épuration des eaux usées de Carpentras. © Norman Kergoat

Syndicat Rhône Ventoux : les ressources en eau face au changement climatique

Les travaux ayant nécessité une coupure d’eau de 24h sur une grande partie de Carpentras se sont parfaitement déroulés tout au long de la journée. Ce chantier, réalisé pour le compte du Syndicat Rhône Ventoux qui assure la compétence eau potable dans 37 communes vauclusiennes regroupant plus de 180 000 habitants, a comporté plusieurs phases : casse de la butée et coupe du tuyaux, enlèvement de l’ancienne conduite, mise en place d’un géotextile, raccordement, remblaiement… De quoi permettre à cette intervention de se tenir dans les temps et favoriser un retour à une utilisation normale du réseau de distribution d’eau potable sur Carpentras dès demain.

En attentant, toute la journée, la municipalité avait mis en place 3 points de distribution d’urgence de bouteilles d’eau réservées en priorité aux foyers en difficulté sociale et dans la limite de 2 bouteilles par personne.


Syndicat Rhône Ventoux : les ressources en eau face au changement climatique

C’est demain qu’aura lieu une importante coupure d’eau sur le territoire de la commune de Carpentras. Cette coupure générale programmée sera effectuée à partir de 6 heures du matin, le mardi 27 avril 2021, pour une durée d’environ 24h. Elle intervient dans le cadre d’importants travaux nécessaires à la sécurisation de l’alimentation en eau potable de Carpentras réalisés pour le compte du Syndicat Rhône Ventoux qui assure la compétence eau potable dans 37 communes vauclusiennes regroupant plus de 180 000 habitants.
Outre la fiabilisation de l’alimentation en eau potable de Carpentras, cette intervention s’inscrivant dans le cadre d’un investissement de 1M€ vise également vise aussi à limiter le risque de casses imprévues ainsi que de lutter contre les fuites.

En quoi consistent ces travaux ?
Il s’agit de procéder au raccordement d’une conduite en diamètre 600mm datant de 1976, dont 700 mètres linéaires ont déjà été renouvelés sur la commune de Bédarrides. Ce chantier nécessite de détruire de grosses butées bétons, de la taille d’un petit bâtiment, qui servaient à caler l’ancienne conduite, sujette à d’énormes poussées lors des démarrages de pompes. C’est pour cela que la coupure du 27 avril fera l’objet d’une durée exceptionnelle.
« Cette canalisation, absolument majeure pour l’alimentation en eau potable de la Ville de Carpentras puisqu’elle alimente le réservoir de la Gardy, est actuellement située sur un terrain agressif, qui favorise sa corrosion, explique le Syndicat ainsi que la municipalité de Carpentras. Ces dernières années, de nombreuses casses ont été recensées sur ce secteur. »

Qu’elles sont les zones impactées ?
Ces travaux entraîneront des perturbations sur le réseau d’eau potable puisque la grande majorité de la ville de Carpentras ne sera plus alimentée en eau, à l’exception des quartiers situés au nord-est de la commune (voir carte ci-dessous). Cette répartition géographique s’explique par la configuration du réseau et les possibilités de sectionnement qui en découlent. Le Syndicat Rhône Ventoux et la ville de Carpentras ont notamment choisi d’assurer le maintien d’une alimentation continue du Pôle Santé pour permettre la continuité des soins.

Cette carte ci-dessous présente en rouge, les secteurs qui ne seront pas alimentés en eau potable. Les usagers habitant dans la zone bleue auront de l’eau au robinet mais devront en faire un usage modéré durant la journée du 27 avril.

Que faire avant et pendant la coupure ?
Compte tenu de la durée de cette coupure, les usagers sont invités à prendre leurs dispositions pour s’organiser en conséquence. Il est par exemple possible de constituer quelques réserves en remplissant quelques jours avant, des bouteilles et des seaux d’eau pour les usages quotidiens (boire, se laver les dents, faire sa toilette, aller au WC).
Par ailleurs, le jour de la coupure, les usagers non impactés par la coupure seront alimentés de manière exceptionnelle par d’autres ressources du Syndicat. Ils sont cependant inviter à faire un usage limité durant cette journée.

Et après les travaux ?
Lors de la remise en eau, la distribution peut-être temporairement perturbée avec la présence d’eau colorée ou d’eau trouble (présence d’air dans les conduites ou remise en suspension de fines particules de dépôt.Il est donc conseillé d’ouvrir légèrement votre robinet d’eau froide pendant quelques minutes, jusqu’à ce qu’elle redevienne limpide.

Voici quelques points de repère si besoin :

L’eau est rougeâtre ou de couleur rouille : Cette couleur de l’eau est due, dans la plupart des cas, à la présence de particules d’oxyde de fer. Cette perturbation peut provenir de sur-vitesse lors de la remise en eau d’une conduite après travaux. L’eau qui circule dans les canalisations en dissout imperceptiblement des particules, le plus souvent des alliages de fer. Il se forme alors un dépôt ferrique à l’intérieur des canalisations. Lorsqu’un très fort débit accélère le mouvement de l’eau, c’est ce dépôt, emporté et mis en suspension dans l’eau, qui donne une couleur rouge, rougeâtre ou rouille, à l’eau qui arrive à votre robinet.
Dans ce cas, nous vous invitons à laisser couler quelques instants l’eau jusqu’à un retour à la normale et de ne pas utiliser les premiers litres pour des usages alimentaires.

L’eau est blanche : c’est la présence d’air qui donne à l’eau cette coloration blanche. La remise en service d’une canalisation, après travaux sur le réseau est souvent à l’origine de la présence d’air dans le réseau. Une eau ‘blanche’ est consommable immédiatement et sans aucun risque : il suffit de la laisser reposer quelques instants dans un verre ou une carafe pour qu’elle retrouve une transparence normale.

L’eau coule lentement ou le débit d’eau au robinet est faible : de nouveau, la présence d’air et d’éventuels dépôts dans la conduite suite à la remise en eau peuvent être à l’origine de ses perturbations en constituant un ‘frein’ (perte de charge ou accumulation) à la bonne circulation de l’eau dans les conduites des réseaux de distribution. Il est recommandé de ne pas consommer l’eau pour l’alimentation et la boisson jusqu’à retour à une situation normale.

Si le problème persiste, contacter le service de l’eau pour une intervention.

https://echodumardi.com/tag/syndicat-rhone-ventoux/page/2/   1/1