3 avril 2025 |

Ecrit par le 3 avril 2025

Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Dans un entretien exclusif accordé à l’association ResoHebdoEco, qui regroupe 26 titres de presse économique régionaux dont l’Echo du mardi, Patrick Martin, le président du Medef se dit préoccupé par le fossé grandissant entre le débat politique et les réalités économiques dans notre pays. Un constat sans concession à l’heure où le gouvernement tente de donner un budget à la France mais surtout davantage de stabilité.

Vous avez, dites-vous, une double lecture de l’année qui vient de s’écouler. Qu’elle est telle ?
« Une première plutôt positive. L’objectif de croissance défini par le gouvernement (1%) est atteint et nous situe plutôt en tête du peloton européen. Dans le même temps, le marché de l’emploi a tenu si nous résonnons sur l’année. Mais nous avons aussi vu, au fil des mois, plusieurs indicateurs se dégrader. Nous avons un énorme ‘warning’ sur l’investissement des entreprises (-3,5%). Rien que pour tenir la cadence de neutralité carbone à l’horizon 2050, il devrait s’élever à 40 milliards d’euros de plus chaque année. Pour cela, l’investissement global devrait progresser de plus de 10% or ce n’est pas le cas. Et l’origine n’est pas le financement -les banques françaises ont augmenté leur crédit aux entreprises en valeur absolue- mais le manque de confiance dans l’avenir. La dissolution a été un coup de tonnerre pour tout le monde, les dirigeants en particulier. Nous aimons le risque, mais pas l’incertitude. Il est très clair que, compte-tenu de la confusion qui règne dans le paysage politique, beaucoup d’entre nous ont suspendu investissements et recrutement, ce qui pèse sur la croissance. Dès le mois d’août, j’ai alerté sur la situation en annonçant une récession au quatrième trimestre et une détérioration de l’emploi. Il faut urgemment que les politiques prennent conscience de la situation économique qui devient de plus en plus inquiétante ».  

« Nous aimons le risque, mais pas l’incertitude. »

Et génère la dégradation conjoncturelle actuelle ?
« Il y a une dégradation conjoncturelle générale qui s’est confirmée au fil des mois, particulièrement pour les filières construction, automobile, industrie, et leurs métiers périphériques. Sous l’effet direct de décisions politiques inappropriées, tant au niveau de la France que de l’Europe (excès de règlementation, suppression ou non des moteurs thermiques…), nous avons ‘sagouiné’ ces secteurs. Seuls 250 000 logements ont été mis en chantier comme… en 1953 où l’on comptait 25 millions d’habitants en moins. De façon moindre, le bloc énorme de la consommation courante a souffert. L’effet facial lié à l’inflation a masqué la baisse des volumes car les chiffres d’affaires progressaient. Et maintenant que nous n’avons plus le cache-misère de l’inflation, nous voyons que la consommation courante, y compris alimentaire, n’a pas redémarré. Par ailleurs, des secteurs comme le digital ou l’ingénierie qui enregistraient une bonne progression en 2024, affichent désormais un ralentissement assez marqué.

Le président du Medef en visite chez le C reuset. Crédit : Medef

« Compte-tenu de la confusion qui règne dans le paysage politique, beaucoup d’entre nous ont suspendu investissements et recrutement. »

Quant à l’augmentation des défaillances (plus de 67 000 en 2024 soit un niveau supérieur à 2009 et à 2010-2012) ce qui est plus préoccupant, c’est de voir apparaitre l’industrie (sous-traitance automobile notamment) et le bâtiment (25% des dossiers) parmi les filières concernées et surtout une taille d’entreprise plus importante (les effectifs touchés ont progressé de 25%).
Nous étions sur une bonne dynamique depuis cinq ans : la France était le pays le plus attractif d’Europe en matière d’investissements directs étrangers, d’implantations ou d’extensions d’usines et le pays a été en mesure de créer 2,5 millions d’emplois malgré la covid et le choc énergétique lié à la guerre en Ukraine. Les entreprises françaises étaient parvenues à réduire significativement le taux de chômage. Elles s’étaient également rapprochées de la moyenne européenne en matière de fiscalité. Clairement cette dynamique s’est interrompue. »

Mais là n’est pas votre seul motif d’inquiétude…
« Nous sommes effectivement très inquiets sur l’état des finances publiques et les 1 000 milliards d’accroissement de la dette sur les quatre dernières années dont 50 % s’expliquent par le déficit des retraites. La stabilité gouvernementale et sociale a un prix, mais il ne faut pas qu’il soit excessif or ce qui se dessine dans le cadre des projets de loi de finances est plus que préoccupant. Les entreprises vont supporter l’essentiel de l’effort. Soyons clairs : ce n’est pas l’effort en lui-même qui nous pose problème, mais sa charge (13 milliards d’euros de plus, via la surtaxe de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, le taux sur les bénéfices qui va monter à 35 %…). Nous sommes préoccupés par le fossé grandissant entre le débat politique et les réalités économiques.
Nous avons par ailleurs déjà augmenté la contribution des entreprises de 0,15 à 0,25% de la masse salariale cette année pour faire face aux engagements de l’AGS (NDRL régime des garanties de salaires, qui prend en charge la rémunération des salariés dans les entreprises en procédures collectives). C’est le régime le plus favorable d’Europe. Nous assumons nos responsabilités. »

Patrick Martin en bref
-Président du Medef depuis juillet 2023
-Préside, depuis 1994, aux destinées du groupe familial Martin-Belaysoud, créé en 1829 et spécialisé dans la distribution de produits et services pour l’industrie et le bâtiment (3 200 salariés, 1,2 Md€ de chiffre d’affaires. Bourg-en-Bresse. Ain).

Quid de la réouverture du dossier retraites ?
« Elle nous inquiète. Nous ne sommes pas indifférents au mauvais accueil réservé à la précédente réforme, mais cela n’enlève rien au fait qu’elle était déjà insuffisante pour équilibrer nos régimes de retraite. La remettre à plat, c’est recréer de la perturbation, s’exposer au risque ultime qu’elle soit vidée de sa substance et partir en terra incognita. Nos régimes sociaux sont à bout de souffle et ne se financent plus. Donc soit démocratiquement nous convenons que nous allons dégrader les prestations sociales, soit nous nous donnons les moyens de les maintenir dans la durée, ce qui impose de rééquilibrer financièrement ces régimes.

« Remettre à plat la réforme des retraites, c’est recréer de la perturbation, s’exposer au risque ultime qu’elle soit vidée de sa substance et partir en terra incognita. »

Nous sommes sous surveillance de l’Europe et des marchés financiers. La dette publique française est détenue à 54 % par des investisseurs étrangers qui peuvent partir du jour au lendemain. Les mépriser, c’est jouer avec le feu. La retraite, c’est un déterminant. Le risque d’un ‘collaps’ (effondrement) financier n’est pas nul. Nous allons probablement nous prêter au conclave, mais nous serons très alarmistes sur l’impératif d’équilibrer durablement ces régimes qui ont un impact sur le taux d’emploi et la croissance dans le pays. Il faut tout faire pour éviter un scénario à la grecque avec des baisses de 30% pour les retraites ou de 20% pour les salaires. Or les choix politiques courageux sont quasiment impossibles à prendre dans le contexte politique actuel. C’est notre grande inquiétude. »

Patrick Martin (2e en partant de la gauche) en visite dans l’entreprise Givaudan en novembre dernier. Crédit : Medef

Niveau international, il semblerait que nous rentrions aussi dans une grande période d’incertitude ?
« À travers le budget présenté en France, nous allons complètement à contresens de ce que font quasiment tous les autres pays alors que l’Europe est en train de décrocher par rapport aux États-Unis et même la Chine. Plutôt que de prendre des mesures d’économie structurelle de dépenses publiques, le gouvernement va altérer les performances des entreprises et l’attractivité de la France. Nous ne sommes pas dans un monde fini et stable, mais compétitif. Les entreprises étrangères emploient 2,5 millions de salariés dans l’Hexagone et, globalement, 20% des salariés français travaillent directement ou indirectement pour l’exportation. Cela aurait donc des effets très lourds si le commerce international se dégradait, notamment via l’établissement de barrières douanières. Mais ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis n’est que l’amplification de ce qui se passait déjà sous le mandat de Joe Biden et lors du premier mandat de Donald Trump. »

« Nous demeurons favorables aux traités commerciaux et au libre-échange, mais équitable. Se priver, par principe, des opportunités qu’ils présentent, c’est se priver de croissance et d’emploi. »

Avec un effet d’aspiration de l’économie américaine ?
« Fin 2023, il y avait 110 milliards d’euros d’épargne française investis simplement en bons du trésor américain. Aujourd’hui, ce sont 330 milliards d’euros. Et là, il s’agit de l’épargne des Français ! Les dirigeants aussi investissement prioritairement outre Atlantique car la rentabilité est meilleure, l’énergie deux à trois fois moins cher, la fiscalité plus attractive et le marché en pleine croissance. Mais nous n’allons pas nous regarder ‘crever’. Pour nous remuscler, nous voulons que ces données factuelles de compétition économique internationale soient prises en compte par nos décideurs publics. »

Comment ?
« Je suis raisonnablement optimiste s’agissant de l’Europe car, paradoxalement, l’élection de Donald Trump peut nous aider. Désormais, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre des décisions. Il faut aller dans le sens de la simplification, parce que l’Europe est une machine à produire des normes. Nous attendons beaucoup de la loi dite ‘omnibus’ qui vise à réduire les charges administratives et réglementaires pesant sur les entreprises européennes. Il y a une diplomatie économique très active de la part des patronats européens auprès de la Commission et du Parlement. Et cela donne des résultats car nous sommes totalement alignés sur la stratégie de compétitivité que se doit d’avoir l’UE. Nous rêvons que les mêmes causes produisent les mêmes effets en France. Il faut notamment tirer parti de l’épargne massive pour qu’elle serve avant tout à investir dans nos entreprises, encore faut-il que nous soyons compétitifs et rentables. »

« L’élection de Donald Trump peut paradoxalement nous aider. Désormais, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre des décisions. »

L’accord sur le Mercosur a pourtant tendu la perception que nous avions sur l’intérêt d’un libre-échange ‘déréglementé’ ?
« Nous demeurons favorables aux traités commerciaux et au libre-échange, mais équitable. Pour le Mercosur, il faut probablement revisiter un certain nombre de clauses miroirs pour vérifier qu’il n’y aura pas de concurrence déloyale et que nos standards environnementaux seront respectés. Mais se priver, par principe, des opportunités qu’il présente, c’est se priver de croissance et d’emploi. Si l’Amérique du Nord se ferme pour partie, si la Chine aussi et que nous nous interdisons d’aller commercer avec des zones dynamiques comme l’Amérique latine, où allons-nous trouver notre business ? La France a un déficit commercial chronique et il faut y remédier. Oui, il faut des accords de libre-échange équilibrés. C’est valable pour le Mercosur, comme pour le CETA avec le Canada qui est ultra favorable à l’économie française. Ces sujets sont devenus complètement passionnels et instrumentalisés politiquement. Au final, nous finissons par perdre de vue l’intérêt collectif. »

Patrick Martin

Qu’espérez-vous pour les entreprises françaises en 2025 ?
« Prioritairement : la simplification d’autant que c’est politiquement assez indolore. Il a été chiffré par l’OCDE que la sur-règlementation en France, c’est-à-dire des normes qui ne servent à rien à part créer des contraintes supplémentaires, coûte 2% du PIB soit 60 milliards d’euros ! L’énergie est aussi un autre sujet essentiel avec, au premier chef, le prix de l’électricité. Il y a des avancées, notamment dans les négociations avec EDF, et nous sommes relativement confiants. Mais un industriel ne décide pas de ses investissements du jour au lendemain. Il faut donc clarifier ce sujet, en veillant à aller dans le sens d’une meilleure compétitivité.
Enfin, il faut remettre à plat tout le financement de la protection sociale et renvoyer à la fiscalité une partie de ces charges sociales qui pèse trop sur les entreprises et sur les salariés. Il faut redonner de l’oxygène aux dirigeants pour investir et redonner des marges de manœuvre pour revaloriser les salaires nets. Il faut trouver une solution alors que la situation politique ne réunit pas les conditions de décision aussi structurelles qu’indispensables. »

Réalisé par Hélène Vermare (Groupe Ecomedia) et Laurent Garcia (Echo du Mardi)

Le Medef en chiffres
Descendant de la Confédération générale de la production française (CGPF) fondée en 1919, le Medef (Mouvement des entreprises de France) regroupe plus de 200 000 entreprises, soit 70% du patronat français.
« Le Medef est parfois perçu comme le représentant des seules grandes entreprises du CAC 40, mais il l’est bien de toutes. Pour preuve, l’effectif moyen de nos adhérents s’élève à 47 salariés », explique Patrick Martin qui constate actuellement une montée en puissance du militantisme patronal. « En cinq ans, une vingtaine de fédérations de branches ont rejoint le Medef et nous disposons de 119 Medef départementaux et régionaux y compris en Outre-Mer. Nous sommes ainsi en prise directe avec les entreprises de nos territoires et disposons d’une vision de la situation économique et sociale en temps réel. »

Roland Paul, nouveau président du Medef de Vaucluse (au centre) avec Patrick Martin (à droite) et Jean-Louis Maurizi, président du Medef Sud (à gauche) complète les propos de son président national en évoquant la situation dans le département. L’occasion également pour lui de dresser les grandes lignes de son action dans les mois à venir.

Alors que le Medef s’inquiète d’une dégradation de la compétitivité des entreprises françaises, qu’elle est la situation en Vaucluse ?
« La situation en Vaucluse se tend. En 2024, il y a eu 712 ouvertures de procédures collectives dont 365 concernent directement des liquidations judiciaires. Ces procédures concernent 1205 salariés. Les secteurs les plus touchés sont la construction, le commerce et la restauration. La situation politique nationale ne créé pas un contexte favorable pour nos entreprises qui gèlent les investissements et les éventuelles embauches. »

Vous êtes désormais à la tête du Medef 84 depuis quelques mois, quels sont les grands dossiers locaux que vous souhaitez impulser cette année ?
« Nous souhaitons mettre le Vaucluse au centre de nos actions, travailler sur ce qui peut favoriser le développement économique et faire s’installer des entreprises. Pour cela, nous devons plus que jamais connaitre les disponibilités foncières du département, les recenser et pouvoir aiguiller ces entreprises. Il est nécessaire de renforcer le dialogue avec les élus locaux, notamment dans un contexte de foncier rendu toujours plus rare, notamment du fait de la loi ZAN. Nous devons également travailler de concert avec le conseil départemental sur le volet insertion afin que les bénéficiaires du RSA retrouvent une activité. »

Au-delà de 2025, quel est le cap que voulez donner au patronat vauclusien pour ces prochaines années ?
« Le patronat vauclusien a souffert de divisions durant des années et la nouvelle génération d’entrepreneurs ne s’est pas toujours identifiée dans les organisations patronales. Il est aujourd’hui nécessaire de les convaincre de s’engager ; pour cela il faut des institutions fortes, des sujets innovants. C’est dans cette optique que nous allons créer le COMEX 40, destiné aux  dirigeants de moins de 45 ans. Il s’agit de constituer un laboratoire d’idées au service de toute la communauté des entrepreneurs, faire émerger une nouvelle génération de dirigeants engagés au service de l’action collective.
Enfin, il faut casser les barrières entre le secteur de public et celui du privé, les entreprises et les élus locaux doivent se parler et travailler ensemble afin d’avoir plus de poids. Il est nécessaire que les entreprises soient mieux associées aux décisions politiques. Le Medef Vaucluse est une organisation interprofessionnelle qui doit jouer ce rôle de médiateur auprès des pouvoirs publics. C’est en jouant collectif que le Vaucluse pourra peser plus dans notre région. »


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Sous l’impulsion du groupe Mando Hospitality, et en collaboration avec l’Agence A+Architecture, l’ancienne prison de Béziers a été transformée en un hôtel trois étoiles.

Réinventer le bâtiment sans oublier son passé

Après 18 mois de travaux et 5 ans de réflexion, l’Hôtel La Prison à Béziers a ouvert ses portes le 1er juin 2023. Surnommée par les Biterrois “Le Château”, cette ancienne geôle fonctionnelle de 1867 à 2009 – désaffectée après l’ouverture d’un autre site pénitentiaire, a été réhabilitée. Avant même de devenir un hôtel insolite, son caractère et son authenticité avaient séduit Roschdy Zem, qui avait choisi cet endroit comme décor pour le tournage de son film Omar m’a tué.

La directrice générale de l’hôtel La Prison Samantha De Castro ©Elodie Greffin

Concernant les travaux, l’hôtel a été confronté à des défis majeurs, notamment en raison de l’environnement contraignant. Les rues très étroites ont rendu impossible l’accès de gros camions. La directrice générale de l’hôtel La Prison Samantha De Castro se souvient : “La Ville a eu la gentillesse de nous prêter une grue pour livrer les matelas et les sommiers. Nous avons également bénéficié du dévouement total d’équipes qui se sont investies pleinement dans le projet, avec un maître d’œuvre passionné, Monsieur Gilles Gal, suivant le projet dans son intégralité.” L’investissement de 8 millions d’euros dans la rénovation de cet établissement a été soutenu par le Fonds Tourisme Occitanie et la BPI.

Une expérience inédite, un caractère unique

Avec une situation idéale à deux pas de la Cathédrale Saint-Nazaire et du jardin des Évêques, l’hôtel La Prison a su conserver l’atmosphère singulière de son passé carcéral, tout en ajoutant la touche d’humour nécessaire pour séjourner derrière ses murs l’esprit léger. Ainsi, dans les 50 chambres et en dehors, des toiles, des tableaux, des tapis, des canapés colorés et des meubles chinés dans toute la France créent une ambiance chaleureuse. Même principe dans les parties communes ! Des pièces d’artistes telles qu’un Alien dans la cour ou les six joueurs de babyfoot géants de Monsieur Pierre Baey ont été intégrées.

L’intérieur de l’Hôtel La Prison ©Elodie Greffin

La qualité se poursuit au restaurant dirigé par Félix Andrieu et chapeauté par le chef Mathieu Bessière, dont la collaboration portée sur les produits locaux et les circuits courts permet la naissance d’une cuisine à la fois simple et raffinée. Un plaisir dans l’assiette, mais aussi pour les yeux, car le Bistro bénéficie d’une vue panoramique à 180 degrés sur la vallée de l’Orb !

Ouvrir la ville au public

Lieu d’hébergement, l’Hôtel La Prison est aussi un moteur d’attractivité pour le patrimoine biterrois. En collaboration avec l’Office du Tourisme, la direction organise des visites guidées axées sur le processus de rénovation du bâtiment ainsi que son histoire. L’hiver dernier, l’hôtel a pris part au festival d’automne, accueillant des musiciens et projetant des tableaux dans l’atrium. Des vernissages fréquents ainsi que des expositions de tableaux ont également eu lieu. Enfin, le site s’inscrit dans l’aménagement d’une nouvelle promenade touristique reliant les écluses de Fonséranes et la Cathédrale de Béziers.

L’art, nouveau gardien des lieux ©Elodie Greffin

Le lieu promet également d’être un acteur dynamique en matière d’événementiel.
Prochainement, une exposition photographique mettant en vedette des artistes tels que Alfons Alt, Elisabeth Daynès et Revilla sera présentée dans le cadre du festival Hors Cadre (10-31 octobre 2024), le premier festival de photographie à Béziers. Une nouvelle collaboration avec le conservatoire de Béziers est prévue pour le festival d’automne, centré sur le thème de la musique gourmande. L’organisation de murder parties et d’escape games, des jeux de rôle en grandeur nature, est également proposée sur demande pour des groupes.

Premier bilan

Après un an d’ouverture, le bilan est extrêmement positif, atteignant l’objectif de la directrice qui était de donner vie à cet endroit. Ce but est maintenant pleinement réalisé, car toutes les pièces du bâtiment sont occupées toute la semaine, attirant des visiteurs locaux et nationaux qui viennent vivre une expérience rare. “L’un des défis que nous avons voulu relever, c’est de faire de cet endroit un lieu accessible à tous. Nous encourageons vivement les Biterrois à s’approprier l’espace, à s’installer et à continuer à le faire vivre“, conclut Samantha De Castro.

par Elodie Greffin / Hérault Juridique et Économique & Hérault Tribune, membre du Réso Hebdo Eco

Vue depuis l’hôtel ©Elodie Greffin

Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Il est des itinéraires moins connus qui séduisent randonneurs et pèlerins par leur côté plus confidentiel. C’est le cas, depuis Genève, des Via Gebennensis (GR 65), qui traverse les Pays de Savoie, et Lugdunum, qui transite par l’Ain, pour rejoindre le Puy-en Velay. 

446 000 ? C’est le nombre de pèlerins ayant reçu la Compostela (certificat délivré par le bureau des pèlerinages ) à leur arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice (au nord-ouest de l’Espagne), en 2023, selon l’association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques. Un nombre en pleine expansion : ils étaient seulement 2 900 en 1987, 55 000 en 2000, 100 000 six ans plus tard et 327 400 en 2018, dont 8 800 Français.  

Depuis quelques années, et en particulier depuis la crise sanitaire, l’itinérance a le vent en poupe. La fréquentation grandissante des chemins de Compostelle, que les randonneurs parcourent à pied pour 93 % d’entre eux, en est une parfaite illustration. On croise sur le sentier des hommes, des femmes et des enfants de tous âges et nationalités, seuls, en couple, en famille, entre amis… à la recherche d’une expérience authentique, d’un voyage intérieur, d’une parenthèse hors d’un quotidien envahissant, ou tout simplement de moments de communion avec la nature. 

Si la Via Podiensis, qui part du Puy-en-Velay (Haute-Loire), inscrite pour partie au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998, est la plus fréquentée des quatre grandes voies françaises* qui convergent vers l’Espagne, il est des itinéraires situés en amont moins connus, qui commencent à séduire les pratiquants en quête de parcours plus confidentiels, à la fréquentation plus modeste.  

Compostelle- le chemin passe par Cerdon dans Ain @HV

En Pays de Savoie, la continuité de la Via Jacobi 

Dans l’est de la France, la Via Gebennensis (GR 65) et la Via Lugdunum, qui, au départ de Genève rejoignent Le Puy-en-Velay, font partie intégrante de ces parcours plus secrets, balisés avec la fameuse coquille jacquaire jaune sur fond carré bleu. Ils traversent notamment la Haute-Savoie et la Savoie pour le premier, ou l’Ain pour le second. 

« La Via Gebennensis s’inscrit dans la continuité de la Via Jacobi qui arrive d’Allemagne et de Suisse », explique Hubert Courtial, fondateur de l’agence Espace Évasion qui propose ce circuit dans son offre de voyages à pied ou à vélo. Un circuit qu’il connaît bien, et pour cause : le chemin traverse le village de Beaumont (Haute-Savoie), siège de son entreprise !  

Sur sa partie en Pays de Savoie, décrit-il, « cet itinéraire est particulièrement varié. Après avoir quitté les bords du Léman, il longe le mont Salève vers le col du mont Sion, avec de belles échappées sur le lac et le Jura. Il traverse des paysages de collines rurales vers Frangy, de vallons agricoles sur les hauteurs de Seyssel, de vignobles vers Jongieux… Il s’attarde aussi en route sur les berges du Rhône et termine sa partie savoyarde par un profil un peu plus montagneux avec le mont Tournier (877 m). Puis il rejoint Saint-Genis-sur-Guiers, célèbre pour sa brioche aux pralines, avant de basculer en Isère puis dans la Loire et d’atteindre la capitale du Velay. »  

Ce bel itinéraire s’étire sur 115 km environ, pour 2 300 m de dénivelés positifs cumulés sur cette partie savoyarde, et rappelle à Hubert Courtial  les « chemins noirs » de Sylvain Tesson, par le côté méconnu des sentiers empruntés. 

Ain : un parcours restauré en 2014 

Au départ de Genève, un parcours a également été restauré, il y a dix ans, dans l’Ain, par l’association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques : « Cette première partie de la Via Lugdunum  s’inspire d’un ancien itinéraire jacquaire attesté dans le manuscrit compostellan du XIIe siècle, le Codex Callixtinus », explique la structure dans le guide pratique consacré à cette voie. 

Plus sauvage encore que la précédente, et non classée “chemin de grande randonnée”, elle traverse ce département sur 167 km, moyennant environ 2500 mètres de dénivelé positif cumulé (le principal étant concentré sur le début du parcours, entre Genève et Nantua).  L’occasion de découvrir, au passage, les paysages de moyenne montagne du Jura Sud, la cluse de Nantua et son lac, les vignobles et collines escarpées de Cerdon, la vallée de l’Ain, la côtière du Rhône, le village médiéval de Pérouges…  avant de rallier Lyon puis Le Puy-en-Velay via les monts du Lyonnais et du Forez.  

Ces deux itinéraires millénaires chargés d’histoire et de spiritualité permettent ainsi aux pèlerins comme aux randonneurs de sortir des sentiers (jacquaires) battus. Depuis le début de cette année, la via Gebennensis fait d’ailleurs partie des  trois chemins de grande randonnée de Saint-Jacques-de-Compostelle situés en Auvergne-Rhône-Alpes, en amont du Puy-en-Velay, valorisés dans le cadre du plan tourisme régional, avec Cluny-Le Puy (GR ® 765) et Lyon-Le Puy (GR ® 765).  

*  Au départ de Tours, Vézelay (en passant par Limoges), Le Puy-en-Velay et Arles (en passant par Toulouse). 

 En savoir + 

Association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques : 
www.amis-st-jacques.org 

Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme : 
www.auvergnerhonealpes-tourisme.com 

par Hélène Vermare, Groupe Ecomédia membre du Réso Hebdo Eco


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Attraction touristique majeure du Pays basque, le petit train de la Rhune fête cette année son centenaire avec l’objectif de mieux gérer son affluence, conséquence de son succès. La voie ferrée du petit train de la Rhune a été entièrement remplacée en 2023.

Ce petit train est emblématique voire mythique : tout le monde ou presque en a entendu parler ou l’a emprunté. C’est en 1924 que la Rhune se pare de celui que l’on a longtemps appelé, le « petit train ». Un train à crémaillère qui a résisté au temps, aux conflits, aux révolutions technologiques et continue d’offrir un voyage où le temps s’arrête lors d’une ascension qui laisse la place à la découverte du monde de la Rhune.

35 minutes d’ascension
Du col de Saint-Ignace à 169 mètres d’altitude, dans la commune de Sare, jusqu’au sommet du massif de la Rhune surplombant le Pays basque à 905 mètres d’altitude, la montée en petit train s’effectue en 35 minutes. La balade est paisible, on y croise des pottoks, ces fameux petits chevaux basques, mais aussi des manechs, les brebis à tête rousse ou noire également typiques du Pays basque, ainsi que des vautours planant dans le ciel. Depuis le sommet de la Rhune, dernière crête des Pyrénées avant le littoral atlantique, le panorama à 360° est époustouflant.

Tourisme séculaire
En juillet et en août, quinze départs sont programmés tous les jours contre onze en basse saison. Le tarif est de 22 euros pour un adulte et 15 pour un enfant. Une fois au sommet, on dispose d’une heure et vingt minutes pour se restaurer dans l’un des trois restaurants (appelés Venta en Espagne) commercialisant aussi des souvenirs. Depuis que l’impératrice Eugénie en entreprit l’ascension avec une partie de sa cour en 1859, l’excursion sur la Rhune est devenue une incontournable attraction touristique. En 1908 est née l’idée de construire un chemin de fer dont les travaux commencèrent en 1912 mais la première guerre mondiale retarda le chantier et le petit train de la Rhune fut finalement inauguré en 1924.

©Train de la Rhune

Train à crémaillère
L’originalité de cet ouvrage est d’être un train à crémaillère. Deux roues dentées propulsées par un moteur électrique s’encastrent dans un rail central. Elles assurent au petit train de la Rhune une vitesse maximale de 9 km/h et lui fournissent la puissance nécessaire pour gravir le massif de la Rhune dont la déclivité la plus importante sur la voie ferrée se situe entre 22 et 25 %. Le petit train de la Rhune est l’un des quatre derniers trains à crémaillère encore en service en France. Les rames comportent une motrice et deux voitures voyageurs. Située à l’arrière, la motrice pousse les wagons en montée et les retient en descente.

Patrimoine industriel
Si depuis 1924, le même matériel est utilisé, il est régulièrement entretenu, restauré ou reproduit à l’identique pour certaines pièces. Construites par les établissements Soulé de Bagnères-de-Bigorre, les voitures en bois utilisent du châtaigner de l’Ariège pour les lambris, du sapin des Pyrénées sur le toit, du pin des Landes sur le plancher et un bois exotique, l’Iroko, pour la plateforme. Employant une soixantaine de personnes dont une vingtaine de permanents, le petit train de la Rhune génère jusqu’à 6 millions d’euros de recettes.

Une nouvelle voie ferrée
En 2023, il aura fallu neuf mois pour remplacer les 4,2 km de voie ferrée du petit train de la Rhune. D’un budget de 26,6 millions d’euros financé à 80 % par le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, les travaux ont consisté à remplacer l’intégralité de la voie : rails, traverses, crémaillère, aiguillages et ballast. « C’est un chantier assez exceptionnel car c’est un chantier de montagne auquel on accède par la voie », précise Arnaud Libilbehety, directeur général de l’Etablissement public des stations d’altitude (EPSA) exploitant le petit train de la Rhune et les stations de ski de Gourette et La Pierre Saint-Martin.

En juillet et en août, 15 départs sont programmés tous les jours contre 11 en basse saison.

Une expo pour les 100 ans
L’exposition « 1924-2024 : le train de la Rhune, un siècle d’ascension » retrace tout l’été et ce jusqu’au 3 novembre, au col de Saint-Ignace, l’aventure de ce mythique train touristique. Des photographies, cartes postales, témoignages et autres objets issus des fonds d’archives départementaux, communaux mais aussi de particuliers s’entremêlent pour raconter ce siècle en plusieurs tableaux.

par Vincent BIARD, des Echos Judiciaires Girondins membre du Réso Hebdo Eco


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

A l’occasion du 61e congrès national des experts-comptables de justice qui débute à Lille ce jeudi 12 octobre, Olivier Péronnet, président de la Compagnie nationale des experts comptables de justice (CNECJ) depuis bientôt quatre ans, revient sur les enjeux de ces professionnels du chiffre et du droit qui assistent les magistrats en cas de contentieux.

Comment les professionnels peuvent-ils devenir expert-comptable de justice ?
Olivier Péronnet : « Pour être expert-comptable de justice, il faut donc être inscrit sur une liste de cour d’appel, éventuellement ensuite, demander à être agréé par la Cour de cassation. Il est nécessaire d’avoir les diplômes requis et de pouvoir faire valoir une expérience voire une notoriété au travers de publications par exemple. La Compagnie regroupe 400 experts-comptables de justice, ce qui en fait la plus importante compagnie des professionnels du chiffre. Nous sommes constitués de 14 sections – dont celle d’Amiens, Douai, Reims pour les Hauts-de-France – qui couvrent l’ensemble de la métropole et de l’Outre-Mer. »

Quelles sont les principales missions de la CNECJ ?
« Elle fait le lien avec l’institution judiciaire. Elle intervient par exemple dans l’instruction des dossiers d’inscription auprès des cours d’appel et organise des échange avec les magistrats. Elle publie les actes de ses congrès annuels, et des brochures techniques pour aider les experts mais aussi les parties et leurs conseils. Elle définit une déontologie pour mettre en œuvre l’obligation d’indépendance et d’objectivité car la mission de l’expert judiciaire ou de partie vise à donner une information ou un éclairage au juge.
Nous avons créé un institut de formation, CNECJ Formation, qui dispense, au bénéfice des experts-comptables de justice, de modules de formation qui permettent de se tenir aux meilleurs strandards professionnels possibles, de suivre l’actualité de la jurisprudence et de s’améliorer sur des techniques sur diverses thématiques de nos métiers. L’audience de CNEJC Formation a vocation à s’élargir aux collaborateurs qui ne sont pas encore experts-comptables de justice ainsi qu’aux avocats ou d’autres professions. »

«Nous apportons aux parties un processus qui garantit l’égalité des armes au juge»

Sur quels types de contentieux un expert-comptable de justice peut-il être mandaté ?
« C’est très divers. Cela peut être sur l’évaluation de préjudice suite à un sinistre industriel, à une rupture contractuelle, une pratique anticoncurrentielle… mais aussi sur des contentieux d’évaluation de conséquences de dommages, contractuels ou civils ou encore des évaluations de droits sociaux, ou encore des cas de mise en oeuvre de garanties de passif. »
« En clair, nous apportons aux parties un processus qui garantit l’égalité des armes au juge, un éclairage technique qui lui permet de prendre une décision. »

Du 12 au 14 octobre prochains, vous vous réunissez à Lille autour du thème «La CNECJ : des experts du chiffre et de l’économie au service de la justice du XXIème siècle». Selon vous, quels sont les prochains défis de votre profession ?
« Le besoin d’experts du chiffre s’est considérablement accru tant en contentieux que sur des modes alternatifs de règlement des différends : il y a un réel besoin de tiers de confiance. C’est exactement le titre de notre congrès : avoir une légitimité technique, une indépendance réelle et une capacité à procéder de façon rapide permette de répondre le mieux possible aux besoins de la justice du XXIe siècle. A Lille, nous allons également faire un point sur le travail technique et les perspectives. Le besoin d’élaboration d’une doctrine claire est illustré par l’initiative de la cour d’appel de Paris avec les fiches méthodologiques qui ont une très large diffusion désormais. »
« Nos propres brochures et notre institut de formation visent à animer et relayer celles-ci pour améliorer l’efficacité et la rapidité de la justice. Notre collaboration est active pour trouver des solutions ; on pense à la consultation qui peut permettre de donner plus vite un avis au juge, et de calibrer la mission pour intervenir dans un délai compatible avec les enjeux du procès. »

«Depuis quelques mois, on observe une accélération des cas de difficultés et de défaut.»

Le digital est-il une solution pour justement, éviter une justice trop longue ?
« Ce qui est certain, c’est que le digital est présent à tous les niveaux, entre les juridictions, les parties, les experts et les avocats. La plateforme Opalexe, sous l’égide du Ministère de la Justice, permet à tous de communiquer de façon sécurisée. »
« Cela nous fait gagner du temps, assure une communication non contradictoire et permet de procéder aux actes judiciaires. En tant qu’experts, nous devons être à la pointe dans l’utilisation de tous les outils de base de données financières. »

De façon plus générale, quelle est votre vision de la situation économique post-Covid ?
« Suite au Covid, on a pu observer le contentieux des professionnels du tourisme et de la restauration, avec les assureurs suite aux fermetures pour des raisons administratives. Le nombre de défauts des entreprises durant cette période s’est réduit, grâce aux aides. En revanche, depuis quelques mois, on observe une accélération des cas de difficultés et de défaut. »

Quelle réponse pouvez-vous apporter à ces difficultés ?
« Toutes les missions des contentieux dans le cadre de transactions continuent d’être présentes même si ca s’est ralentit avec l’inflation. Pour les entreprises en difficulté, le mot d’ordre c’est d’aller rapidement pour faire le bon diagnostic et trouver les solutions adéquates. »

Propos recueillis par Amandine Pinot, La Gazette Nord-Pas-de-Calais pour Réso hebdo éco


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

La rentrée approche, l’heure pour nos chers bambins de retourner sur les bancs de l’école. L’heure également pour les parents de concilier la gestion des enfants et le travail : accompagner son enfant le jour de la rentrée, gérer les maladies, aménager ses horaires… Des situations qui soulèvent chaque rentrée scolaire leur lot d’interrogations. Isabelle Vénuat, juriste aux Editions Tissot (éditeur spécialiste du droit social), répond aux trois questions les fréquentes.

Puis-je arriver en retard au travail pour accompagner mon enfant lors de la rentrée scolaire ?
Le Code du travail ne prévoit pas d’autorisation d’absence pour la rentrée scolaire. Il faut donc se référer à sa convention collective qui pourra prévoir, sous condition d’ancienneté du salarié, d’âge des enfants ou de niveau scolaire, un certain nombre d’heures afin d’accompagner ses enfants pour leur premier jour de classe.
A titre d’exemple, la convention collective de la coiffure prévoit une autorisation d’absence de 3 heures rémunérées le jour de la rentrée, pour accompagner ses enfants jusqu’à 13 ans. Celle de la Publicité, autorise les parents à prendre une demi-journée « à leur demande ». Dans le secteur de la propreté, la convention collective prévoit pour les parents dont l’enfant entre pour la première fois à l’école, le bénéfice d’une journée de congé rémunérée.
Si rien n’est prévu dans la convention collective, il faut vérifier s’il n’existe pas un usage d’entreprise ou un accord d’entreprise sur le sujet. Aucune disposition ? Dans ce cas, l’employeur est libre d’accorder ou non des heures d’absence pour cette rentrée scolaire.
Et si l’employeur refuse ? Sauf s’il est au forfait jours puisque la notion de retard y est inexistante, l’ultime solution pour le salarié sera alors de poser un jour de congé payé ou de RTT.

Quels sont mes droits quand mon enfant est malade, de combien de jours puis-je disposer par enfant et par an ?
En cas de maladie ou d’accident d’un enfant de moins de 16 ans, constaté par certificat médical, le salarié a le droit de bénéficier d’un congé non rémunéré, quelle que soit son ancienneté, à condition qu’il assume la charge de cet enfant. La durée de ce congé est de 3 jours par an au maximum avec possibilité de fractionnement. Il est porté à 5 jours si :
● l’enfant est âgé de moins de 1 an ;
● le salarié assume la charge d’au moins 3 enfants de moins de 16 ans.

Attention toutefois, cette durée de 3 jours (ou 5 jours selon le cas) est une durée globale pour tous les enfants du salarié et non pour chaque enfant ! La convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables, notamment le maintien de la rémunération ou des durées d’absences plus longues.
Dernière précision, ce congé pour enfant malade concerne les cas bénins de maladie ou d’accident nécessitant un court rétablissement. En cas d’accident, de maladie ou de handicap grave de l’enfant, le salarié pourra notamment bénéficier d’un congé de présence parentale et s’absenter pendant plusieurs mois.

Quels sont mes droits si je souhaite obtenir un temps de travail aménagé (4/5e par ex) pour m’occuper de mes enfants ?
Jusqu’aux 3 ans de l’enfant, le salarié ayant un an d’ancienneté dans l’entreprise peut demander à bénéficier d’un congé parental d’éducation à temps plein (le contrat de travail est alors suspendu) ou à temps partiel, avec un minimum de 16 heures de travail par semaine. L’ancienneté d’un an s’apprécie à la date de naissance de l’enfant ou à la date de l’arrivée au foyer de l’enfant adopté. Ceci est un droit que l’employeur ne peut refuser si le salarié en remplit les conditions.
Néanmoins, en cas de congé parental d’éducation à temps partiel, l’employeur a le pouvoir d’imposer la répartition des horaires au salarié afin de ne pas désorganiser le fonctionnement du service ou de l’entreprise.
Ainsi, par exemple, si l’employeur ne peut refuser un congé parental à temps partiel, il n’est pas tenu d’accepter l’absence le mercredi si d’autres personnes du service prennent déjà ce jour. Il pourra donc imposer un autre jour d’absence dans la semaine. Le refus du salarié de se plier aux nouveaux horaires choisis par l’employeur peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement.
A la fin du congé parental d’éducation à temps partiel, le salarié qui souhaite continuer sur le même rythme peut demander à ce que son contrat à temps plein soit transformé en contrat de travail à temps partiel. Mais dans ce cas, ce n’est plus un droit. Et l’employeur peut refuser la demande s’il estime qu’un temps partiel est néfaste à la bonne marche de l’entreprise.

Isabelle Vénuat, juriste aux Editions Tissot

Isabelle Vénuat, juriste aux Editions Tissot. © Gilles Piel

Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Itinéraire cyclable de 900 km qui relie Cuffy (Cher) à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique), la Loire à vélo permet de découvrir toutes les beautés du dernier fleuve sauvage d’Europe. Conseillé sur deux jours, la boucle de Nantes à Ancenis (72 km au total) réserve de belles surprises de part et d’autre des rives : des panoramas à couper le souffle, des guinguettes, des caves où déguster des crus locaux, des villages médiévaux, sans oublier des monuments incontournables.

Après avoir flâné sur la ligne verte du Voyage à Nantes et loué un vélo (chez Paulette Bike ou Détours de Loire) à proximité de la gare de la Cité des Ducs, direction Ancenis et la rive nord du fleuve. Les premiers coups de pédale vous feront passer devant plusieurs guinguettes : La Sablière à Sainte-Luce-sur-Loire, La Gabarre à Thouaré-sur-Loire, Mauves Balnéaire à Mauves-sur-Loire. Autant d’occasions de faire une pause en admirant le fleuve royal, ses bancs de sable sauvage et sa riche faune… Peut-être aurez-vous la chance de tomber sur un ragondin ou un pêcheur en plein combat avec un silure !

L’itinéraire entre Ancenis et Nantes offre des panoramas somptueux sur le fleuve, ses berges et les nombreuses vignes qui l’entourent © J.Jehanin

Arrivé à Mauves-sur-Loire, l’itinéraire bascule rive sud. L’occasion d’effectuer un nouvel arrêt dans le parc de la Pierre Percée à Divatte-sur-Loire. Avec ses nombreux jeux, il ravira les familles tandis que les amateurs de sensations fortes pourront se laisser tenter par l’école de wakeboard, un sport nautique qui consiste à se faire tracter sur une planche derrière un bateau à moteur.

Golf et dégustation de crus locaux

Ensuite, direction La Varenne et ses lacets. Sans doute la partie la plus physique du circuit en raison du dénivelé. Arrivés au sommet du village, les mollets auront chauffé mais la vue, à couper le souffle, en vaut la chandelle. En redescendant vers Champtoceaux et le pont d’Oudon, deux activités sont possibles : les amateurs de green pourront découvrir les 18 trous du Golf de l’Île d’Or, tandis que les œnophiles privilégieront une dégustation dans une des caves du coin. Et il y a du choix : Domaine du Pavillon, du Merceron, Vignoble Morinière… En effet, La Varenne est une des plus importantes communes viticoles du secteur avec de nombreux exploitants qui proposent différents crus : Muscadet, Gamay, Cabernet, Malvoisie…

Bateau touristique, la Luce propose des croisières au cœur du patrimoine naturel et culturel entre Champtoceaux, Oudon et Le Cellier © J.Jehanin

Arrivé au pont d’Oudon, un crochet par le “Cul du Moulin“ est vivement recommandé. Ce lieu-dit abrite des tables de pique-nique et une guinguette (Les Folies d’Orée), ainsi que le quai de départ de La Luce, un bateau touristique qui propose des croisières au cœur du patrimoine naturel et culturel entre Champtoceaux, Oudon et Le Cellier.

Du paddle pour « apprendre à marcher sur l’eau »

Il est désormais temps de se remettre en selle pour retrouver la rive nord de la Loire et découvrir le village médiéval d’Oudon. Là, un parcours de sculptures attend les curieux, ainsi qu’un camping proposant des cabanes sur pilotis, sans oublier la base de loisirs L.A Kayak. Mathieu Trébosc y propose des sorties en canoë-kayak et des initiations au paddle pour « apprendre à marcher sur l’eau ». Mais aussi des descentes crépusculaires ainsi que des sorties qui combinent vélo et kayak. Le marché dominical, de 9h à 13h sur la place du Hâvre, sera quant à lui l’occasion de faire le plein de produits locaux.

À Oudon, deux incontournables : la visite du château avec son donjon médiéval mais également les balades de Mathieu Trébsoc, à la tête de L.A Kayak © L.A Kayak

La visite du château d’Oudon, dont la construction a débuté en 1392, fait également partie des incontournables. Après la visite (possible en tenue d’époque pour petits et grands) de la scénographie du donjon médiéval et de la forteresse qui a conservé son architecture octogonale, les dernières marches de la tour permettent d’atteindre le toit et profiter d’une vue à 360°. Par temps très clair, on peut apercevoir la Tour Bretagne à Nantes, pourtant à une trentaine de kilomètres !

Château médiéval et centre d’art contemporain

En repartant en direction d’Ancenis, un nouvel arrêt est conseillé au plan d’eau du Chêne, puisque la baignade y est possible et surveillée tout l’été. À quelques mètres de là, vous trouverez la Gramophone, une guinguette parfaite pour se restaurer, écouter un concert ou profiter des jeux mis à disposition. L’arrivée à Ancenis n’est plus qu’à une bonne dizaine de kilomètres. Avant de rejoindre le centre-ville par la rive nord où une halte dans la cour du château médiéval s’impose, vous aurez l’occasion d’effectuer une pause culturelle avec la visite du MAT, centre d’art contemporain du Pays d’Ancenis. Situé dans la Chapelle des Ursulines, le centre accueille cet été une double exposition, “Circumnavigations“, de Clément Verger. Cette dernière traite de l’influence des voyages du Capitaine James Cook sur le paysage mondial.

L’exposition “Circumnavigations“ au MAT, centre d’art contemporain du Pays d’Ancenis © Clement Verger

Visiter les jardins poétiques des Folies Siffait

Après un repas à la Table du pêcheur (restaurant traditionnel de fruits de mer et poissons de Loire) ou aux Terrasses de Bel Air (un restaurant bistronomique chic et moderne mettant à l’honneur les produits nobles et locaux), deux options sont possibles : soit vous diriger vers la gare pour rentrer à Nantes en TER en une vingtaine de minutes, soit trouver un logement pour la nuit via l’office de tourisme. Si vous retenez la deuxième option, vous aurez alors la possibilité, lors du trajet retour, de faire étape dans la commune du Cellier. L’occasion d’apercevoir le château de Clermont, ancienne demeure d’un certain Louis de Funès, mais également de visiter les Folies Siffait, ces jardins poétiques du XIXe siècle constitués de terrasses, niches et autre bacons construits à flanc de falaise au-dessus de la Loire.

Au Cellier, les jardins poétiques des Folies Siffait se visitent uniquement sur réservation © Paul Pascal

En pratique

  • Location de vélo : Paulette Bike, 20 bd de Berlin à Nantes (02 28 49 52 28). Détours de Loire, péniche “Drôle de barge“, quai Malakoff à Nantes (02 55 10 11 74).
  • Le Divatte Wakepark est situé sur levée de la Divatte, à Divatte-sur-Loire (06 45 27 42 55).
  • Croisières à bord de La Luce, embarquement au “Cul du Moulin“ à Champtoceaux (02 40 83 60 00).
  • L.A. Kayak 44 (location canoë-kayak et paddle), rue de la Gare, 44521 Oudon (06 85 39 59 42 et sur Locationkayak-loire.com)
  • Le château d’Oudon est ouvert 7J/7 du 8 juillet au 31 août de 10h à 18h30 (02 40 83 80 04). Visite à partir de 4€ (enfant) et 6€ (adulte).
  • Le MAT, centre d’art contemporain, est situé quai Rohan à Ancenis. Ouvert du mercredi au dimanche de 15h à 18h (02 40 09 73 39).
  • Restaurants : La Table du Pêcheur, 11 bd Léon Séché à Ancenis (02 40 83 11 36). Les Terrasses de Bel Air, 6 Bel Air, à Vair-sur-Loire (02 40 83 02 87).
  • La visite gratuite d’1h30 des jardins des Folies Siffait au Cellier se fait exclusivement sur réservation en ligne sur Jardins-folies-siffait.fr.
  • L’office du tourisme est situé 103 rue des Douves à Ancenis (02 40 83 07 44).

Tout au long du parcours, de nombreuses plages de Loire sont accessibles aux touristes. Ici aux pieds des Folies Siffait © J.Jehanin

Par Nicolas LE PORT pour Réso hebdo éco.


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Si pendant longtemps, Châteauneuf-du-Pape s’est contentée de n’être ‘que’ la plus ancienne Appellation d’origine contrôlée (AOC) au monde, le village vauclusien aux 13 cépages joue aujourd’hui la carte de la culture et de l’art de vivre toute l’année.

Châteauneuf-du-Pape c’est avant tout la culture de la vigne. C’est désormais aussi celle de l’esprit. Résidence d’été de la papauté depuis l’an 1314, le village de 2 000 habitants a commencé par apprivoiser Avignon, sa bouillonnante voisine, dont la 77e édition du festival de théâtre vient de battre tous les records. Une soif de culture qui a fait de Châteauneuf la première commune a accueillir en 2015, avec un succès jamais démenti depuis, des spectacles délocalisés du festival Off. Un essaimage du spectacle vivant aujourd’hui largement copié par les villes alentours.
L’an dernier, la municipalité a aussi lancé ‘Les causeries de Châteauneuf-du-Pape’. Des rencontres philosophiques de haute volée, ouvertes au public, qui précédent l’été. Cette année Michel Onfray et François-Xavier Bellamy étaient venus évoquer le thème ‘Temps long et maturation’. Le tout animé par Franck Ferrand, historien, conférencier, auteur et homme de media que l’on retrouve notamment lors des étapes du Tour de France afin de relater l’Histoire des lieux emblématiques jalonnant le parcours de la grande boucle.

Le philosophe Michel Onfray et le spécialiste en histoire Franck Ferrand en dédicace lors de la dernière édition des ‘Causeries de Châteauneuf-du-Pape’. ©DR

Des bulles dans le Châteauneuf !
Si Châteauneuf-du-Pape se décline en évènements festifs et gourmands tout au long de l’année, le village fait maintenant la part belle au 9e art. En juin dernier, il a accueilli la 3e édition de son festival de BD initié par Raphaël Vannelle, le gérant de la Distillerie locale A. Blachère à qui l’on doit le dorénavant célèbre ‘Pac à l’eau’. Un sirop de citron naturel s’écoulant à plus de 800 000 bouteilles par an, qui vient de célébrer ses 60 ans avec une édition limitée d’étiquettes ‘collectors’ signées par le grapheur C215 et le peintre Claude Vialat.

A Châteauneuf-du-Pape, le 9e art est désormais comme un poisson dans l’eau… Ou plutôt comme un poisson dans le vin… Ou finalement comme un poisson dans le Pac à l’eau. ©DR

Ancrée dans ses traditions, Châteauneuf n’en oublie pas pour autant son passé. Ainsi, la commune a profité de la parenthèse du Covid pour moderniser le format de sa traditionnelle fête médiévale de la Véraison. Elle reste cependant toujours l’occasion de rappeler son histoire médiévale avec l’arrivée des papes au XIVe siècle. Près de 35 000 visiteurs ont participé début août aux festivités de cette 36e édition où vignerons et habitants du village revêtent leurs costumes d’époque entourés des troupes de comédiens et de passionnés du Moyen-âge.

Chaque été, Châteauneuf célèbre l’installation des papes, qui ont fait du village leur résidence d’été au début du XIVe siècle, lors d’une grande fête médiévale réunissant près de 35 000 visiteurs. ©DR

Une terre de vigne et de gastronomie
Mais Châteauneuf-du-Pape reste aussi avant tout une terre de vigne. L’appellation dispose d’une vinothèque à la hauteur de la réputation de sa production devenue officiellement la première AOC (Appellation d’origine contrôlée) mondiale en 1936 après avoir initiée cette démarche de certification dès 1923 ! Baptisée Vinadea, cette nouvelle vitrine entièrement réaménagée portée par les vignerons du syndicat de Châteauneuf-du-Pape est creusée dans la matrice géologique même de l’appellation castel papale, en plein cœur du village.
Lieu dédié au grand public comme aux professionnels, cette maison des vins propose toute une série d’ateliers participatifs de dégustation classique mais aussi des initiations géo-sensorielles permettant de déceler les subtilités des sols et leur impact sur le caractère unique des vins ou bien encore une découverte du vin au travers du sens du toucher. Outre les vins de l’ensemble des domaines des 3 200 hectares de l’appellation répartie sur Châteauneuf-du-Pape, Bédarrides, Courthézon, Orange et Sorgues on y retrouve également des formations, des événements, des expositions et avec une collection incomparable de taste-vins.

Située dans les entrailles du village, Vinadea, la vinothèque de Châteauneuf-du-Pape, propose notamment des dégustations alliant sens du toucher et grands crus locaux. ©Charlène Pélut

Une étoile parmi les vignes
Terre d’Art de vivre également, Châteauneuf, site remarquable du goût depuis 2006, dispose à nouveau d’une grande table à la hauteur de la renommée de ses vins. Véritable institution gastronomique depuis 1922, La Mère Germaine (une ancienne cuisinière au Palais de l’Elysée) a, sous l’impulsion d’Isabelle et Arnaud Strasser, repris des couleurs ses dernières années en décrochant une étoile au guide Michelin. Et depuis l’an dernier, c’est le talentueux Chef belge Christophe Hardiquest (2 étoiles Michelin pour son restaurant ‘bon bon’ à Bruxelles) qui s’est installé dans les cuisines de l’hôtel-restaurant offrant une vue imprenable sur les vignes depuis ses terrasses.

Laurent Garcia de l’Echo du mardi pour Réso hebdo éco

Pratique :
· Découvrir Châteauneuf-du-Pape et ses environs. Renseignements auprès de l’office de tourisme. 04 90 83 71 08. https://www.poptourisme.fr/chateauneuf-du-pape/chateauneuf-du-pape/
· Les causeries de Châteauneuf-du-Pape. Prochaine édition : vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 juin 2024
· Festival en Bulles. Prochaine édition : samedi 15 juin 2024.
· Vinadea, la vinothèque de Châteauneuf-du-Pape. 8, rue Maréchal Foch. 04 90 83 70 63. vinadea@chateauneuf.comwww.vinadea.com
· Hôtel-restaurant La Maire Germaine. 3, rue du Commandant Lemaître. 04 28 69 00 60. comptoir@lameregermaine.infowww.lameregermaine.com


Patrick Martin : le président du Medef ne veut plus que l’on joue avec l’économie

Cet été, nous contribuons à votre album photos de vacances, en vous proposant de découvrir, pour de vrai, les lieux les plus instagrammables de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Que vous soyez selfies ou paysages mémorables, le décor saura vous séduire. Tout d’horizon de la région « dans l’œil d’Insta ».

Le chêne de Venon, l’arbre star des Alpes françaises

Sous la neige, avec ou sans son beau feuillage, à contre-jour en ombre chinoise… Les possibilités de magnifier le chêne de Venon semblent infinies pour les amateurs de photographie. Il faut dire qu’il attire les regards, perché tout en haut d’une colline et parfaitement isolé. On le distingue clairement à des kilomètres à la ronde, en particulier depuis l’A41 dans la vallée du Grésivaudan. Peu surprenant dans ces conditions, qu’il soit considéré comme la 8e merveille du Dauphiné et qu’il entretienne la réputation d’être l’arbre le plus photographié des Alpes françaises.

La 8e merveille du Dauphiné à préserver

Pour s’en approcher, il faut se rendre au lieu-dit Pressembois (à pied depuis Gières en Isère, cela fait une jolie balade) et traverser un pâturage privé tout en pente. Le chemin est indiqué par une pancarte et même naturellement balisé au sol. Un panneau met en garde les visiteurs : l’arbre en péril est à protéger. Autrement dit, les feux de bois sont interdits, de même que le fait de couper ou endommager une branche, de graver sur le tronc ou encore de grimper. Ce chêne, qui serait âgé entre 300 et 400 ans, a su résister à plusieurs épreuves, notamment une tempête en 1992 qui lui a arraché une branche maîtresse ou encore à la foudre à deux reprises dans les années 2000. En février 2017, en lien avec l’Office national des forêts (ONF) et la commune de Venon, l’entreprise Puro Fairtrade Coffee et l’association Arbres ont dispersé sous ses branches, quelque cinq tonnes de matières végétales fraîches pour aider le chêne à développer ses racines. En avril 2017, il a été classé Arbre remarquable de France.

Il est possible de venir à pied depuis Gières jusqu’au chêne de Venon en partant de la rue des Arènes. Le parcours emprunte un chemin à travers bois qui coupe la route départementale en lacets. Il se poursuit dans le village en passant d’abord par la Faurie, puis le Champ-Duret. Le panorama sur la vallée du Grésivaudan et le massif de Chartreuse y est spectaculaire. Puis, on passe par Les Grandes-Vignes et devant les barrières du « château » de Venon. Enfin, sur la gauche, prendre le chemin de Pressembois et l’accès à l’arbre se fera sur la gauche avant la ferme de Pressembois. Il faut compter environ une heure et demie pour arriver jusqu’à l’arbre.

Le chêne de Venon est réputé pour être l’arbre le plus photographié des Alpes françaises © Caroline Thermoz-Liaudy
Une pancarte indique la direction du chêne de Venon © Thomas Richardson

L’escalier Mermet, quand le meilleur angle est celui d’en bas

Après les Alpes, cap sur Lyon. Au détour de la rue René Leynaud, dans les pentes de la Croix-Rousse, le passage Mermet s’est doté, en 2019, d’une fresque aux airs oniriques, réalisée par l’artiste Wenc et les habitants du quartier des pentes. Paré d’un dégradé bleu et blanc, l’escalier est rapidement devenu instagramable. Aujourd’hui encore, les touristes n’hésitent pas à venir découvrir l’œuvre, voire à grimper les 80 marches du passage. Caché, l’escalier est vêtu d’un manteau bleu. Cette fresque semble tout droit sortie d’un conte. Elle est aujourd’hui référencée comme un des lieux à voir lors d’une escapade lyonnaise.

« Un escalier qui était gris et glauque »

Si l’escalier est aujourd’hui une star des réseaux, il n’a pas toujours connu une telle attraction. « Au début c’était gris et un peu glauque, personne ne l’empruntait. Une fois qu’il a été peint, on a tout de suite vu que les gens se réappropriaient l’escalier. Puis ça a amené des touristes dans le quartier« , explique Caroline, ancienne présidente de l’association Quartier Capucins. Cette dernière, a fait appel à Superposition (l’association d’artistes a cessé ses activités en janvier 2022, Ndlr), et à Wenc en 2019. « Il est plus fade que sur les photos qu’on a pu voir mais même si on avait su, on serait venu, ça reste beau » souligne une famille venue de Niort, de passage à Lyon pour quelques jours. Un aspect moins éclatant déploré par les bénévoles, déçus que la Ville n’entretienne pas les contremarches. L’escalier demeure original et pour une fois, la récompense ne se trouve pas au sommet, mais bien en bas des marches.

L’escalier Mermet et ses 80 marches vertigineuses © Mathilda Ruiz-Yeste
 
La montée des carmélites, un autre escalier hautement « instagrammable » © Mathilda Ruiz-Yeste

En arpentant les pentes, d’autres marches se sont parées de couleurs. Les escaliers de la montée des Carmélites, avec ses contremarches fleuries et vives, se lient très bien avec la végétation qui l’encadre. Cette fresque orange, bleu et rose a été réalisée en septembre 2022 par l’artiste Bambi Bakbi, mais aussi par des habitants. Au bout de l’escalier, le plus ancien jardin de Lyon et son amphithéâtre des trois Gaules attendent les visiteurs avec la verdure, le calme et le repos comme récompense. En poursuivant, on peut se rendre rue Saint-Polycarpe, où se cache une micro-brasserie, la Beer Fabrique. « Ici, c’est comme un cours de cuisine mais on fait de la bière« , explique Lorris Martiningo, gérant et brasseur de l’établissement. Dans ces ateliers, les clients apprennent d’ailleurs des techniques de brassages qu’ils peuvent reproduire chez eux. Pour mieux aiguiser les papilles de ses visiteurs, la brasserie propose aussi des événements alliant cuisine et bière. Elle y a, par exemple, déjà décliné les thématiques de la gastronomie, du pâté en croûte ou des desserts.

Le château de la Bâtie d’Urfé digne des plus grands romans

Enfin, on peut terminer son escapade régionale par le Château de la Bâtie d’Urfé, à Saint-Etienne-le-Molard, dans la Loire. A l’origine, le domaine n’est qu’une grange monastique construite par des moines au XIe siècle. Après une reconversion en forteresse à partir du XIIIe siècle par les ancêtres de Claude d’Urfé, ce dernier fait appel à des artistes italiens pour transformer ce lieu dans le style de la Renaissance tel qu’il apparaît aujourd’hui. Fresque de coquillages, peintures murales, boiseries et tapisseries décorent l’intérieur et donnent au lieu un charme très particulier. En plus des décorations atypiques et soignées, le site se compose d’une grotte artificielle (la plus ancienne encore conservée en France), d’une chapelle et d’un sphynx. Cet ensemble offre aux photographes de multiples possibilités de réaliser des clichés remarquables.

Un joyau qui vient sublimer le lieu

En plus du bâtiment, le domaine de la Bâtie d’Urfé se distingue aussi par de magnifiques jardins qui bordent le château. D’inspiration française et italienne, ces jardins s’inscrivent directement dans l’air de la Renaissance. Aujourd’hui reconstitués tels qu’ils étaient à l’époque, les jardins sont entretenus et soignés au peigne fin. En été, la verdure du gazon et des buis contraste avec le blanc lumineux des murs du château. Au centre, une fontaine en marbre blanc équilibre et épure l’ensemble à la perfection. Là encore, la photographie se prête parfaitement au site, d’autant plus en été où la luminosité fait ressortir les couleurs.

Le site offre la possibilité de se rassasier au sein du restaurant installé sur le site même du château. Le restaurant L’Essentiel dispose d’une grande terrasse très adaptée pour la saison estivale avec vue sur les jardins et la bâtisse. A la carte : salades, planches et burgers cuisinés avec des produits locaux. Les clients ont aussi la possibilité de déguster un “menu forézien” à base de charcuterie et de cuisses de grenouilles. Le restaurant est ouvert du mercredi au dimanche midi et du vendredi soir et dimanche soir sur réservation. Les prix du repas varient entre 14 € et 25 €. Il existe également autour de la Bâtie d’Urfé de nombreux sentiers arpentant la plaine du Forez. Pour une petite sortie estivale, le “chemin d’Astrée” – en référence au roman d’Honoré d’Urfé – entre la bâtie d’Urfé et le pic de Montverdun, permet d’allier plaisir et découverte. Des panneaux expliquant le patrimoine forézien et le roman de l’Astrée sont disposés tout au long du chemin. Après avoir traversé le Lignon et arpenté des sentiers forestiers, la balade se termine au pic de Montverdun, offrant une vue à 360° sur la plaine du Forez et ses monts ainsi que sur les monts du Lyonnais. Pour relier les deux sites, il faut compter 45 min à pied.

Le site au charme si particulier © Arthur Chevalier
© Arthur Chevalier

Dossier réalisé par Thomas Richardson (Essor Loire), Mathilda Ruiz-Yeste (Tout Lyon), Arthur Chevalier (Essor Loire) pour Réso hebdo éco.

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