3 avril 2025 |

Ecrit par le 3 avril 2025

Poutine se rapproche du record de longévité au pouvoir détenu par Staline

Vladimir Poutine fête aujourd’hui les 25 ans de son arrivée au pouvoir : il est élu président de la fédération de Russie le 26 mars 2000, après avoir occupé le poste de président par intérim après la démission de son prédécesseur Boris Eltsine, lors d’une élection considérée comme la dernière élection présidentielle véritablement compétitive en Russie à ce jour. En poste depuis un quart de siècle – comme président et premier ministre – Poutine a passé au total 9 355 jours à la tête du pays au moment où nous écrivons ces lignes. Réélu l’année dernière pour un mandat de six ans (soit environ 2 190 jours), il devrait battre le record de longévité au pouvoir en Russie depuis le début du vingtième siècle, détenu par Joseph Staline (10 636 jours).

À la fin de la présidence de Dmitri Medvedev, en 2012, la loi russe avait été modifiée pour prolonger le mandat présidentiel de quatre à six ans. Une décennie plus tard, en 2021, Poutine avait signé une autre loi fixant la limite à deux mandats présidentiels (consécutifs ou non), mais sans que soient pris en compte les mandats précédents ou en cours, notamment les siens.

Liberté, corruption, démocratie : le mauvais bilan russe
Sans surprise (voir graphique ci-dessus), la Russie est mal classée en matière de transparence, de corruption ou encore de démocratie dans de nombreux indices internationaux. Les chercheurs de The Economist l’ont par exemple placée au 150e rang sur 167 dans le cadre de son indice de démocratie l’année dernière, critiquant particulièrement l’absence de diversité politique du pays, ainsi que la fréquente manipulation de ses élections. La Russie a également obtenu un score inquiétant en matière de corruption dans le plus récent rapport annuel de l’ONG Transparency International : elle se classe 154e sur 180.

La répression et la censure journalistique du régime du Kremlin sont aussi mises en évidence par son classement en matière de liberté de la presse, puisque Reporters Sans Frontière plaçait la Russie au 183e rang sur 208 l’année dernière, un score peu surprenant, car la Russie emprisonne encore régulièrement des journalistes, par exemple sous prétexte d’« espionnage ». Le gouvernement limite également l’accès à Internet et au contenu critique en ligne.

De Valentine Fourreau pour Statista


Poutine se rapproche du record de longévité au pouvoir détenu par Staline

Pour le Kremlin, l’invasion de l’Ukraine n’est pas une guerre, mais une « opération militaire spéciale » dont le but est de « dénazifier » un pays qu’il accuse d’avoir orchestré un « génocide » de russophones, et de servir de tremplin à l’OTAN contre la Russie. C’est le message qui est relayé par les médias contrôlés par l’État et que la plupart des Russes entendent au quotidien, tandis que les voix critiques sont contraintes au silence ou à l’exil. Et c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la popularité de Vladimir Poutine est en hausse à des niveaux jamais vus depuis 2017. Selon une enquête réalisée par le Centre Levada, un institut de sondage indépendant basé à Moscou, 83 % de la population russe interrogée approuvait les actions menées par Vladimir Poutine en tant que président en mars dernier, tandis que seulement 15 % s’y opposaient.

Par rapport à janvier de cette année, où elle s’élevait à 69 %, la cote de popularité de Poutine a ainsi bondi de 14 points de pourcentage. Dans le même temps, la proportion de personnes qui désapprouvent sa gestion a presque diminué de moitié en deux mois seulement. Toutefois, certains analystes soulignent que ces sondages pourraient ne pas refléter fidèlement l’opinion réelle de la population. En raison du contrôle exercé par le gouvernement sur la possibilité d’exprimer des avis dissidents, de nombreuses personnes peuvent se sentir poussées à donner une opinion favorable du chef de l’État.

Comme le montre notre graphique, le niveau de soutien à Vladimir Poutine au sein de la population russe est resté supérieur à 80 % pendant la majeure partie de la période allant de 2014 à 2018. En mars 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, l’approbation de Poutine est montée à 80 % et a atteint 82 % le mois suivant, au début de la guerre du Donbass. En octobre 2015, avec l’intervention militaire russe en Syrie, sa cote de popularité a même enregistré un pic à 88 %. À l’inverse, le niveau d’opposition à Poutine a atteint ses niveaux les plus élevés (plus de 30 %) pendant la Coupe du monde organisée en Russie en 2018 (suite à des réformes peu populaires), et durant les confinements de la crise du Covid-19 au début de l’année 2020.

De Tristan Gaudiaut pour Statista

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