4 avril 2025 |

Ecrit par le 4 avril 2025

(Vidéo) Pink Lady, histoire d’une pomme pas comme les autres

Dans l’univers très concurrentiel de la pomme, la Pink Lady tire son épingle du jeu tout de suite après la Golden et avant la Granny Smith. La pomme Australienne a conquis le monde. En France, elle est la 2e pomme la plus consommée après la Golden. La Pink lady est notamment cultivée à Noves et à Sisteron. Il s’en produirait 225 000 tonnes en Europe et environ 100 000 en France.

Alors que la production mondiale de la pomme augmente depuis 1990 pour atteindre les 85 millions de tonnes en 2020 -et contre 67MT en 2010- l’offre est devenue plus importante que la demande. Pour tirer son épingle du jeu ? La forme, la couleur et la saveur de la pomme sont tout l’enjeu de ce marché. La Pink Lady est notamment cultivée chez Benoît Chauvet, à Noves (13) et chez Benjamin Cucchietti à Sisteron dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Une filière qui se renouvelle
Plus des 2/3 des producteurs de Pink lady en France ont moins de 54 ans et 96% des producteurs qui partent à la retraite envisagent de céder leur verger à leurs enfants. Pink Lady Europe a développé un réseau de 10 parcelles expérimentales dans 3 pays pour adapter des modes de conduite de production face aux enjeux du changement climatique, la durabilité et la performance des vergers. Objectif : Garantir une production de Pink lady performante et durable pour les années futures.

Où vont les pommes ?
70 à 75% des pommes récoltées sont vendues sous la marque Pink Lady. Les pommes les moins colorées ou abîmées sont destinées à l’industrie de la fabrication de jus et compotes. Les pommes trop abîmées sont orientées vers l’alimentation animale. La gestion des déchets, en filières locales se fait en compostage et méthanisation.

Pink Lady Copyright MMH

Que disent les chiffres ?
La Pink Lady est la 2e pomme la plus consommée en France derrière la Golden. Près de 7,763 millions de foyers l’ont consommée entre juin et novembre 2023. Elle est présente dans 98% des magasins en France. Elle est produite sur 3 bassins de production : Sud-Est, Sud-Ouest et Val de Loire et 3 250 hectares via 630 producteurs, 60 stations de conditionnement et soutient 5 920 emplois dont 2 275 emplois directs.

En Europe
Trois pays la produisent : en France avec 630 producteurs, en Italie au Sud Tyrol, Emilie Romagne avec 2 470 producteurs et en Espagne à Lleida et Girona avec 80 producteurs. Sa prévision de production pour 2024-2025 est de 220 000 tonnes pour 10 000 emplois directs et indirects et 3 910 emplois directs. Les producteurs représentent 59% de l’emploi total.

La Pink Lady en question
Elle se développe 7 mois sur l’arbre et réclame 700 heures de travail par hectare, soit 20% de temps supplémentaire par rapport aux autres variétés. Elle réclame 3 à 5 passages en verger pour ne récolter que les fruits murs à point. Près de 20 à 30% de ralentissement sur les lignes de tri sont nécessaires pour sélectionner les pommes répondant au cahier des charges. Tous les producteurs sont certifiés dans une démarche de production raisonnable PFI (Production fruitière intégrée) ou Bio ou globale. Près de 96% des producteurs ont mis en place des initiatives pour favoriser la biodiversité avec, par exemple, la mise en place de haies et des nichoirs, 91% maintiennent l’enherbement naturel sur leurs parcelles.

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Le cahier des charges
Les critères de sélection de la Pink lady sont le taux de sucre et l’intensité aromatique, la fermeté pour une texture croquante, l’intensité de la couleur grâce à un ensoleillement maximal et un aspect de la pomme beau et harmonieux. La Pink Lady fleurit tôt et se récolte tard. Elle s’épanouit sur des terroirs où il n’y a pas de gelée lors de la floraison et pas d’humidité lors de la collecte.

La petite histoire
La Pink Lady est née en 1973 à l’initiative du chercheur australien John Cripps qui a pollinisé une Golden delicious avec une Lady Williams. Les premiers arbres sont plantés en Europe en 1994-95, dans le Sud-est de la France puis dans le Val de Loire et le Sud-Ouest. En 1997, pépiniéristes, arboriculteurs et distributeurs se regroupent au sein de l’association Pink Lady Europe rejoints en 1998-99 par des producteurs italiens et espagnols. En 2014 la pomme Pinkids, plus petite, est destinée aux enfants. En 2016, la Fondation Pink lady soutient les projets entrepreneuriaux portés par les femmes.

En savoir plus
D’après la statistique Agreste, Au 1er octobre 2024, la production française de pommes en 2024 est estimée à 1,57 millions de tonnes, en léger recul sur un an (- 1%), mais supérieure à la moyenne 2019-2023 (+ 6%). En septembre, début de campagne de commercialisation, les prix sont à la hausse par rapport à l’année précédente. La Provence-Alpes-Côte d’Azur représente 19% de la production nationale.


(Vidéo) Pink Lady, histoire d’une pomme pas comme les autres

C’est toute la spécificité de la Pink Lady qui est la première pomme à fleurir et la dernière à être cueillie. Pensez donc, 7 mois à cohabiter avec son arbre. Mais derrière cette belle charnue à la couleur chatoyante, quel business se cache ? On vous dit tout.

La Pink Lady est connue pour être ronde, rouge et sucrée à souhait. C’est une pomme à croquer, une pomme à déguster au couteau ou à faire des desserts. Au départ ? Elle est originaire d’Australie. Pour être proposée à la vente elle doit présenter une intensité de la couleur rouge, un taux de sucre et une fermeté parfaits. Elle est vendue selon deux calibres, le calibre courant grand public -70-75 mm et 75-80 mm- et le Pinkids -58/65mm –354 tonnes de PinKids ont été vendues en 2021-22 soit +1,5% par rapport à 2019-2020 – conçu pour la main et la bouche des enfants. La récolte se fait à partir de novembre et la pomme se conserve toute l’année.

Plus précisemment
Lors de la saison 2020-2021, 90 000 tonnes ont été collectées en France dont 47 000 tonnes dans les Sud-est, soit 43% de la récolte globale. Le Vaucluse est un des principaux départements de production avec 432 hectares et près de 80 exploitations qui produisent de la Pink Lady, aujourd’hui, c’est près d’1/3 de la région Sud-Est, soit environ 15 000 tonnes. Le prix de la Pink Lady au kilo est compris entre 3,29 et 3,49€.

Aujourd’hui ?
La marque est très sensibilisée aux bonnes pratiques de culture, notamment parce que dans le passé la variété Pink Lady doit lutter contre la tavelure (affection fongique)- et le puceron cendré du pommier.

Bourgeons de pommiers

Des pommes à croquer, en compote, en jus…
70 à 75% des pommes récoltées sont vendues. Les pommes Pink Lady qui n’entrent pas dans les critères très précis du cahier des charges de la marque -les moins colorées ou abîmées, soit environ 20 à 25% du tonnage, sont transformées en compotes, en jus, ou bien, c’est le cas pour 5%, dévolues à l’alimentation animale ou encore à la fabrication du compost, engrais vert, méthaniseur… Ses partenaires industriels sont Tropicana, pour le jus de pomme, sous la marque Jardins de l’Orbrie, Cœur de Pom et un hard cider de la marque Segora. Les producteurs eux-mêmes mènent également des projets de produits dérivés au niveau local.

Suppression du plastique
Pink Lady Europe a supprimé le plastique au profit d’emballages en carton et de barquettes et travaille sur des stickers et étiquettes compostables.  

L’Opération adopte un arbre

Adopte un arbre
Depuis 2018, 1 200 personnes, en France, ont adopté un pommier Pink Lady dans un des trois vergers se trouvant dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Val-de-Loire ; 6 000 ont même été adoptés en Europe. L’objet de ce lien ? Rapprocher les agriculteurs et la marque Pink Lady des consommateurs en proposant des parrainages propices à créer du lien au gré de photos des arbres, des informations sur le cycle de vie, les méthodes de production. Les parrains ont également été invités à venir cueillir les pommes sur leur arbre. L’occasion de se rencontrer, à l’automne, période de récolte de la Pink Lady. La 5e édition d’Adopte un arbre aura lieu en mars prochain. L’adoption est gratuite.

Préservation de l’environnement et des pollinisateurs
Pour participer à la sauvegarde des abeilles, décimées par les produits phytosanitaires – et notamment les néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques – Pink Lady s’est engagé dans le programme ‘Bee pink’ pour la préservation des insectes pollinisateurs et les bonnes pratiques arboricoles. Dans cet esprit Pink Lady propose aux consommateurs français de sponsoriser une ruche et d’être informés, tout au long de l’année, de la vie de la ruche. 1 247 consommateurs français ont parrainé, gratuitement, une ruche.

L’abeille pollinisateur du verger

Ligue pour la protection des oiseaux
La Ligue de protection des oiseaux est l’association la plus importante de France et membre de la BirdLife International -2,8 millions d’adhérents- qui collecte et analyse des données du monde entier afin d’œuvrer à la conservation des oiseaux et autres espèces. En étant partenaire de la LPO et de la BirdLife international, Pink Lady continue à valoriser la petite faune des vergers, les oiseaux, les chauves-souris, les hérissons, renards, mustélidés, véritables auxiliaires des cultures et contribue aux recherches menées par les scientifiques de l’association -dont des ornithologues- sur la biodiversité dans les vergers dans les pays européens.

PinkLab
Pink Lady soutient via Pinklab favorise les projets de recherche et développement en arboriculture durable souvent portés par de jeunes agriculteurs. Les projets soutenus ont pour sujet la protection des cultures, la gestion de l’eau, de la qualité des sols, l’intelligence artificielle et la longue conservation.

Des solutions météorologiques avec Weather force
Pink Lady Europe s’est associé en 2022 à Weather force pour des solutions météorologiques intelligentes. Mission ? Transformer les données brutes en indicateurs prédictifs pour accompagner la prise de décision via la digitalisation. Les deux marques Pink Lady et Weather force ont développé un indice de coloration, un indicateur de gel et d’hydrométrie pour mieux piloter les exploitations, prévenir les accidents climatiques et gérer les ressources.

5 ramassages de pommes sont nécessaires à la récolte ‘à point’ de la Pink Lady

Watershift
Pink Lady avec Vertigolab a développé un outil d’optimisation de la ressource en eau via un indicateur d’irrigation spécifique à la variété. Le concept ? En étudiant le stress hydrique des arbres et le taux d’humidité du sol de chaque rang et en se référant aux besoins de l’arbre et des fruits, l’agriculteur peut anticiper les ressources en eau. Les tests de l’expérience viennent juste d’arriver.

Verger du futur
Pink Lady Europe a lancé, au niveau européen, 10 vergers expérimentaux intégrant trois modes de conduites différents : ‘simple, double et multi-guyot et multileader’ (Architecture donnée par la taille des branches de l’arbre). Au regard des résultats, ces trois programmes, permettront de développer des modèles de productions : rendement, économie, qualité, impact social, intrants (produits appliqués aux cultures qui ne sont pas naturellement dans le sol)…

En chiffres
La Pink Lady est la 3e pomme la plus consommée en France derrière la Gala et la Golden. Elle est présente dans 98% des magasins français. Elle a réalisé une croissance de 21% ces 5 dernières années. Son taux de pénétration, sur le marché de la pomme, est de 30% en 2021 contre 23,5% il y a 5 ans. Son taux de notoriété en 2022 est de 87%. Sa production s’étend sur 2 700 hectares en France, dans le Sud-est, le Sud-ouest et dans le Val de Loire auprès de 632 producteurs et 60 stations de conditionnements proches des vergers. La filière soutient 5 920 emplois dont 2 275 emplois directs -1 000 emplois directs dans le Sud-Est, 800 dans le Sud-Ouest et 400 dans le Val de Loire. La production en Italie se fait dans le Sud Tyrol et Emilie Romagne auprès de 2 545 producteurs et en Espagne dans les régions Lleida et Girona auprès de 73 producteurs. La saison 2022-2023 devrait mettre sur le marché européen 200 000 tonnes de Pink Lady, soit + 13,5% par rapport à la saison 2021-2022. Toujours en Europe, la filière a créé 10 000 emplois directs et indirects dont 3 910 emplois directs et dont 59% sont des producteurs.

DR

En savoir plus
La pomme Pink Lady se développe sur l’arbre durant 7 mois. Sa culture représente 700 heures de travail par hectare soit +20% de temps de travail supplémentaire par rapport aux autres variétés. 3 à 5 passages sont nécessaires, en verger, pour récolter les fruits murs à point. Tous les producteurs sont certifiés en production responsable, PFI ou Bio+ Global Gap/Grasp et HVE en France 2022. 94% des agriculteurs maintiennent l’enherbement naturel des parcelles, 90% utilisent la confusion sexuelle pour éradiquer les ravageurs et 78% ont mis en place des initiatives propices à favoriser la biodiversité comme la plantation de haies, l’installation de nichoirs.

Pour la petite histoire
La première Pink lady a vu le jour en 1973, en Australie. Le 1er verger a été planté dans le Sud-Est en 1994 et 1995, La filière de production et sa structure ont vu le jour en 1997. En 2020, la filière Pink Lady représentait 3 000 producteurs, 10 pépiniéristes et 13 distributeurs agréés.

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