Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
Dans le cadre de la mise en œuvre duplan de sauvegarde des biens culturels (PSBC) et des œuvres (PSO) du Palais des Papes, la Ville d’Avignon, Avignon Tourisme, le SDIS 84 (Service Départemental d’Incendie et de Secours de Vaucluse), la Préfecture de Vaucluse et la Police nationale ont organisé un exercice d’envergure simulant une intervention de sauvegarde des œuvres au cœur du Palais des papes.
Cet exercice fait suite à l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris intervenu les 15 et 16 avril 2019 et tend à s’organiser efficacement dans la lutte contre l’incendie dans un édifice historique.
Dans le détail Il s’agissait de tester l’interaction COS (Commandant des opérations de secours) – représentant de l’établissement ; Tester et valider la méthodologie d’intervention sur une opération PSO (Plan de sauvegarde des œuvres) et de mettre en œuvre l’ETARE 360° (Plans établissements répertoriés) du Palais des Papes.
L’exercice diligenté par le commandant Pailloux a débuté ce mardi 27 février à 8h15 sur le parvis du Palais des Papes (en particulier côté montée Jean XXII) et a mobilisé 17 véhicules stationnés sur la place du palais jusqu’à midi, ainsi que 33 professionnels du SDIS 84.
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L’exercice a consisté à simuler une intervention de sauvegarde d’œuvres au sein du monument, en particulier dans les salles du Consistoire et de Jésus, au rez-de-chaussée du monument.
Le Palais des Papes a été, par conséquent, exceptionnellement fermé aux visiteurs jusqu’à 12h, et l’accès à la circulation des piétons sur le parvis devant le monument a été limité. MH
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Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
L’Autre festival a eu lieu le 1er week-end de février 2024 au Palais des papes, et dans 4 théâtres permanents d’Avignon. Mission ? Promouvoir les livres et les auteurs auprès de la jeunesse et des adultes. Retour sur une édition exceptionnelle qui a séduit plus de 9 000 visiteurs.
Depuis sa création en 2019, ce salon du livre s’est peu à peu installé dans le paysage grand-Avignonnais séduisant un public curieux de livresques découvertes au plus fort de la saison froide et voici que l’édition 2024 enflamme le cœur de l’hiver sans doute grâce au thème choisi : la criminologie.
Les thèmes Les thèmes, cette année, étaient la criminologie avec en invité d’honneur Alain Bauer, L’environnement avec Thomas Guénolé et la psychologie, sans oublier le livre jeunesse avec sa pléiade d’auteurs et spécialistes ainsi que les conférenciers.
Résultat ? 9 000 personnes se sont pressé au Palais des papes pour les conférences, en salles Benoit XII et de la Grande audience pour les dédicaces et l’exposition ‘Cruelles archives’ des Archives départementales. Le spectateur a également été fidèle aux quatre théâtres partenaires du Balcon, de la Luna, du Chêne noir et du Chien qui fume. L’événement, émaillé de lectures, de spectacles, de dictées, d’ateliers pour les petits comme pour les grands, a surtout permis la découverte et parfois la re-découverte d’auteurs et, surtout, du plaisir de lire.
Catherine Panattoni la fondatrice de l’Autre Festival
Les conférences «Les huit conférences ont accueilli en moyenne 190 spectateurs précise Romane Jarlan la nouvelle directrice de l’Autre festival, reprenant le fauteuil de Catherine Panattoni, fondatrice de l’Autre festival et veillant toujours au bon déroulement de ces belles et humaines rencontres. Celles qui ont affiché le plus important succès ? Alain Bauer avec le Crime et l’opinion publique, Ségolène Royal avec la crise démocratique et l’expérience de la bonne gouvernance, Les tueurs en série avec Gilbert Thiel. Les 250 places de la salle Benoit XII ont été prises d’assaut. Même chose du côté du théâtre de la Luna avec la conférence de Linda Segura et de Mathilde Monteaux de l’Ecole du Domaine du possible pour ‘Tu veux apprendre à bien écrire ? La conférence-spectacle a connu un tel succès qu’une deuxième séance a été organisée en urgence pour satisfaire à la demande », relate, volubile, Romane Jarlan.
Les dédicaces ont été très appréciées «Le Livre gourmand, la librairie partenaire chargée de proposer les ouvrages des auteurs présents a facturé 9000€ de livres achetés, soit 2 000 de plus que l’an passé. La manifestation compte une vingtaine de partenaires et mécènes qui interviennent en numéraire et également en don en nature –échanges marchandises-.»
Le budget de l’Autre Festival « En 2023 il était de 42 000€ en 2024 il sera d’environ 37 000€. L’Autre festival tourne avec une trentaine de bénévoles plutôt aguerris dans cet exercice qu’ils manient pour la plupart dès le début de l’aventure en 2019.»
Les dictées La petite dictée a été suivie par 150 élèves de cours moyens 1 et 2 en présentiel et 1 995 élèves du département (CM2 et classes de 6e) d’Apt, d’Avignon, de Bollène, de Carpentras, Cavaillon, l’Isle-sur-la-Sorgue, Orange et Pertuis. Cinq auteurs jeunesse locaux proposaient des ateliers après la dictée. L’oratrice était Fabienne Langlade, inspectrice de l’Education nationale, qui avait auparavant enregistré son intervention reprise dans les établissements scolaires. La grande dictée a été suivie par 125 inscrits, 91 participants, dont seulement 7 hommes. Elle a été concoctée par Philippe Dessouliers 3e dico d’or, qui était également à l’origine de la dictée enfant.»
Romane Jarlan la nouvelle directrice de l’Autre festival
Romane Jarlan, la directrice du festival nous compte l’aventure «J’ai connu l’Autre festival en 2019, en y exerçant en tant que stagiaire, » sourit Romane Jarlan, Villeneuvoise titulaire d’un mastère en communication et aujourd’hui free-lance. Mais pour cette 5e édition, c’est au poste de directrice qu’elle officie, fauteuil autrefois occupé par Catherine Panattoni fondatrice de l’Autre festival, qui vient tout juste de lui céder tout en continuant à veiller sur le salon du livre qu’elle a créé avec de fidèles amis.»
Jeunesse d’un côté, criminologie de l’autre, le grand écart ? «La culture jeunesse –de la maternelle jusqu’à la pré-adolescence-est un thème récurent et fait partie de l’ADN de l’Autre festival et la criminologie fascine. L’un dans l’autre il s’agit de deux publics différents et je crois que le thème de la criminologie a vraiment interpellé et est pour beaucoup dans le succès de cette 5e édition. Je ne voulais pas entrer en concurrence avec le Festival du Polar de Villeneuve qui est un événement très réussi qui appartient à la Ville. C’est ainsi que le thème de la criminologie s’est imposé de lui-même, non pas à partir d’ouvrages fictifs mais bien tirés d’expériences réelles de professionnels des métiers de la lutte contre le crime.»
Pourquoi la CCI et la Mairie ont un rôle très important à jouer «Nous avons toujours voulu installer, dans la pérennité, l’Autre festival et le succès de cette 5e édition très fréquentée nous demande à hausser le curseur ce qui ne pourra être possible qu’avec le concours des institutions les plus importantes d’Avignon comme la Ville, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Vaucluse et le Département de Vaucluse que nous remercions énormément pour leur implication et leur accompagnement,» conclut Romane Jarlan.
Gilbert Marcelli, président de la CCI de Vaucluse a dit toute l’importance d’accueillir le très attendu ‘l’Autre festival’, au cœur de l’hiver
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Les absents qu’on aurait adoré rencontrer Boris Cyrulnik, le parrain de la 5e édition de l’Autre festival a du annuler sa présence quelques jours avant que ne commence l’événement pour cause de Covid. On également déclaré forfait pour raison de santé : Florence Belkacem, Florent Gathérias et Mathias Malzieu.
La librairie partenaire La librairie partenaire était celle du Livre gourmand, spécialisée dans la jeunesse tandis que Nicolas Logistique assurait le transport des auteurs et du matériel nécessaire à l’Autre festival. Celui-ci compte 30 bénévoles actifs. Ange Paganucci était le maitre de cérémonie. Les photographes du festival étaient Céline Pilati, présidente et fondatrice du festival des anges de court métrage dont la première s’est déroulée à Châteauneuf-du-pape et Guillaume Samama.
Les archives départementales Pour l’occasion, également, les Archives départementales proposaient une exposition ‘Cruelles archives’ extirpant de leurs rayons, plusieurs affaires criminelles, exhumant de funestes faites divers comme la restauration, à la grande guerre, ainsi que des homicides par poison et fusil de chasse.
Les métiers psy de la criminelle Il était également possible de s’informer des chemins scolaires et universitaires Belges et Français menant à la psycho-criminologie afin d’appréhender les métiers de cette branche très à la pointe en Belgique et au Canada. C’est ainsi que le stand de Jeanne Villepoix et Derya Elin Kazkondu a connu un vif succès.
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
L’Echo du Mardi a assisté à la conférence donnée par Alain Bauer, auteur et conférencier prestigieux de l’Autre festival, le festival du livre sur le thème : ‘Crime et opinion publique, entre information et fascination’. Pour l’occasion la salle Cellier Benoît XII -d’une jauge de 250 places- était emplie. Voici quelques extraits de ce qui s’est dit.
Plus de 250 personnes attendaient pour assister à la conférence d’Alain Bauer, et plutôt dans la bonne humeur Copyright Mireille Hurlin
«Dans l’esprit des communs, nous avons le sentiment qu’il y a de plus en plus de criminalité en France, entamait l’animateur, Michaël Orial, psychanalyste. On ne sait si le monde devient fou, ou si nous sommes, au final, beaucoup plus informés et orientés vers ce type d’information. Vous qui êtes un spécialiste de la sécurité, quelles sont pour vous, les principales évolutions de la criminalité au cours de ces dernières décennies?
« J’ai tout d’abord une pensée particulière pour un de mes papes préférés, le cardinal Jacques Duez, dit Jean XXII, un grand manipulateur mystificateur, plus attiré par l’alchimie que la religion, a entamé le célèbre criminologue, pour saluer, à sa manière, via ‘Son moment droit canon’ sa laïque présence dans ce haut lieu d’une dissidente papauté, mais tout de même pressé d’en venir au cœur du sujet. »
Tout commence avec la création de l’Etat civil en 1539 « C’est sous le règne de François 1er, en 1539, que fut inventé l’Etat civil, produit totalement laïque qui permettait de savoir à peu près quand l’on était né, quand on était mort et accessoirement, au fur et à mesure du temps, de quoi l’on était mort. »
Le comptage des homicides « A l’époque, hors période de guerre, il y avait 150 homicides pour 100 000 habitants. Cinq siècles plus tard, au début des années 2000, nous étions tombés à 1,2 homicide pour 100 000 habitants. Nous n’avions jamais vécu une époque aussi sereine et apaisée. Hélas depuis 20 ans nous vivons une inversion de tendance, invisible d’abord, en phase d’accélération ensuite et avec, en 2023, la pire année depuis que nous avons un outil statistique moderne utilisé dès 1972, puisque, l’année dernière nous avons repassé le cap de 1 000 homicides, même s’il nous est arrivé d’atteindre les 1 500. Cependant nous avons passé le cap des 4 000 tentatives d’homicides qui ne sont rien de moins que des homicides ratés, dus à l’incompétence et à la mauvaise formation des auteurs, -qui sont les bienvenus chez moi pour une petite remise à niveau, a plaisanté le professeur de criminologie- et à l’amélioration exceptionnelle des services de secours. »
Actuellement 5 000 tentatives d’homicides « Pour la première fois de l’appareil statistique, 5 000 tentatives d’homicides ! Nous avons passé le cap des 4 000 en plein confinement –en 2020-. Il y avait moins de 700 homicides il y a 10 ans. Nous vivons une inversion de tendance, complétée par une augmentation tout aussi massive des coups et blessures volontaires, des violences physiques. »
Le calcul de la criminalité et de la délinquance « Or, quand on parle de la criminalité et de la délinquance, on fait un lot comprenant les cambriolages, les vols de voitures, d’accessoires dans les voitures, mais on ne fait pas la distinction entre la personne qui vous amène à être acteur de votre propre victimisation et les atteintes aux biens qui font de vous, en général, un spectateur lointain. Certes c’est désagréable mais vous n’avez rien subi. S’il y avait, par exemple, 400 000 cambriolages de plus et 200 000 agressions de moins, le chiffre serait très mauvais mais personne ne parlerait de la violence. A l’inverse, les chiffres seraient très bons et personne ne sortirait de chez soi. »
Le retour des violences physiques « Ce processus-là de transformation et de retour de la violence physique, d’homicide, est soudain, alors que nous avions domestiqué la violence homicide, elle revient brutalement. Pourquoi, auparavant, s’est-il passé cette transition entre des affaires emblématiques exceptionnelles qui choquaient l’opinion alors qu’il ne se passait rien entre deux affaires exceptionnelles, à un niveau d’affaires exceptionnelles au quotidien, qui fait que l’exceptionnel est devenu quotidien et, lui-même, ordinaire ? »
Le problème majeur ? « Cela pose un problème majeur : la demande de sécurité ne se traduit pas par un sentiment d’insécurité, ce qui existait hier, mais par un climat de violence qui s’est affirmé avec un élément qui n’est pas la statistique policière, ni administrative, ni l’emballage politique de tout va bien, tout va mieux… mais qui est le nombre de victimes traitées pour des actes de violence ,avec un outil statistique non manipulable qui est les statistiques des hôpitaux. »
L’outil statistique des hôpitaux « Lorsque l’on compare l’outil des hôpitaux, le traitement et le suivi des assurances qui sont des éléments extrêmement importants de la connaissance et de la méconnaissance des faits, car l’assureur n’est pas un bienfaiteur de l’humanité par nature. Ils ont inventé la franchise, qui porte mal son nom, c’est le moyen de ne pas vous payer ce qui vous est arrivé, de ne pas passer trois heures à attendre dans un commissariat pour ne pas être remboursé. Ainsi, on a une déperdition mécanique et continue de la connaissance des faits dus à un acteur qui n’est ni policier ni gendarme mais qui est assureur… »
Alain Bauer, criminologue et Michaël Orial, animateur de la conférence Copyright Mireille Hurlin
Les chiffres qui échappaient « Sauf qu’à un moment donné, on s’est aperçu que quelque chose nous échappait. Notamment lorsqu’on s’est dit que tout le monde ne devait pas prendre les plaintes… C’est pas moi, c’est pas l’heure, c’est ailleurs, faites donc une petite main courante… Cela valait autant pour ceux qui prenaient la plainte que pour ceux qui venaient déclarer, notamment, les violences intrafamiliales (Vif) sur le thème : faut pas porter plainte parce que je ne veux pas être obligée de fuir le domicile conjugal avec mes deux enfants. C’était l’ancêtre d’un ‘Me too’ qui n’allait pas jusqu’au bout. »
Les enquêtes de victimation « Du coup on a inventé des enquêtes de victimation. C’avait été le cas aux Etats-Unis il y a 50 ans, puis en Grande-Bretagne. J’ai été chargé, il y a une vingtaine d’années, de l’inventer en France. C’est là que nous avons découvert que 65% des victimes portaient plainte pour la dégradation de leur rétroviseur et 9% pour les violences physiques quotidiennes qu’elles subissaient. Pour la première fois, nous savions qu’il nous manquait 90% de violences physiques intrafamiliales qui touchent essentiellement, à 85% des femmes, des enfants et des étrangers. Pourtant ces personnes sont sur victimisées en matière physique et sous-identifiées en matière statistique. Un immense océan de violence n’était pas comptabilisé. Finalement, nous découvrions que nous n’avions pas de lisibilité de la réalité. »
Les chiffres fiables des homicides « L’homicide, parce qu’on compte bien les cadavres depuis François Ier en 1539, est resté l’indicateur le plus fiable et le plus stable que nous ayons, en temps de paix et non pas de guerre. C’est un extraordinairement indicatif de l’état de civilisation par la civilité et la domestication de la violence et également, de l’état de dégradation par l’augmentation massive des violences volontaires, des tentatives d’homicide et des homicides. En réalité, nous avons eu une immense chance de pacification massive et nous avons un retour de tendance par la violence qui devrait tous nous inquiéter. »
Votre livre reprend bon nombre de cold-cases. Comment le définir et comment les enquêteurs déterminent-ils s’il ont à faire à un cold-case ou pas? « Aux Etats-Unis, un cold-case, est une enquête non résolue rapidement… C’est lorsque les éléments essentiels manquent : pas de cadavre, pas d’indices, pas de suspect ; un suspect mais pas d’indices, et où le niveau de popularité dans l’opinion d’émotion implique qu’il faut s’y intéresser. En France, il faut que l’enquête ait 18 mois. C’est donc l’article 706.106.1 du Code de procédure pénal qui désormais définit qu’un cold case n’a pas bien été traité, qu’il relève d’une série criminelle ou d’un cas qui n’a pas eu d’évolution majeure au bout de 18 mois et qui peut donc être traité, notamment par un Pôle national cold-case. Vous noterez qu’il a fallu 2023 ans pour s’intéresser aux cold-cases.
Tout d’abord le FBI (Federal bureau of investigation) « Les Etats-Unis ont commencé à s’occuper de ces affaires dans les années 1970 au FBI. Alors pas du tout sur la question des cold cases mais parce qu’ils ont commencé à découvrir que des séries de cas non élucidées relevaient d’un seul auteur. Et donc par le biais de faits qui se ressemblent, de modes opératoires… Le premier serial killer de l’histoire ? Gilles de Rais, qui aimait beaucoup les petits enfants et les petites filles. On suppose qu’il en aurait tué entre 300 et 400, même s’il n’a été poursuivi que pour une trentaine. Alors c’est un grand capitaine d’armée, le numéro 2 de Jeanne d’Arc, un VIP serial killer, Malgré Landru et quelques autres, nous n’avions jamais vraiment développé un outil de gestion… »
Salle Cellier Benoît XII presque trop juste pour recevoir les têtes d’affiche Copyright Mireille Hurlin
Faire des corrélations « Vous découvrez qu’avec un peu de jugeote, un magistrat tout seul pouvait découvrir que Joseph Vacher n’en était pas à son premier assassinat. Et bien nous, il nous a fallu extraordinairement de temps, il faut rendre hommage à un magistrat, d’ailleurs Jacques Dallest, et des avocats qui ont beaucoup travaillé notamment sur Les disparues de l’Yonne, pour se rendre compte qu’on ne s’occupait pas du tout de rapprocher les faits géographiquement. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs, les cold-cases sont exhumés par l’opinion publique ou la détermination d’un enquêteur, d’un groupe d’enquêteurs. En France, 300 ont été identifiés. »
Comment les médias influencent-ils l’opinion publique sur le crime? Y a-t-il une limite du rôle des médias dans ces affaires et si oui, quelles sont-elles? « La limite du rôle du média c’est la décence. Il n’y en a pas d’autres. Pour ce qui est de ceux qui croient encore qu’en France le secret de l’instruction existe, arrêtez d’acheter les journaux. Sur le reste, les médias servent à peu près tout. Ils servent aussi à relancer des enquêtes, à dénoncer des tentatives d’enfouissement. Ils servent à faire pression pour qu’une vieille affaire ressorte. Donc ils ont un rôle. Ensuite, il serait tout à fait insupportable d’imaginer un univers où le secret serait tel que les médias ne puissent pas parler du tout d’une affaire, sauf au moment où elle arrive devant le juge. On ne connaitrait pas celles qui n’arriveraient pas, on n’aurait pas de connaissance. »
Le vrai drame des médias ? « C’est la perte des journalistes de faits divers. Il y a de très grands, d’immenses journalistes qui arrivent à faire le métier. Qui sont les gens qui racontent l’enquête. Les familles, les avocats, les magistrats, les policiers, les gendarmes. La demande est immense de pédagogie et d’informations pour que les gens puissent se faire leur propre opinion. Et pas ma propre opinion. »
La catastrophe ? « C’est lorsque les magistrats, le juge deviennent des justiciers. Quand ils pensent qu’ils portent la bannière, qu’ils sont les héros d’une affaire. Ils partagent leur intime conviction –qu’elle soit vraie ou fausse- avec tout le monde, au lieu de la garder pour eux. Ils partent à la chasse aux suspects, ils vous annoncent tout et n’importe quoi, ils ne vérifient rien. Cela devient alors le drame de la médiatisation moderne. Auparavant, au moment où le journal était diffusé, on pouvait avoir trois contre-indications, deux vérifications. Là, c’est fini. En fait, une information et un démenti égal deux informations. ‘Et ça, c’est bon coco’, je cite. »
Un tempo de plus en plus accéléré « Donc c’est un peu compliqué parce que les professionnels de l’information vivent dans un tempo de plus en plus accéléré et même les journaux dits sérieux, également présents sur un site internet, doivent le nourrir car il faut faire des clics. Éventuellement ça permet d’avoir des abonnements, on ne sait jamais. Et donc ils démultiplient le nombre d’informations et de désinformations en se contredisant parfois, en se justifiant rarement, et c’est à nous de faire le tri. C’est un vrai problème, ca n’est heureusement pas tous les médias, mais on sent bien qu’il y a des tentations et des pulsions à l’hyper rapidité. C’est le drame des chaînes d’info-continue et tout le monde se lance dans ça, y compris les quotidiens, bref, l’Internet a bouffé la qualité journalistique.
Attention aux pulsions de l’hyper rapidité « Et puis de temps en temps, vous avez de très grands journalistes, spécialistes de l’investigation… Et aussi des stagiaires qui font leur métier de stagiaire, qui sont obligés de remplir des trucs avec rien et qui font la chasse à l’info. Donc on a le meilleur comme le pire, parfois dans le même journal, des fois que vous êtes sur le site web et pas sur le print. Mais c’est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. Donc il faut faire avec. Simplement, il faut vérifier systématiquement les sources et avoir une diversité d’approches de l’information… Avec les réseaux sociaux et les algorithmes qui vous s’enferment dans une colonne de nage où vous ne vérifiez plus rien et où on vous pousse à l’extrêmisation de tout, sans que vous ayez la possibilité de vérifier ou de douter. »
Appendre le doute « Moi, mon métier, c’est d’apprendre le doute, donc je vérifie tout et trouve les moyens de sortir de cela par ma propre volonté mais il est vrai que, pour l’instant, nous sommes de plus en plus enfermés dans une logique unique où évidemment personne ne reconnaît ses erreurs et où l’on pense que tout le monde a oublié. En fait, tout le monde mise sur l’amnésie du citoyen. Nous, on mise plutôt sur son intelligence. Moi je pense que dans l’opinion, il y a un effet de masse, et que l’effet de masse produit parfois la haine, la fureur, la vengeance. Ça dépend sur quoi l’on mise. » Puis Alain bauer s’est éclipsé en salle de la Grande audience pour la dédicace de ses ouvrages.
En savoir plus Alain Bauer, professeur de criminologie. Professeur titulaire de la Chaire de Criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers (depuis 2009), directeur du Master de Sciences Criminelles et criminologie, Directeur scientifique et Vice-Président du Conseil scientifique du pôle sécurité défense du CNAM, Professeur titulaire de la chaire de sciences policières et criminelles du MBA Spécialisé Management de la Sécurité (Paris II, HEC, EOGN), Senior Research Fellow au Center of Terrorism du John Jay College of Criminal Justice à New York (États-Unis), à l’Académie de police criminelle de Chine, à l’Université de Droit de Beijing, Enseignant à l’Institut de criminologie de Paris (Université Paris II-Panthéon Assas), aux Universités Paris I-Panthéon Sorbonne et Paris V-René Descartes, à l’Ihesi puis Inhesj, au Centre national de formation judiciaire de la gendarmerie nationale, au CHEMI, Éditeur de l’International Journal on Criminology, Membre du Conseil Éditorial de PRISM (NDU).
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
Le Palais des papes accueillera les œuvres de feu Miss.Tic alias Radhia Novat (20 février 1956-22 mai 2022) du 27 juin 2024 au 5 janvier 2025 pour l’exposition ‘A la vie à l’Amor’. Miss.Tic ? Rappelez-vous cette grande artiste du street art des années 1985 connue pour ses silhouettes de femmes fatales dessinées au pochoir accompagnées de cinglants aphorismes. Décédée au printemps dernier, sa libertaire aura glissera, victorieuse, au creux du plus vieil édifice gothique anciennement dévolu aux prélats.On a hâte.
Radhia Novatalias Miss.Tic
L’exposition qui lui est consacrée n’est pas sans rappeler celle d‘Ecce homo’ d’Ernest-Pignon-Ernest au Palais des papes de juin 2019 à février 2020. Au détour d’une interview l’artiste plasticienne et poétesse dira avoir été très touchée par le Rimbaud modernisé du grand artiste.
Autre point commun ? Les deux personnalités Miss.Tic et Ernest-Pignon-Ernest auront été remarquées et saluées de leur vivant pour leur talent et leur qualité d’intervention novatrice dans la rue. Si l’on devait résumer en quelques mots l’essence de la vie de Miss.Tic ? Etre libre dans un espace artistique qui l’est tout autant.
Etre artiste au monde Il reste de cette attachante et frondeuse personnalité de théâtrales et fatales silhouettes en noir et rouge encore présentes dans la capitale parisienne. Certaines d’entre-elles restent visibles dans les quartiers de Ménilmontant, Montmartre, le Marais, de Montorgueil et de la Butte-aux-cailles. Pourquoi Paris ? ‘Car c’est la plus belle galerie du monde’, selon ses termes. Il fut d’ailleurs, le seul lieu où elle graffait.
Copyright Miss.Tic
Sa vie se dessine dans la capitale entre ruptures, désirs, fantasmes, désillusions et renaissances. Paris ne connait pas encore le mouvement des graffitis venu de l’autre côté de l’Atlantique avec le mouvement Punk, mais dès 1985 ceux-ci envahissent l’espace public français et particulièrement parisien, mettant la Police sur les dents. En 1999 Miss.Tic est arrêtée pour détérioration du bien d’autrui, dans le quartier du Marais, après qu’un habitant ait porté plainte. Elle avait ‘poché’ une silhouette illustrée d’un prémonitoire ‘Egérie et j’ai pleuré’.
Condamnée à l’équivalent de presque 4 000€ -l’époque est au francs-, elle entamera désormais des négociations préalables avec les mairies, les commerçants et les habitants de quartier, en faisant du porte-à-porte, pour continuer à inscrire, toujours en carte blanche, sa vie dans ses quartiers de prédilection et sur certains murs. Six mois après ses premières interventions au cœur de l’espace public, elle est invitée à exposer chez Agnès B –très impliquée dans l’art émergeant-et la galerie du Jour. Les expositions s’enchainent très vite et, surtout, les produits dérivés, permettant à l’artiste de sortir de la précarité.
En savoir plus MissTic disait s’être inspirée du Rimbaud modernisé d’Ernest Pignon Ernest « Etre artiste est une façon d’être au monde ». Quant à sa signature Miss.Tic –mystique-, elle provient de la ‘cane sorcière’ Miss Tick –de Disney- obnubilée par le vol et la possession du sou fétiche et porte-bonheur de Picsou.
Copyright Mis.Tic
Comment tout a commencé ‘J’ai aimé un imbécile comme cela arrive à beaucoup de femmes hélas, et un jour il m’a dit : ‘Je ne peux plus te voir en peinture ! Ça a été ma revanche. Il m’a lancé un défi et maintenant, il ne me voit plus qu’en peinture !’
Paroles de Prévert mais la vraie raison est ailleurs. C’est sa maman qui lui offre son premier ouvrage de poésie : ‘Paroles’ de Jacques Prévert avec en couverture une photo de Brassaï avec un mur graffité. Au départ, elle poche ses autoportraits puis des silhouettes de femmes aux postures déjà vues mises en scène par les publicités et les magazines féminins. Ses aphorismes aux mots qui claquent interpellent : ‘J’enfile l’art mur pour bombarder les mots cœurs’, ‘Refaire le casting de son existence’, ‘Avec les années l’amour se fait plus chair’ ‘Le porno est le bêtisier du désir’, ‘Art-gens mais à quel prix !’, ‘Tu ne perds rien pour m’attendre’, ‘L’émotion à goût portant’, ‘Le rôle d’un artiste c’est un peu de transgresser, ça n’est pas d’être consensuel et tiède’, sera sa phrase signature.
De l’art novateur, pas de la délinquance Le loueur de véhicule Ucar fait appel à elle avant qu’elle soit invitée à découvrir l’univers de la mode avec le malletier Louis Vuitton, le couturier Kenzo, le maroquinier Lamarthe. Paul personne fait même un clip entouré de ses œuvres. Elle créa aussi des timbres pour La Poste.
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
Mercredi 24 janvier. 18h30. Salle du grand Tinel au Palais des papes à Avignon. Alors que la RN7 est encore bloquée par la manifestation paysanne, les convives arrivent par petits groupes dans une nuit plutôt douce. 19h. La salle est déjà bien remplie. L’estrade habillée de noir capte la lumière des projecteurs. 450 personnes se massent devant l’orateur. La présentation des voeux du BTP demeure The place to be.
Daniel Léonard, le président de l’interprofessionnelle prend la parole. Puis ce sera au tour de la présidente du Département, Dominique Santoni avant que la conclusion ne revienne à la préfète, Violaine Démaret. Concert d’applaudissements pour chacun. On jette un coup d’œil à l’entrée, le flot de convives ne cesse d’affluer. Il est 20h passées. Les retardataires étaient aux vœux de Cécile Helle aux paroles cette fois dévolues aux personnalités de la culture.
Les sujets évoqués Le président de l’interprofessionnelle a évoqué une année 2023 agitée, inégale et décousue avec des entreprises qui réussissent à maintenir le cap, leurs emplois et continuent de soutenir le tissu économique du territoire, même si la rencontre entre les besoins de construction et les contraintes financières se révèle très compliquée. Pour 2024, le patron du BTP craint une année tout aussi fluctuante et surtout contrastée. Côté Travaux publics après une année hachée mais stable en 2023, l’activité pourrait se contracter en 2024. Voilà pour l’essentiel. Dans le détail c’est maintenant.
Ce qu’ils ont dit
Daniel Léonard,Président de la fédé BTP 84 «Nous observons une inflation autour de 4%, une hausse des coûts de construction, des taux d’intérêts qui ont bouleversé et fragilisé la demande, détaille le président de l’interprofessionnelle. La situation du logement neuf est alarmante et la chute des réservations se diffuse progressivement à l’ensemble de la chaîne du Btp. Nous notons l’effondrement des permis de construire, des mise en chantier, des obtentions de prêts bancaires, la fin du dispositif de défiscalisation Pinel, la réduction du Prêt à taux zéro… Tout l’appareil est bloqué. Les petites et moyennes entreprises sont acculées au bord du précipice. Le secteur compte sur un plan d’urgence si l’Etat veut éviter la Bérézina.»
Toute la filière de la construction est menacée «Toute la filière est menacée qui compte des constructeurs, promoteurs, aménageurs, bailleurs sociaux, agents immobiliers et même les notaires. La simplification réglementaire et financière pourrait encourager les maires bâtisseurs. Enfin, plus de 80% de nos concitoyens continuent à plébisciter la maison individuelle. C’est un droit et une liberté de pouvoir choisir son habitat, au risque d’aggraver la fracture sociale,» prévient Daniel Léonard
Une politique du logement pérenne «Notre pays a besoin d’une politique pérenne du logement. La rénovation représente un gisement économique certain, notamment lorsque le parc locatif de Vaucluse est à 42% classé en diagnostic énergétique F et G. Si ‘MaPrimeRénov’ est une bonne idée, le dispositif est congestionné par des délais de paiement et de longs dossiers administratifs à renseigner. Les entreprises voient leur trésorerie pénalisée et leurs clients renoncer.»
Côté Travaux publics «Après une année hachée mais stable, grâce aux investissements dynamiques des collectivités locales, les coûts de productions ont pu être maitrisés, cependant le secteur anticipe une contraction de son activité en 2024.»
Au plan de la Cité «Faute de grand programme structurant, du report du tram et des parkings relais et de la voie Léo, nous demandons au bloc communal de maintenir l’activité des travaux publics sur l’entretien des réseaux et leurs infrastructures routières. Idem dans le domaine de l’énergie avec le marché des bornes électriques, le renforcement des réseaux pour Enedis et des raccordements côté RTE (Réseau de transport d’électricité). Quant à nous ? Nous avons donc quitté l’hôtel particulier de l’intramuros d’Avignon pour nous installer à Agroparc. Le permis de construire du nouveau siège de la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics a été délivré il y a quelques semaines. Les travaux vont débuter au premier trimestre de cette année et la réception de la nouvelle maison du BTP 84 avant l’été 2025, pour un édifice plus sobre en énergie, plus proche des entreprises et plus à l’image de nos métiers.»
Félicitationset nouveau départ «Félicitations à l’entreprise Laugier à Jonquières qui fêtera l’an prochain ses 50 ans et aux Menuiseries Vincent à Carpentras qui ont été créées en 1830. Nous en profitons pour remercier Pierre Vincent, tout jeune retraité, qui a tellement œuvré pour notre fédération.»
La résistance est engagée Enfin, Daniel Léonard a conclu son intervention sur «On ne s’appuie que sur ce qui résiste. Madame la préfète, mesdames et messieurs les élus, vous pouvez vous appuyer sans crainte sur chacun d’entre nous parce que faites moi confiance, en 2024, vous allez beaucoup nous voir parce que nous allons beaucoup résister !»
Dominique Santoni, Présidente du Département de Vaucluse «Malgré les difficultés actuelles, il est de plus en plus urgent de faire exister des synergies et des coopérations entre les collectivités et les acteurs locaux. Au cœur de ces difficultés, la crise de l’immobilier nous touche directement. Je comprends vos préoccupations quant au logement, vos inquiétudes quant aux emplois menacés, notamment en 2025, dans votre secteur avec, pour conséquence, un impact très fort sur l’ensemble des métiers liés au bâtiment et aux travaux publics.»
Electro-encéphalogramme plat côté DMTO «Au Département de Vaucluse nous subissons de plein fouet les conséquences de cette crise puisque nous avons perdu, en 2022, 45M€ liés aux droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Grâce à une gestion rigoureuse, nous avons cependant investi tout autant en 2024, soit 120M€ par an, et ce jusqu’à la fin de la mandature, en 2028. En plus des chantiers d’envergure en cours (cf Echo du mardi spécial Fédé BTP, pages 4 & 5 en bas de cet article).»
Les autres projets «Nous continuons la restauration et la valorisation du Palais des papes, le Château de la Tour d’Aigues. Nous serons présents, partout, en Vaucluse. Soutenir l’économie locale c’est développer le territoire, accompagner les communes et les intercommunalités et les soutenir dans leurs projets avec 5M€ investis sur 3 ans. Pour aider les communes et les intercos nous renforçons l’intervention de Vaucluse ingénierie qui se transforme en agence départementale pour aider les collectivités à concrétiser leurs projets. L’action du Département est aussi de préserver l’unité du Vaucluse. Nous avons la chance d’avoir un département à taille humaine et je serai le garant de cet équilibre.»
Les routes et véloroutes «Nous continuerons d’investir massivement sur nos routes avec 41M€ pour l’entretien de nos réseaux et 2,8M€ pour le développement de nos vélo routes. Investir est un moyen puissant de vous soutenir et d’aider ainsi, toute notre économie locale. Vous êtes un acteur de premier plan : 400 adhérents et plus de 5 000 emplois. Vous êtes les forces vives du département et interlocutrice privilégiée du Département de Vaucluse.»
La transition écologique «Investir c’est aussi s’impliquer dans la transition écologique : gestion intelligente, économie d’énergie, chauffage, béton bas carbone, métiers du bois, et à ce sujet, vous êtes un partenaire indispensable. Nous avons quelques collèges équipés de panneaux photovoltaïques mais il faudra aller plus loin et systématiser ces installations sur nos bâtiments comme cela a été le cas avec l’Edes (Espace départemental des solidarités) à Apt. Nous avons prévu de le faire sur Mémento, sur la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), sur le service Livres et lectures à Sorgues, sur chaque opération structurante. Notre idée ? Que d’ici 3 ans nous produisions un tiers de nos besoins électriques,» a détaillé la présidente du Département de Vaucluse.
Violaine Démaret, préfète de Vaucluse «14 000, c’est le nombre d’emplois que vous représentez dans le département en incluant l’intérim. Cet emploi est en recul depuis quelques mois. Cela vous préoccupe et c’est également le cas pour moi. Neuf métiers parmi les vôtres sont classés dans les métiers en tension. Nous avons commencé à construire, avec vous, un dispositif avec le Conseil départemental, le Conseil régional et France emploi (ancien Pôle emploi) que vous avez baptisé ‘Form Innov BTP 84’ une formation courte.»
Il y a aussi des difficultés très conjoncturelles «La spéculation, l’inflation, des comportements d’acteurs qui ne sont pas toujours des partenaires. Face à ces difficultés, il y a la réhabilitation, les donneurs d’ordre que sont les bailleurs sociaux. C’est une dynamique qu’il nous faut entretenir et développer. Nous accompagnons financièrement les collectivités qui représentent trois quarts de l’investissement public : Les Départements, les Conseils régionaux, les EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) et les maires qui bâtissent le département. L’aide de l’Etat envers les collectivités locales en 2023 a été historique avec plus de 26M€, grâce au fonds vert venu booster et reverdir le Vaucluse.»
La transition écologique «Nous disposons d’outils financiers pour la transition écologique, la réhabilitation thermique, la rénovation de logements, la Loi Zan (Zéro artificialisation nette), le fonds friches, des terrains que nous ne regardions même pas avant parce qu’ils étaient pollués, avaient une histoire économique industrielle compliquée. Désormais, l’on subventionne les projets pour qu’ils se concrétisent. Ainsi, nous accompagnons les projets des élus qui en sont les porteurs. Nous devons aussi être exemplaires et, en cela, portons le projet de la réhabilitation de la Cité administrative en y investissant, sur deux ans, 17M€ dont 14M€ de travaux dont 70% vont à des entreprises vauclusiennes et 90% à des entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Nous avons cherché pendant la conception de ce projet, avec les lots, à favoriser la commande publique de l’Etat au niveau du Vaucluse. Là encore, c’est une façon de vous soutenir.»
‘Maprimrenov’ «J’ai parfaitement entendu les limites du dispositif que vous avez soulignées, besoin de simplification, vous n’êtes pas le seul. Tout le secteur économique demande la simplification. Les services de l’Etat, au niveau local, sont aussi preneurs. Encore faut-il que le législateur le permette. ‘MaPrimeRénov’ est renforcée cette année avec une prise en compte jusqu’à 90% du coût des travaux à hauteur de 70 000€. ‘Maprimadapt’ arrive également pour adapter les logements aux personnes dépendantes, ce qui est un vrai sujet pour le pays qui vieillit. Il y a aussi ‘Ma prime logement décent’, le dispositif permet de rénover des logements indignes ou dégradés. L’Etat continuera à vous soutenir, à vous aider, à échanger, et je formule le vœu d’une année qui vous permette de renflouer le carnet de commande et que tout aille mieux,» a conclu la préfète de Vaucluse.
Cliquez sur la couverture pour consulter notre hors-série Spécial Fédération du BTP de Vaucluse de Janvier 2024
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
Le Centre des Congrès d’Avignon tourisme vient de créer son Club affaires. Placée sous la houlette de Nicolas Toulouzan, également responsable développement commercial Congrès et Salons, la nouvelle structure vise à « renforcer et accompagner le réseau des partenaires de l’office de tourisme qui répondent à l’offre événementielle du territoire ».
« Il s’agit aussi d’échanger sur les bonnes pratiques et de monter un réseau structuré ouvert aux organisateurs potentiels, » indique Marc Simelière, conseiller municipal de la ville d’Avignon délégué au tourisme et président d’Avignon tourisme.
« Le Club offrira davantage de visibilité à notre offres sur ce territoire qui constitue déjà une terre d’excellence pour l’événementiel »,
Nicolas Toulouzan, responsable du Club Affaires
Une démarche confirmée par Arnaud Pignol, directeur général d’Avignon tourisme pour qui ce Club « doit mettre en synergie tous les acteurs du tourisme d’affaires de notre territoire ». L’initiative a ainsi déjà permis de regrouper près d’une quarantaine d’adhérents provenant d’une vingtaine de kilomètres autour d’Avignon dans les secteurs des lieux réceptifs, des agences d’événementiel, des agences incentives, de l’hôtellerie, de la restauration, des traiteurs, des prestations audiovisuelles, des traducteurs… « Le Club offrira davantage de visibilité à notre offres sur ce territoire qui constitue déjà une terre d’excellence pour l’événementiel », explique Nicolas Toulouzan.
« Le Club affaires va nous permettre de faire rayonner la destination Avignon. »
Mélodie Fillinger de l’hôtel Mercure Avignon-gare TGV
Un lancement qui a été notamment l’occasion de présenter plusieurs adhérents dont Mélodie Fillinger de l’hôtel Mercure Avignon-gare TGV pour qui le club va permettre « d’échanger nos expériences pour faire rayonner le destination Avignon ». Pour sa part, Frédéric Malosse, de RT Events y voit aussi l’opportunité « de rencontrer de nouveaux partenaires ». Enfin, pour Sonia Prudhomme, de Pulsar Events c’est aussi « l’occasion de rencontrer les acteurs locaux du tourisme d’affaires pour proposer une offre plus étoffée à nos clients. »
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
À l’occasion du centenaire de la naissance de René Girard, la Société des amis de Joseph et René Girard a commandé une œuvre musicale illustrant son oeuvre
René Girard est un anthropologue, historien et philosophe français, né le 25 décembre 1923 à Avignon et mort le 4 novembre 2015 en Californie. Ce concert clôturera les cérémonies d’hommage à René Girard qui lui sont rendues à l’occasion du retour de ses cendres à Avignon dans la tombe familiale.
Le cœur du concert sera la création « d’Actes rituels pour quatuor à cordes et orchestre » de Charly Mandon. Il sera interprété par l’Orchestre national Avignon-Provence dirigé par Débora Waldman et le Quatuor Girard, accompagnés par Loïc Corbery de la Comédie-Française à la récitation.
Ce projet de création, confié à Charly Mandon, convoque un effectif original : quatuor à cordes et orchestre symphonique, à l’invitation du Quatuor Girard et de l’Orchestre national Avignon-Provence. À la fois mélomane et penseur des origines de la culture et donc des arts, l’idée est venue de rendre hommage à René Girard par une création musicale. Cette partition se propose de donner un corps sonore à la pensée du philosophe et de rendre sensibles les thématiques de la violence et du sacrifice chères à René Girard jusque dans la formation instrumentale.
Dialogue sensible entre le quatuor à cordes Girard et l’Orchestre National Avignon Provence En effet le quatuor à cordes, sorte de double miniature de l’orchestre symphonique permettra tout un jeu de mises en perspective en incarnant tour à tour l’individu (bouc émissaire) face au collectif (la société canalisant sa violence), la victime face au sacrificateur, le sacré face au profane, le subconscient face au conscient…
Actes rituels, comportera une déclamation de Guilhem Girard prononcée par Loïc Corbery mettant en perspective la force enivrante de la musique. Cette œuvre, d’une durée de 25 à 35 minutes, prendra la forme d’un poème symphonique et se découpera en deux tableaux, illustrant les étapes parcourues par une communauté humaine pour parvenir à la réconciliation et à la paix :
Temps barbares : Danse inaugurale – Cortège funèbre – Simulacres – Gibet – Émeutes – Ronde des démons de Gérasa – Satan tombe comme l’éclair – Course à la roche tarpéienne – Quadrilles – Danse augurale Temps civilisés : Ouverture.
Au programme Joseph Haydn « Les sept dernières paroles du Christ en croix » extraits, « Mon dieu, mon dieu, Pourquoi m’as-tu abandonné ? », « Tout est consommé »Richard Wagner, Siegfried-Idyll Joseph Haydn, Symphonie n° 22 « Le Philosophe »Charly Mandon, Actes rituels pour quatuor à cordes et orchestre Direction musicale, Débora Waldman Compositeur, Charly Mandon Récitant, Loïc Corbery Sociétaire de La Comédie-Française Quatuor Girard Livret, Guilhem Girard.
Un événement à ne pas manquer : Quatuor Girard, Orchestre National Avignon Provence, le comédien Loïc Corbery de la Comédie-Française réunis pour un bel hommage à René Girard dans la belle salle du Tinel du Palais des Papes.
Dimanche 17 décembre 2023. 18h. 20 à 40€. Le Grand Tinel. Palais des Papes. Avignon. Réservation en ligneici.Réservations à l’accueil de l’Office de Tourisme Par téléphone au 04 32 74 32 74.
Les pompiers en plein sauvetage des œuvres du Palais des papes
« Repas des Chefs » au Palais des Papes au bénéfice de l’Institut Sainte-Catherine : record battu avec plus de 153 000€ de dons.
Sacrée soirée, comme dirait l’autre…Pour cette 4e édition, le docteur Daniel Serin (Vice-président de Sainte-Catherine) a accueilli les 366 invités par ces mots : « Merci d’avoir répondu présents pour partager ce moment joyeux, à la fois caritatif et gastronomique ». Il est vrai qu’il y a 53 chefs qui ont participé à l’élaboration du menu et à sa confection, « Sous la houlette bienveillante et magistrale de Christian Etienne et avec le concours des équipes d’Eric Louis d’Hélen Traiteur, a ajouté Daniel Serin, sans oublier les vins généreusement fournis par Inter-Rhône » (A savoir : un blanc 2022 du « Caillou », un autre blanc de chez Guigal AOC Saint-Joseph 2021, un rouge Crozes-Hermitage 2020 du Domaine Marion Chirouze et enfin un vin doux naturel de Rasteau du Domaine du Grand Nicolet).
Maître Patrick Armengau au marteau et David Bérard au micro Patrick Armengau a rythmé avec son marteau d’ivoire les enchères, en duo avec l’animateur de la soirée, comme d’habitude le très motivé David Bérard, sans oublier, l’ancien préfet de Vaucluse Bertrand Gaume, qui pour encourager l’auditoire, calculait sur son portable, enchère après enchère, la somme qui restait à payer puisque 66% des dons sont défiscalisés.
Maître Patrick Armengau.David Bérard.
1er lot, proposé par les 2 chefs renommés Christian Etienne et Bruno d’Angélis, qui se sont engagés à venir chez le gagnant pour confectionner un repas pour 4. Puis c’est un lot de deux bouteilles du Domaine « Léos », comme Léon et Oscar, les 2 fils de Patrick Bruel. Suivit un tableau de Jan Gulfoss enlevé à 2 000€, puis une bouteille de Pomerol 1982, excusez du peu, offerte par Jean-André Charial, le patron de l’Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence qui a grimpé à 2 500€. Mis à prix 200€, un maillot du joueur de l’OM, Jonathan Clauss a atteint 1 300€.
Serge Chenet, le chef meilleur ouvrier de France installé à Pujaut a une autre passion, la peinture et un tableau qu’il a composé s’est enlevé à 2 000€. Autre lot d’exception, le fauteuil iconique « Bubble » de Roche & Bobois a été acquis à 5 000€. Comme d’habitude Richard Doux, bijoutier qui a pignon sur rue (Saint-Agricol) a offert 2 bijoux, un pendentif acquis contre un chèque de 6 200€ et une montre « Constellation » à 10 000€.
Daniel et Geneviève Serin.L’ancien préfet de Vaucluse, Bertrand Gaume.
La générosité des invités s’est aussi imposée pour un Mathusalem de Champagne de Miraval (Var) signé par Brad Pitt lui-même. Il a grimpé à 5 000€, une veste signée du chef étoilé Pierre Gagnaire à 5000€ aussi. La Fondation Blachère a proposé un tableau du sénégalais Daouda Ba, une oeuvre « Paradoxe urbain » une utopie sur un bidonville qui a été acquise à 10 000€. Enfin, une bouteille hors du commun, une « Romanée-Conti » millésimée 2017 de la Maison Moga à l’Isle-sur-la Sorgue a été offerte par Dominique et s’est enlevée à 8 000€. En tout, les enchères ont remporté 95 175€ (92 000 l’an dernier).
Second temps, avec la tombola qui a proposé pêle-mêle 2 places pour le match du Tournoi des 6 nations le 2 février au Stade Vélodrome à Marseille, un ballon de rugby signé Chabal, 2 places pour les Chorégies d’Orange 2024, un Jéroboam de la Maison Marrenon de la Tour d’Aigues et une caisse de Gigondas du Domaine les Teyssonnières de Franck Alexandre. Rhônéa, Vacqueyras ont offert magnums et lots de bouteilles.
Plusieurs chefs ont offert des repas chez eux, Xavier Mathieu à Joucas, Mathieu Desmaret à Avignon, comme Florent Pietravalle à La Mirande, Corentin Roustan à l’Arlequin, Julien Gleize à l’Agapè, Benjamin Hiély à La Fourchette, mais aussi Daniel Hébet à l’Isle sur la Sorgue et Eric Sapet à « La petite maison » de Cucuron. En tout, les dons se sont affichés à 19 290€, soit 4 000€ de plus que l’an dernier, sans oublier 13 500€ de dons spontanés de la part d’invités qui ont ouvert leur coeur et leur portefeuille vendredi soir.
« Laissez-vous tenter par cette tombola et ces enchères où des lots prestigieux vont être dispersés. Ne repartez pas les mains vides, laissez exprimer votre générosité pour les malades du cancer soignés à Sainte-Catherine » avait demandé en prologue le docteur Serin. Message reçu 5/5 avec 205 765€ de recettes dont il faut défalquer 52 000€ de dépenses (catalogues, tickets, grand écran, vidéo, son au Grand Tinel du Palais des Papes). Les 153 742€ totalisés serviront au programme « Interception » qui permettra d’identifier au plus tôt les personnes à risque augmenté de cancer pour leur proposer une prévention personnalisée et précoce.
366 convives seront présents dans la grande Salle du Tinel et ils pourront participer à la vente aux enchères menée de main de maître par Patrick Armengau. Des bijoux de la maison Doux, un fauteuil design « Bubble » de Bobois & Roche, une bouteille exceptionnelle de Romanée-Conti, la veste du chef étoilé Pierre Gagnaire seront mis à prix. Une tombola proposera aussi une cinquantaine de lots. En 2021, une raquette de Raphael Nadal avait grimpé jusqu’à 8 000€. A l’attention des contribuables, la défiscalisation pour don est déductible à hauteur de 66%.
Voilà pour le côté festif et convivial. Côté médecine, la parole est au docteur Daniel Serin, vice-président de l‘Institut Sainte-Catherine. Un établissement fondé en 1946 spécialisé dans le dépistage et le traitement des tumeurs cancéreuses. Avec son plateau technique, ses activités de recerche clinique et ses experts, il est l’un des centres les plus performants de France. Une activité particulièrement importante : 55 000 séances de radiothérapie par an (100% du Vaucluse, 33% de PACA), 18 500 de chimiothérapie, 40 000 consultations médicales pour des patients qui viennent aussi des Bouches-du-Rhône et du Gard.
« L’an dernier, nous avons levé 135 026€ grâce à la générosité de tous nos donateurs. Cet argent, économisé depuis 3 ans a permis de financer une machine Ethos (3M€) qui propose une radiothérapie adaptative grâce à l’intelligence articifielle. C’est une innovation qui permet de modifier le traitement du cancer en fonction de l’anatomie du patient et de la taille de la tumeur. Le logiciel calcule la dose optimale à délivrer, séance après séance, au cas par cas, tout en protégeant les tissus sains, donc sans dégâts collatéraux et en limitant les effets secondaires négatifs ».
Le docteur Serin poursuit : « Ce projet a demandé 5 mois de formation aux manipulateurs, aux oncologues-radiothérapeutes et aux physiciens médicaux de Sainte-Catherine. Les premiers malades ont été traités en avril dernier, on a commencé par la prostate, les cancers de la vessie, du col de l’utérus et du sein suivront bientôt ».
Maintenant, un autre projet se profile pour Daniel Serin, le programme » « Interception ». Explications : « Il y a de plus en plus de malades du cancer et on en guérit de plus en plus. Mais, il ne faut pas oublier que la population augmente et qu’elle vieillit, donc elle a besoin de soins. Mais il existe aussi une population plus jeune, victime de la pollution, de la mal-bouffe, du surpoids, qui est sédentaire, qui boit et qui fume. Pour peu qu’elle ait une prédisposition familiale, le facteur risque est démultiplié. Donc nous allons lancer ce projet « Interception », avec des ateliers pédagogiques pour informer de ces sur-risques, conseiller de manger mieux, plus diététiquement, de faire de sport au lieu de passer des heures devant sa télé ou sa tablette. J’en parlerai vendredi soir, lors du repas des chefs aux patrons de PME qui seront dans la salle et qui ont en engaement RSE pour que leurs salariés soient informés ».
Le vice-président de Sainte-Catherine conclut : « Dans ‘Le Plan Cancer’, la priorité est braquée sur la prévention. Nous devons absolument faire baisser le nombre de malades. A l’Institut, nous avons quand même 3 150 patients nouveaux par an, il y a urgence à agir. Nous venons de vivre ‘Octobre Rose’, je suis frappé de voir à quel point les jeunes s’impliquent, cet élan de prise de conscience est réjouissant. De même que d’anciens élèves de Christian Etienne agrègent des générations nouvelles de cuisiniers qui mettent la main à la pâte avec le sourire ».
Institut Sainte-Catherine 475 salariés 162 lits 24 000 patients pris en charge par an Contacts : Sainte-Catherine / Institut du Cancer 250 Chemin de Baigne-Pieds – 84 000 Avignon www.unicancer.fr – www.icap84.org 04 90 27 61 61