3 avril 2025 |

Ecrit par le 3 avril 2025

Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Samedi 13 mai, l’association Terre & Humanisme inaugurera ‘La Noria’, située dans le nord du Gard, dans la commune de Robiac-Rochessadoule, près de Bessèges. Cette ferme-pilote installée sur 5 hectares, sera consacrée à la production en micro maraîchage, à l’expérimentation paysanne et à la formation des publics qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques ou s’installer en agro-écologie. Une initiative de l’association Terre & Humanisme, association fondée autour de Pierre Rabhi il y a bientôt 30 ans et dédiée à la diffusion et transmission de l’agro-écologie et conduite par Françoise Vernet dont l’interview se trouve en fin d’article.

Proposer de la formation professionnelle
A son actif ? Plus de 200 animateurs formés en agro-écologie, l’association a également sensibilisé plus de 80 000 personnes dans le monde et plus de 4 000 citoyens en France au jardinage et au potager. Objectif ? Démontrer la pertinence des modèles agro-écologiques à l’échelle professionnelle.

La Noria
La Noria sera dévolue au micro-maraichage. «L’idée que nous avons, avec la ferme de La Noria, est ambitieuse expose Françoise Vernet, présidente de Terre & Humanisme. Nous souhaitons non seulement former, transmettre et démontrer la viabilité territoriale de l’agro-écologie à la taille d’un domaine agricole, mais aussi monter, avec les autres acteurs du territoire, un lieu ouvert à visée sociale, environnementale, pédagogique et vecteur de lien en local.»  

Une ferme-laboratoire
Pour opérer le réaménagement de la ferme et la diversification des activités, Terre & humanisme a fait appel au bureau d’études Tero, puis travaillé avec 35 étudiants de l’Institut Agro Montpellier, pour organiser ce nouveau lieu de 5 hectares à l’expérimentation de techniques agro-écologiques, à la production à l’échelle paysanne et à son insertion dans le territoire.

La Noria DR

Accueillir les porteurs de projets agricoles et vivriers
La Noria a pour feuille de route la recherche de savoirs et de méthodes qui permettent de s’adapter à la sécheresse, de cultiver en assurant la fertilité et la valorisation des terres, en veillant à la sobriété en eau, à l’enrichissement de la biodiversité et en innovant face changement climatique. Le lieu vise la production de légumes en maraîchage bio-intensif sur petite surface avec faible mécanisation, agroforesterie et, à terme, l’élevage paysan dans le cadre d’un système de polyculture-élevage… les futurs paysans pourront se former auprès de maraîchers expérimentés, déjà installés sur place, qui commencent à approvisionner le bassin de vie de Bessèges. La formation pour tous ici. Pour les professionnels ici.

Au programme de cette journée inauguration et découverte
L’inauguration de la Noria, qui aura lieu ce samedi 13 mai, dès 9h30, proposera un marché de producteurs locaux et de plantes. La journée débutera avec mot du Maire de la commune de Robiac-Rochessadoule et discours de la présidente de l’association Françoise Vernet, des ateliers et animations, des table rondes sur l’alimentation et l’agriculture, du théâtre pour petits et grands, l’Assemblée Générale de l’association et une soirée festive avec le concert d’un groupe local. L’occasion pour les habitants du territoire de venir découvrir le projet porté par Terre & Humanisme dans ce lieu qui, pour certains, est bien connu pour avoir été leur producteur de légumes bio pendant des années.

Agroécologie ?
Selon l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) « Face aux défis de la sécurité alimentaire mondiale, du changement climatique, de la restauration de la biodiversité, de l’épuisement des ressources, l’agroécologie offre un cadre de réflexion et d’innovation prometteur. »

Plusieurs leviers
« La technique propose plusieurs leviers pour assurer la production agricole, tout en réduisant l’utilisation des intrants et en préservant les sols et l’eau. Parmi ces leviers, le biocontrôle permet de réguler les maladies et ravageurs en utilisant leurs prédateurs naturels comme les oiseaux, les insectes, et les microorganismes auxiliaires. L’utilisation de ces régulations naturelles implique de favoriser la biodiversité dans les espaces cultivés. Autre levier de l’agro-écologie, la diversification des cultures, de la parcelle aux paysages, contribue à cette biodiversité et à la réduction de l’usage des intrants. »

La Noria DR

Les articulations des productions animales et végétales
« Ce cadre permet de réfléchir l’articulation entre les productions animales et végétales dans les territoires, mais aussi les articulations entre tous les organismes présents dans les écosystèmes. Ces évolutions, qui vont conduire à des productions et des produits plus hétérogènes, vont aller de pair avec l’évolution des régimes alimentaires. »

Terre & Humanisme
Est l’association pionnière de la transmission de l’agro-écologie en France et à l’international, dans 10 pays d’Afrique de l’Ouest et du pourtour méditerranéen. Créée en 1994, elle partage, depuis près de 30 ans, sa philosophie et ses savoir-faire avec les particuliers et les professionnels, et intervient dans 4 champs : la formation, la sensibilisation, l’accompagnement de projets et la vente de prestations d’expertise.
Terre & Humanisme. 471, Chemin du mas de Beaulieu 07 230 Lablachère. 04 75 36 64 01. Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 à 12h et de 14 à 17h.

L’interview
Françoise Vernet, présidente de Terre & Humanisme
«Il y a plus dans le monde de paysans qui travaillent en agro-écologie, que de paysans qui travaillent selon nos méthodes disons ‘occidentale’, industrielle, conventionnelle, mécanisée, je ne sais comment on peut l’appeler… La lutte contre ce type d’agriculture est assez stérile. Nous mettons en œuvre ce que nous disons pour, plutôt, convaincre par l’exemple et donner envie d’être dans cette dynamique. Le rapport de 2011 d’Oliver de Schutter qui était le rapporteur aux questions alimentaires à l’Onu -Organisation des Nations Unies- (2008-2014) a été le premier à dire que dans une structure internationale que l’agro-écologie était la solution à tous les soucis que nous pouvions rencontrer.»

Françoise Vernet, présidente de Terre & Humanisme DR

Modèle économique
«Evidemment, nous ne sommes pas sur le même modèle économique, puisque la plupart des personnes qui travaillent en agro-écologie ne touchent pas les aides et n’ont pas des centaines d’hectares, même si, par exemple, Paul François, agriculteur en Charentes, a transformé son domaine de 300 hectares en bio. Si le bio et l’agro-agriculture ne sont pas le même sujet, cela donne une idée des transformations possibles des domaines agricoles vers une autre interprétation de l’agriculture. Les paysans travaillant en agro-écologie pratiquent la polyculture-élevage. Dans cet écosystème vertueux, ‘les déchets’ produits par les poules, les moutons, l’élevage permettent de fertiliser les terres. La question à se poser ? Quelles activités dois-je mettre en œuvre pour me rémunérer correctement et nourrir le territoire sur lequel j’habite ? Les personnes qui travaillent en agro-écologie sont motivées pour produire local, prendre soin de leur outil de travail : la terre, l’eau, la biodiversité, tous les habitants de la terre : invertébrés, insectes, micro-organismes qui permettront aux cultures d’être abondantes.»

En France, un agriculteur se suicide par jour
«Pourquoi ? Je ne saurais le dire mais je crois que ces agriculteurs ont mis le doigt dans un engrenage qui, à un moment donné, les contraints. Un exemple ? Ils se sont endettés pour un outil de traite, pour des tracteurs, pour acquérir un équipement qui correspond au modèle agricole qu’ils pensent durable. Et puis, à un moment donné, il n’y a plus d’eau, l’attaque d’un ravageur, la récolte peut être moins bonne pour plein de raisons… Le modèle économique, déjà fragile, ne tient plus. Vous vous rendez compte que vous ne pouvez plus payer les traites, vous allez faire pâle figure auprès de vos confrères, de vos voisins, alors que votre image –je suis fille d’agriculteurs- est et reste extrêmement importante. Plutôt que perdre la face, de montrer qu’on n’a pas été capable de gérer, ça amène certains agriculteurs, malheureusement, à se suicider.»

Pressions sociale et financière
«Quand j’étais toute petite, dans les années 1970, le paysan était considéré comme un plouc. Agriculteur n’était pas le métier le plus noble. Ce que nous défendons chez Terre & Humanisme, c’est de dire que ce métier de paysan est extrêmement technique. Là il n’y a pas de drones et de capteurs. Il y a une science du vivant très technique qui demande beaucoup d’expertise, qui a besoin d’être respectée, considérée, toute une population dont nous avons besoin.»

La Noria DR

Un exemple ?
«En Ardèche –département qui souffre du manque d’eau- nous n’avons eu aucun problème d’eau. Pourquoi ? Parce que nous avons mis au point des techniques : paillages, ombrières, création d’un puits, mises en place de cuves de récupération des eaux de pluie, ce qui nous a permis de ne pas souffrir du manque d’eau. D’ailleurs nous sommes en train d’écrire un livre qui sortira l’année prochaine pour accompagner les jardiniers sur ces questions de l’eau. Egalement, Olivier Filippi, pépiniériste à Perpignan,  jardine depuis deux ans sans eau. Il y a donc des solutions mais qui demandent un peu de temps, à être connues, diffusées, autant de techniques que nous diffusons lors de formations.»

Quel modèle économique face à la grande distribution ?
«Il est vrai que c’est compliqué pour les agriculteurs qui ont la pression pour les remboursements, les aides, la production. Ce sont les contraintes de leur modèle économique. Il y a ce manque de temps à mettre en place d’autres techniques. Je crains que beaucoup croient que, sans couverture phytosanitaire, il n’y ait point de salut. Egalement, lorsque l’on regarde la répartition de la marge entre le producteur et le distributeur, celle-ci révèle injuste. J’ai créé une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) que j’ai dirigée pendant 10 ans et je n’ai pas compris pourquoi le kilo de carottes à 1€ ne recelait que 12 centimes, au mieux, pour le producteur, alors qu’en Amap, ce même kilo, vendu un peu en dessous d’1€ revenait en totalité à l’agriculteur. A un moment tout cela devient indécent.»

Pourquoi cette compulsion de la profusion ?
«Aujourd’hui, au niveau mondial, nous produisons une fois et demie plus que ce dont nous avons besoin. Nous avons un problème de répartition, de déchets alimentaires : 12 à 15% du contenu des frigos en moyenne jetés. Est-il logique de ne produire que des porcs en Bretagne ?  Du blé dans la Beauce ? Que des noix à Grenoble ? Ne pourrait-on pas réfléchir à un monde plus vertueux pour le territoire ? Créer plus de biodiversité ? Le Gouvernement a payé les agriculteurs, il y a 20 ou 30 ans, pour qu’ils arrachent les haies, désormais on les paie pour qu’ils les replantent… Peu de ministres de l’agriculture comprennent vraiment les enjeux, peu ont pris le temps de les apprécier. Il y a les lobbies, 3 lobbyistes par député… parce que les groupes industriels réalisent que leur modèle économique est fini et qu’il faut changer.»  

Marché de la Noria DR

Ce qui me donne de l’espoir ?
«Le Covid nous a fait vivre ce que nous n’avions jamais vécu. Du jour au lendemain nous ne pouvions plus sortir de chez nous, prendre l’avion… C’est le traumatisme le plus dingue qui nous soit arrivé. Ce temps nous a questionnés, remettant en perspectives nos valeurs.»  

Nous avons fait notre 1er marché le 3 mai
«Plus de 60 personnes sont venues. Pas mal de personnes âgées, d’autres aussi, tous avec un pouvoir d’achat plutôt modeste. Ça a été génial. Il a fallu repartir récolter durant le marché, pour nous réapprovisionner et répondre à leur demande. L’agriculteur a un vrai rôle à jouer d’acteur économique, social, dans le nord du Gard qui est un territoire un peu en difficulté. Rien que pour cela La Noria a tout son sens, ici.»

Une collection de livre, aussi
«Nous avons sorti une quarantaine de titres chez Actes Sud avec Cyril Dion. C’était en ligne directe du film ‘Demain’ réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Les gens sortaient du cinéma en nous disant que ça les inspirait mais qu’ils ne savaient pas comment faire. Nous avons alors créé cette collection chez Actes Sud, dans l’idée de soutenir cette envie, et surtout, de donner les moyens aux gens de se mettre dans l’action, de ne pas rester dans cette passivité qui peut nous tuer.»
La collection que Françoise Vernet dirige ici.

Françoise Vernet
Françoise Vernet-Aubertin a fait une école de commerce, ESLSCA Business School Paris (1989-1991), avant de partir vivre trois ans en Australie puis en Espagne.
Acheteuse pour le catalogue « Bien Joué » (1993-1996), puis pour les magasins « Nature & Découvertes » (1998-2008), elle crée le service marketing et devient directrice marketing et communication.
Elle a ensuite créé et dirigé la Fondation Pierre Rabhi (2009-2013) avant de devenir en 2013 Présidente de l’association Terre & Humanisme qui œuvre à la diffusion de l’agroécologie. Elle a dirigé le magazine « Kaizen » de 2014 à 2018.
Dans sa région, elle anime depuis plusieurs années l’AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) des deux villages et les Rencontres citoyennes de Poigny-la-Forêt.
Elle est également diplômée du Collège européen de naturopathie traditionnelle holistique (Cenatho) (2012-2016).

Elevage de poules

Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Il est venu à « Méd’Agri », le Salon Méditerranéen de l’Agriculture d’Avignon, pour présenter sa convention avec « Arterris », groupe coopératif d’agriculteurs basé en Occitanie et dans la Région Sud (Arles, La Roque d’Anthéron, Trèbes, Bouillargues).

L’ancien avocat bourguignon, élu de Bresse, puis Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique sous François Hollande s’était d’abord lancé dans l’apiculture avec « Bleu, blanc, ruche » et en avait fait son miel. Désormais Arnaud Montebourg, qui va avoir 60 ans fin octobre, se tourne vers l’amande en investissant 1,5M€ en actions et obligations convertibles dans « La Compagnie des Amandes » qu’il préside et dont le siège est à Aix-en-Provence. Pourquoi ce virage? « La France a importé 42 000 tonnes d’amandes l’an dernier alors qu’elle en produit à peine 700 » explique-t-il. « La Californie, elle, totalise 445 000 hectares de vergers mais ils sont victimes de la sècheresse accentuée par le phénomène « El Nino » et ne peut plus répondre à la demande mondiale. C’est donc le moment de relocaliser dans notre pays une production ancestrale et réinvestir dans une amande « Made en France ».

Arnaud Montebourg Copyright Andrée Brunetti

L’amande, un produit d’avenir
Il poursuit : « Avec Arterris, nous innovons en unissant les intérêts de l’investisseur et ceux de l’agriculteur, en proposant une alliance équilibrée entre le capital et le travail, en levant des capitaux et en versant une meilleure rémunération aux paysans ». Si Arnaud Montebourg fait cette proposition, c’est parce que, dit-il « l’amande est un produit d’avenir : riche en huiles, protéines, glucides et vitamines. Elle contient 50% de lipides essentiellement en acides gras, elle contribue à prévenir les risques cardio-vasculaires. C’est le fruit à coques le plus riche en fibres et nutriments comme le calcium, les vitamines E, B1 ou B2 aux vertus antioxydantes. Il y a donc une forte demande qui n’est pas satisfaite, d’où notre idée d’agréer des producteurs du sud de la France pour y répondre. D’autant que l’amandier a besoin d’un climat méditerranéen pour s’épanouir et de sols légers et filtrants de type alcalin ou neutre. Notre ambition est de co-développer 2 000 hectares de vergers d’amandiers sur le pourtour méditerranéen d’ici 2025 ».

La compagnie des amandes
Pour Jean-François Naudi, président d’Arterris et co-signatuare de ce partenariat « Notre engagement aux côtés de la Cie des Amandes traduit notre volonté d’offrir des opportunités de diversification aux agriculteurs que nous fédérons et ils sont 25 000 représentant une exploitation de 360 000 hectares ». « La Cie des Amandes » apporte un soutien technique aux paysans qui adhèrent à ce projet. Avec d’abord une étude de faisabilité en fonction de la météo locale et de l’hydrologie de la parcelle, une sécurité de revenus dès l’année de plantation des arbres, un appui technique (ateliers sur la conduite d’un verger, la taille, le travail dusol, les traitements, l’irrigation, la fumure, les bonnes pratiques ) et une valorisation garantie de leurs terres, autour de 400€ l’ hectare. 

Concrètement
Arnaud Montebourg travaille avec l’INRAE (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) notamment sur un « Label rouge » et des « IGP » (Indication géographique protégée) avec l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) pour organiser les producteurs et ainsi structurer l’offre française d’amandes tant prisées par les confiseurs et consommateurs, qu’ils aiment la Ferrastar,  Lauranne, Ferragnès, Sultane ou la Ferraduel
8, Rue des Allumettes 13 090 Aix-en-Provence . 04 42 16 03 15 . www.compagniedesamandes.com & m@compagniedesamandes.com

Amandier en fleur et lavandes

Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Avignon et les abeilles, c’est une vieille histoire qui débute en 1956 quand s’est installée la première ‘Station Expérimentale d’Apiculture’ sur le site de Montfavet, au sein d’une région à vocation apicole dont les travaux portent déjà sur la santé des abeilles, la sélection du cheptel et la qualité du miel.

La Région Sud, dans le cadre de son Contrat de Plan finance un projet ‘3A’ (‘A’ comme Avignon, Agrosciences et Abeilles) afin de faciliter la collaboration entre les chercheurs de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), les universitaires et le laboratoire Pharm-Ecologie Cardiovasculaire(LaPEC). En tout, 7,46M€ ont été investis (4M€ par l’NRAE, 2,5M€ par la Région, 450 000€ par le département, 230 000€ par le Grand Avignon). « Le bâtiment ‘Coeur de Centre’ en cours de construction offrira 2 150m2 de plancher, un amphi de 150 places, un atelier de co-working avec les entreprises, il pourra aussi accueillir des agents du Pôle de Compétitivité et il sera ouvert sur l’extèrieur » explique Jean-Philippe Nabot, directeur de l’INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les représentants des différents partenaires et financeurs lors de l’inauguration.

Lors de la visite du chantier, Olivier Pélassy, ingénieur – chef de projet évoque la volonté de « Construire un bâtiment HQE (à Haute qualité environnementale) lumineux, foncionnel, relié à celui de la présidence et des services administratifs, en béton bas carbone, avec une isolation extèrieure masquée par un bardage de résineux Douglas ».

L’unité de recherche ‘Abeilles et environnement’ qui existe depuis 66 ans (1956) a vu ses missions évoluer au fil des décennies. Dans les années 90, est d’abord apparu le ‘varroa’, un acarien parasite et de nouvelles espèces d’abeilles résistantes ont été sélectionnées. Ce fut ensuite le tour des pesticides ‘néonicotinoïdes’ qui altèrent leur sens de l ‘orientation et les empêchent de retourner dans leurs ruches. Au sein du laboratoire de Montfavet, une jeune chercheuse, Mahira Kaabèche a étudié les effets cardio-toxiques de ces pesticides sur les abeilles en procédant à un enregistrement électrique de leur activité. C’est la toute première étude de ce genre, un travail salué par l’ensemble des scientifiques du monde entier.

Mahira Kaabèche a participé à la première étude scientifique sur les effets cardio-toxiques des pesticides sur les abeilles. Ici avec une coup d’aveille géante.

Les alliées naturelles de l’agriculture
Axel Decourtye, le responsable de l’Unité mixte technologique ‘Protection des abeilles dans l’environnement’ rappelle que les abeilles sont les alliées naturelles de l’agriculture : « Elles pollinisent 80% de la production mondiale donc de notre alimentation. C’est pourquoi les apiculteurs les chouchoutent. On dénombre un millier d’espèces d’abeilles entre les domestiques et les sauvages et nos équipes oeuvrent pour enrayer leur déclin dû aux changements climatiques, à la pollution, aux espèces invasives et aux pesticides ».
Ensuite, c’est le PDG de l’INRAE, Philippe Mauguin qui prend la parole pour rappeler que « L’engagement de l’INRA devenu INRAE se déploie sur un temps long. Tout le monde travaille main dans la main, les apiculteurs, les scientifiques, les généticiens, les responsables de l’agro-alimentaire pour protéger l’abeille et l’aider à faire le meilleur miel possible. Ce nouveau bâtiment est la preuve de la visibilité du travail de nos équipes au service du plus grand nombre ».

Sanctuariser la recherche et l’innovation
De son côté, Joël Guin président du Grand Avignon évoquera « Le grand défi du siècle qu’est la pollinisation des abeilles puisqu’elle a des conséquences sur notre environnement, notre agriculture et notre alimentation ». Bénédicte Martin, vice-présidente du Conseil Régional insistera sur « La sanctuarisation de la recherche et de l’innovation au coeur de notre action pour permettre à l’agriculture de s’adapter à tous les changements ».

Jean-Philippe Nabot, directeur régional de l’Inrae et et Philippe Mauguin, PDG de l’Inrae devant le futur ‘Coeur de centre’.

Enfin, Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation qui représentait le Préfet de Région Christophe Mirmant rappelle que ce « Projet 3A Avignon a été inscrit au Contrat de Plan Etat-Région avec celui de Sophia-Antipolis pour un montant de 9,4M€. Aujourd’hui nous devons avoir une approche globale. Le généticien doit parler au géographe, à l’éthologue. C’est l’objectif du mouvement ‘One health » une seule santé qui oblige toutes les disciplines à s’articuler, pas de santé humaine, sans santé animale ni santé environnementale, ce qui implique un dialogue science-recherche-société. Autant d’enjeux cruciaux pour envisager notre devenir avec un peu d’espoir »conclura-t-il.


Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Le contrat territorial d’avenir a été pensé pour structurer le Contrat de plan État-Région (CPER) 2021-2027. Au total, au niveau régional, l’État et la Région engageront conjointement 5 120,772 M d’€, au profit de l’adaptation des territoires à un nouveau modèle de développement solidaire et respectueux de l’environnement.

Le volet Vauclusien comprend 6 catégories de projets avec un accompagnement immédiat d’opérations ciblées :

• Equilibre et solidarité des territoires
: 9 projets structurants seront financés sur la période 2021-2027 entre l’État et la Région pour un montant global de plus de 34M€ ;

• L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation : qui bénéficieront d’une enveloppe État : 8,6 M€, Région à hauteur de 7 M€ et le Département pour 3,8M€ en faveur de Jean Zay Agroparc, de l’Université d’Avignon ainsi que de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) ;

• La culture et le patrimoine : avec près de 13,6 M€ contractualisés entre l’ État et la Région ;

• la mobilité douce : l’État et la Région souhaitent conjointement s’engager en faveur du territoire sur le développement de la mobilité douce, avec plus de 7M€ mobilisés sur de nombreux projets d’aménagements cyclables ;

• Les transports collectifs : le projet emblématique du tramway du Grand Avignon -2ème phase- avec des crédits contractualisés État – Région de près de 16 M€. En soutien aux transports collectifs en site propre, l’État finance également la navette express Les Angles – Avignon pour un montant de 2,15M€ ;

• La transition climatique, énergétique et environnementale, l’État, l’Agence de l’eau, l’Adème, les fonds friches, la Région et le Département soutiennent les projets portés par les collectivités territoriales sur cette thématique à enjeux, pour un montant global de près de 11,3M€.

Le document concernant le territoire vauclusien sera prochainement co-signé par Christophe Mirmand, préfet de région Paca, Bertrand Gaume, préfet de Vaucluse, Renaud Muselier, Président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et Dominique Santoni, Présidente du Conseil départemental de Vaucluse.
MH


Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Afin de sauver la filière cerise (cerise de bouche et cerise industrie) fortement menacée par la drosophile suzukii et le réchauffement climatique, la présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse Georgia Lambertin ainsi que les représentants de l’AOP se sont rendus au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation 1re semaine d’avril, pour échanger avec Julien Denormandie sur l’avenir de la production française.

Le réchauffement climatique

En effet, la filière cerise se bat depuis plusieurs années contre drosophile suzukii, ravageur très virulent pouvant entraîner une perte totale de récolte si aucune mesure de lutte dédiée n’est mise en place. S’ajoute à cela les effets néfastes du réchauffement climatique sur ces fruits particulièrement fragiles tels que des flétrissements, brûlures, défoliations précoces, déformations ou encore le phénomène de fruits doubles.

Quelle solution de rechange face au diméthoate ?
Si des expérimentations ont été mises en place rapidement par l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), la recherche privée, le Ctifl (Centre technique au service de la filière fruits et légumes)et la Chambre d’agriculture de Vaucluse pour protéger les vergers (piégeage massif, lâchers d’insectes stérile, lutte biologique, filets de protection,…), la situation reste très complexe à gérer. La protection phytosanitaire via le diméthoate qui apportait un niveau d’efficacité correct est interdite depuis 2016.

Les filets, un coût élevé
Testée depuis 2008 dans le Vaucluse contre la mouche de la cerise, les filets sont encore à ce jour la seule solution efficace contre la drosophile suzukii, mais le coût élevé de cette technique et l’adaptation partiellement possible sur le verger limitent fortement son développement. La cerise représente toute une économie territoriale impliquant plus de 2500 personnes dans le Vaucluse et le Gard.

la drosophile asiatique Suzukii

Répondre aux exigences
«La filière n’existera que si elle répond aux exigences commerciales du produit, a relevé Georgia Lambertin qui, pour l’occasion représentait la Chambre régionale de l’agriculture Paca, homogénéité du calibre et la couleur, fermeté, brillance et fraicheur tout en proposant un prix compétitif alors que les coûts de production pour les agriculteurs restent très élevés avec la main d’œuvre, les matières premières, les systèmes de production…»

Rester pro-actif
«Nous devons Sécuriser la production a précisé Georgia Lambertin ; Renforcer la performance des vergers ; Moderniser la gamme variétale ; Amplifier les travaux de recherche appliquée sur les autres pistes de lutte contre la drosophila suzukii ; Garantir la fraicheur de la cerise ; Développer les démarches qualité ; Séduire de nouveaux consommateurs et pour cela nous aurons besoin d’un accompagnement financier des pouvoirs publics, technique et technico-économique individualisé.»

Ils étaient là
Georgia Lambertin était, dans sa démarche, accompagnée par les représentants de l’AOP (Appellation d’origine protégée) Cerises René Reynard et Jean-Christophe Neyron, la Présidente de la FDSEA 84 (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) Sophie Vache, aussi membre de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, et le Député Adrien Morénas.
MH

Les cerises de Vaucluse

Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

L’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement issu de la fusion depuis le 1er janvier de l’Inra et de l’IRSTEA) accueille la conférence scientifique internationale ‘Gentree’ à Avignon.

A cette occasion, près de 200 chercheurs du monde entier dans le domaine de la forêt seront réunis jusqu’à la fin de la semaine à l’université d’Avignon afin d’étudier la diversité génétique des arbres forestiers européens dans le but de fournir des outils pour leur gestion durable et leur adaptation au changement climatique. La forêt du Ventoux est d’ailleurs l’une des plus étudiées dans ce projet auquel participe l’unité de recherche écologie des forêts méditerranéennes de l’Inrae d’Avignon regroupant près d’une cinquantaine de personnes dont 11 chercheurs et 6 ingénieurs. A noter que pour compenser l’empreinte carbone de la conférence estimée à 50 tonnes, un don a été fait par les organisateurs à un projet de reforestation certifié dédié à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le projet expérimental choisi permettra de planter des espèces d’arbres résistantes à la sécheresse dans le Sud-Est de la France.


Gard, La Noria, la ferme agro-écologique qui intrigue tant

Depuis le 1er janvier, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) ne font qu’un.

En effet, le Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation et le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ont signé fin 2019 un décret portant sur la création de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Ce nouvel établissement ambitionne de devenir un acteur majeur des sciences de l’environnement en incarnant une recherche porteuse de solutions de long terme et d’innovations à court et moyen termes. En Vaucluse, l’Inra regroupe plus d’une centaine d’agents essentiellement basés dans la zone d’Agroparc à Avignon.

https://echodumardi.com/tag/inrae/page/2/   1/1