4 avril 2025 |

Ecrit par le 4 avril 2025

Quand André Castelli raconte Camille Claudel

En décembre dernier, à l’initiative de Valérie Martin, membre de l’association des Amis du vieux village des Angles, André Castelli –homme politique de gauche et ancien infirmier psychiatrique- proposait, aux Angles, une conférence sur l’artiste sculptrice Camille Claudel (Décembre 1864-octobre 1943), proche d’Auguste Rodin (Novembre 1840-novembre 1917), qui fut internée contre sa volonté et sans avoir été vue par un médecin sur ordre de sa mère, de son frère et de sa sœur en institution psychiatrique. Camille Claudel séjournera à l’Asile de Montdevergues-les-roses, l’hôpital de Montfavet pendant 30 ans avant d’y mourir de faim lors de la deuxième guerre mondiale. Plus de 80 personnes ont assisté à la conférence.

André Castelli présentant son ouvrage, Camille l’abandonnée Copyright MMH

Le parti pris d’André Castelli ? Mettre au jour les conditions de vie de Camille Claudel en lien avec la vie dans l’asile –une ville dans la ville- établissement lui-même confronté à tous les aspects politique, économique et social de l’époque, l’ensemble étant ponctué d’écrits de Paul Claudel (Août1968-février 1955), le frère de Camille dramaturge, poète, essayiste et diplomate français.

Dans cet ouvrage à l’écriture à la fois littéraire,
historique et très documentée ressort toute la conscience d’André Castelli pour les faits de société et surtout la défense des plus démunis, des plus dépouillés de leur liberté, de leur vie, de leur voix, sans que grand monde, finalement, ne s’en émeuve.

Les saines révoltes d’André Castelli,
homme plutôt modéré en paroles mais prolixe en actes, combatif et tenace à faire entendre le droit des plus modestes et des plus spoliés, est un enchantement et ravive l’humanité que l’on aurait pu croire éteinte en nous. Oui, il est tout à fait sain et même recommandé de se rebeller et de combattre ce qui entame l’homme et l’empêche de s’accomplir au sein d’une société protéiforme, que l’on souhaiterait accompagnante dans l’expression des talents de chacun.

Les illustrations et l’écriture de Camille Claudel rythment l’ouvrage illustré par Carine Mériaux

Camille l’abandonnée.
d’André Castelli. 268 pages. Paru en octobre 2023. Nü maison d’édition. Entre fiction et essai historique, dialogues imaginaires et récits authentiques, l’auteur plonge dans le quotidien des 30 dernières années d’enfermement et d’abandon de Camille Claudel.

André Castelli a également écrit
‘L’abandon à la mort… 76 000 fous par le régime de Vichy’ suivi de ‘Un hôpital psychiatrique sous Vichy (1940-1945)’, paru aux éditions L’Hartmann en novembre 2012. « Sous le régime de Vichy (1940-1945), 76 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim.» André Castelli a été Conseiller départemental de Vaucluse durant plus de 25 ans et élu d’Avignon.


Quand André Castelli raconte Camille Claudel

L’Association Les amis du vieux village des Angles propose une conférence ‘Camille l’abandonnée’ d’après André Castelli qui a retracé la vie et le quotidien des 30 dernières années d’enfermement et d’abandon de la grande artiste sculptrice Camille Claudel à l’hôpital psychiatrique de Montfavet.

André Castelli débute sa carrière  en 1970 en tant que stagiaire infirmier à l’hôpital psychiatrique de Mondevergues. Il y fit toute sa carrière professionnelle.

Très engagé dans le milieu associatif, syndical et politique avignonnais et vauclusien, il fut élu à la mairie d’Avignon et de Montfavet, puis au Conseil Départemental de Vaucluse où il assumera les responsabilités de conseiller départemental et enfin de Vice-président du Conseil Départemental. En 2023, libre de tous ses mandats, il se consacre depuis à l’écriture de l’histoire de l’hôpital de Montfavet, ainsi qu’à celle de la CGT et du PCF vauclusien.

Ce jeudi 12 décembre,
il retracera l’histoire passionnante mais surtout dramatique de Camille Claudel indissociable de celle du Centre Psychiatrique de Montfavet. Entre fiction et essai historique, dialogues imaginaires et récits authentiques, André Castelli explore les 30 années d’enfermement arbitraire de Camille Claudel (8 décembre 1864-19 octobre 1943), la sœur du grand écrivain Paul Claudel (6 août 1868-23 février 1955) qui fut dramaturge, poète, essayiste et diplomate français.

Camille Claudel et Auguste Rodin
Selon la petite-nièce de Camille Claudel, Reine-Marie Paris, les sculpteurs Auguste Rodin et Camille Claudel auraient eu quatre enfants, et un des proches collaborateurs de Rodin a plusieurs fois été chargé de régler la pension de deux enfants. L’hypothèse des deux enfants est confirmée par l’écrivain Jehan Rictus dans son journal ; il tenait l’information de Marcelle Dalti, secrétaire de Rodin. Un avortement clandestin de Camille Claudel en 1892 – année de leur rupture – est évoqué par Paul Claudel dans une lettre en 1939 à Marie Romain-Rolland.

En savoir plus
Le 7 mars 1913, le docteur Michaux, médecin de la famille des Claudel écrit :
«Je soussigné, docteur Michaux, certifie que Mademoiselle Camille Claudel est atteinte de troubles intellectuels très sérieux ; qu’elle porte des habits misérables ; qu’elle est absolument sale, ne se lavant certainement jamais… ; qu’elle passe sa vie complètement renfermée dans son logement et privée d’air ; que depuis plusieurs mois elle ne sort plus dans la journée mais qu’elle fait de rares sorties au milieu de la nuit ; que d’après ses lettres […] elle a toujours la terreur de la bande à Rodin85 que j’ai déjà constatée chez elle depuis 7 à 8 ans, qu’elle se figure être persécutée, que son état déjà dangereux pour elle à cause du manque de soins et même parfois de nourriture est également dangereux pour ses voisins. Et qu’il serait nécessaire de l’interner dans une maison de santé71. »

Les internements
Camille Claudel est tout d’abord internée 18 mois, à l’asile de Ville-Évrard (Seine-Saint-Denis) le 13 mars 1913. Sa famille demande que soient restreintes ses visites et sa correspondance. Camille Claudel est ensuite transférée, le 12 février 1915, à l’asile d’aliénés de Montdevergues, à Montfavet, où elle finira sa vie.

Les privations de la guerre
Camille Claudel meurt à l’asile de Montfavet, le 19 octobre 1943 à 2 heures du matin, d’un ictus apoplectique, vraisemblablement par suite de la malnutrition sévissant à l’hôpital, à l’âge de 78 ans. Deux mois avant la mort de Camille Claudel, le directeur de l’hôpital psychiatrique avait affirmé à Paul Claudel : « Mes fous meurent littéralement de faim : 800 sur 2 000. » Camille Claudel est inhumée, dans le carré des aliénés. Ses restes seront plus tard transférés à l’ossuaire.

67 sculptures sauvées de la destruction
Reine-Marie Paris recense 67 sculptures -110 en comptant les différentes versions- de Camille Claudel, réalisées durant 27 ans, entre 1879 et 1906.

Les infos pratiques
Conférence et dédicace. Camille Claudel l’abandonnée d’André Castelli. Jeudi 12 décembre à 18h. Salle Boris Vian. Forum des Angles. 30, boulevard des carrières. Les Angles.

https://echodumardi.com/tag/camille-claudel/   1/1