Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
En juin dernier nous nous faisions l’écho d’une initiative permettant à une des artères de la ville de Cavaillon, presque moribonde, de retrouver son lustre d’antan. Il s’agissait de permettre à des commerces plutôt orientés autour de l’art ou des métiers artistiques de pouvoir s’installer pour quelques mois contre un loyer symbolique. 4 mois plus tard qu’en est-il ?
Petit retour en arrière. Pour tenter de redonner vie à cette rue piétonne du cœur de ville, deux cavaillonnaises, Sonia Jarry (pâtissière et chocolatière) et Monique Ikrelef (artiste peintre) proposent au maire, Gérard Daudet, que les 13 boutiques dont la ville a récemment fait l’acquisition soient mis à disposition d’artistes, le temps d’un été. Une opportunité unique pour ces créateurs d’avoir pignon sur rue et de redonner à cette artère attrait et fréquentation. Rappelons que la démarche a été initiée il y a plus d’un an par deux parisiens Thanh et Pascal Le Luong, qui ont fait le pari fou d’installer dans cette rue déserte une grande galerie d’art.
L’idée des deux cavaillonnaises trouva rapidement un avis favorable du côté de l’équipe municipale. Et le 7 juin 2024, la rue, rebaptisée pour l’occasion « passage des arts », était inaugurée. Une dizaine de boutiques avaient rouvert leur rideau. Un premier succès…
Ce projet fait la démonstration que les municipalités ont un rôle à jouer dans le développement économique
4 mois plus tard, c’est l’heure du bilan. Et il est positif. Presque tous ces nouveaux commerçants souhaitent poursuivre et pérenniser leur implantation confie Gérard Daudet. « Nous sommes en train de réfléchir avec eux à un moyen de les accompagner avec une montée en charge progressive des loyers » poursuit-il. Il fait la démonstration que les municipalités ont un rôle à jouer dans le développement économique et qu’on ne peut pas uniquement s’en remettre aux lois du marché. Reste à trouver le bon équilibre. A Cavaillon, la ville est déjà propriétaire 13 boutiques et l’EPF PACA (Établissement Public Foncier) en possède 14. L’autre enseignement de cette histoire est que l’art est plus forte que les kebabs, et ça c’est une autre bonne raison de se réjouir.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Notre-Dame de Sainte-Garde, située à Saint-Didier, va accueillir l’exposition ‘Peintres du Comtat’, dont le vernissage aura lieu ce jeudi 19 septembre. Le public aura jusqu’au dimanche 29 septembre pour venir admirer les œuvres exposées.
Ils viennent de Carpentras, d’Aubignan, de Mazan, de Malemort-du-Comtat, ou encore de Sablet. Cinq peintres du XXᵉ siècle seront mis à l’honneur jusqu’au 29 septembre à Saint-Didier.
Le public pourra admirer les œuvres de Paul Surtel, tout en fluidité, transparence et en pastel de grain, mais aussi de Shahda, tout en masses et en couleurs. Les paysages de Dominique Barrot seront aussi exposés, aux côtés des peintures à l’huile d’Antoine Baer et des toiles colorées et profondes de Danièle Isnard.
L’exposition sera visible à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, qui auront lieu ces samedi 21 et dimanche 22 septembre, de 9h à 19h. Le public pourra aussi voir les œuvres des cinq peintres du lundi 23 au dimanche 29 septembre de 14h à 19h.
Vernissage le jeudi 19 septembre à 18h30. Du 20 au 29 septembre. Notre-Dame de Sainte-Garde. 205 Chemin de Sainte-Garde. Saint-Didier
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Dès ce vendredi 20 septembre, le sculpteur Gabriel Sobin présentera son exposition ‘STAR DUST — Poussière d’étoile’ au sein de l’atelier William Ruller à Apt. Le public aura jusqu’au samedi 30 novembre pour découvrir les œuvres de l’artiste.
Né en 1971 à Salon-de-Provence d’une mère anglaise et d’un père américain, Gabriel Sobin a suivi des études à l’École d’Arts Appliqués Olivier de Serres et à l’École Camondo. Après avoir vécu quelques années à New York, il est revenu en Provence au milieu des années 90 pour se consacrer pleinement à la sculpture.
À travers son exposition ‘STAR DUST — Poussière d’étoile’, qui sera inaugurée ce vendredi 20 septembre à Apt, il cherche à émerveiller le public en ce qui concerne les systèmes planétaires, les étoiles, les galaxies, ou encore les trous noirs, qui, malgré de nombreuses recherches et théories sur leur génèse, restent un profond mystère. « Nous sommes entièrement constitués de poussières d’étoiles : de l’oxygène au carbone en passant par l’hydrogène ou le phosphore, ces mêmes éléments présents dans l’univers depuis son origine ont physiquement généré notre existence, explique Gabriel Sobin. Il n’y a donc aucune séparation entre ‘là-haut’ et ‘ici-bas’ : le cosmos vaste et sans limites, est notre corps, notre maison. »
Les œuvres seront exposées à l’atelier William Ruller, à Apt, qui est un espace dédié à des projets artistiques contemporains qui abordent des questions et thématiques en lien avec l’actualité et notre époque, et dont la direction artistique est assurée par William Ruller et Elise Hamon-Ruller. L’atelier expose des œuvres allant de la peinture à la sculpture, en passant par l’installation et la performance.
Parmi les œuvres exposées, le public pourra admirer une installation murale de 6m de long.
Vernissage le vendredi 20 septembre de 18h à 20h. Exposition du 20 septembre au 30 novembre. Visible les vendredis et samedis matin de 9h à 13h ainsi que sur rendez-vous à atelierwilliamruller@gmail.com. Atelier William Ruller. 63 Rue de la République. Apt.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Ce vendredi 13 septembre, Luminagora va présenter son nouveau spectacle son et lumière ‘Mistral de Provence’, basé sur un manuscrit inédit de Frédéric Mistral, à Gordes. Le spectacle mêlera comédiens, danseurs, lumières et projections de fresques géantes sur le château du village.
Luminagora, qui fêtera ses 10 ans l’année prochaine, développe des itinéraires lumineux autour de quatre labels : Lumières du Gard, Magistrale Provence, Hérault du Patrimoine, et Grand Est illumination. Le collectif artistique va proposer un tout nouveau spectacle, ‘Mistral en Provence’ qui sera présenté ce vendredi 13 septembre à Gordes, où Luminagora avait déjà présenté une œuvre en 2023, ‘La déesse de Gordes’, qui retraçait l’histoire de la commune.
L’idée de ‘Mistral en Provence’ est née de la rencontre entre Richard Kitaeff, maire de Gordes, et Valérie Siaud, historienne de la Provence, descendante de la famille Roumanille, éditeur et libraire local du XIXᵉ siècle. Le spectacle de Luminagora sera basé sur un tout nouveau manuscrit de Frédéric Mistral, qui sera dévoilé au public lors de l’événement. Ce vendredi 13 septembre lancera la tournée ‘Mistral en Provence’ programmée pour 2025, pour laquelle le collectif vient d’installer ses studios à Vedène.
Une quinzaine de comédiens sublimés par des vidéomappings
Le spectacle ‘Mistral en Provence’ allie projections mapping vidéo, spectacle vivant et arts graphiques pour rendre hommage à la Provence et à Frédéric Mistral. Ce dernier sera interprété par un comédien, qui sera entouré d’une quinzaine d’autres. Ensemble, ils parcourront les origines de la Provence, l’eau et les fontaines, les poèmes de Mistral sublimés, la vie des villages provençaux, la crèche provençale, l’univers du vin et des terroirs, la famille Roumanille et le manuscrit, la sieste paresse de Mistral, ou encore la Camargue et les traditions provençales.
Ce groupe de comédiens et danseurs seront sublimés par des fresques géantes, réalisées par le peintre Christian Jequel, résidant et travaillant à Marseille, qui travaille avec une technique au couteau. Ses œuvres seront animées grâce à la technologie et aux graphistes puis projetées en vidéomappings sur une façade du château de Gordes pendant le spectacle.
Vendredi 13 septembre. 22h. Gratuit. Place du Château. Gordes.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Pour ce week-end de rentrée, l’équipe de Deraïdenz — Pôle Théâtre et Marionnette — a préparé deux journées et soirées autour de la marionnette ces samedi 14 et dimanche 15 septembre.
Au programme, des initiations et ateliers de construction pour tous, un spectacle, une soirée Kabaret-Scène Ouverte, une soirée apéro-projection, etc ! Le Pôle Théâtre et Marionnette sera également ouvert en continu pendant tout ce week-end de 11h à 21h pour visiter les ateliers et l’exposition permanente et pour boire un verre sur place en profitant de la terrasse, sur l’île de la Barthelasse. Une belle occasion de découvrir que Deraïdenz c’est un projet artistique, mais également un lieu culturel convivial ouvert à tous.
Déraïdenz, une compagnie consacrée à l’Art de la marionnette
Depuis sa fondation à Avignon en février 2017 et son installation en 2020 sur l’île de la Barthelasse, Deraïdenz crée des spectacles, des déambulations, des événements, des petites formes et des soirées uniques. Son univers singulier s’exprime également lorsqu’elle dispense ateliers, stages, et qu’elle construit marionnettes, masques et autres curiosités. La compagnie a su s’inscrire dans le paysage vauclusien en créant ses spectacles – La Dame Blanche, InKarné, les derniers jours de Pierre — aussi bien lors du festival d’Avignon, dans les théâtres avignonnais, que pendant les journées du patrimoine à Bollène, les déambulations de Noël à Avignon, sans oublier des représentations scolaires à l’auditorium du Thor.
Mais aussi un centre de rencontres artistiques, d’ateliers et de convivialité
En témoigne la volonté de proposer des week-ends de découverte et de convivialité. Vous pensiez que la marionnette était réservée à un public jeune ? L’exposition et la découverte des ateliers séduiront les plus grands aussi. Vous pensiez venir en tant que spectateur ? La soirée Kabaret vous invite à monter sur scène également et les ateliers à fabriquer, vous aussi, votre marionnette.
Programme du week-end
Samedi 14 septembre
‘René Forever’ de Lital Tyano, un spectacle déambulation créé par la Compagnie Neshikot. Martine est une femme âgée, elle a perdu son René avec qui elle a vécu depuis toujours. Elle se balade avec la pantoufle de son amour, à la recherche de quelqu’un qui pourrait peut-être la chausser… Mais est-ce possible de remplacer René ? C’est l’histoire de celui qui reste. C’est l’histoire d’un amour éternel. 16h et 20h. 5€ (sur réservation).
Soirée Kabaret-Scène Ouverte. Artistes, musiciens qui répètent sous la douche, conteurs, etc. La formule reste la même : vous avez 3 minutes sur une scène de 3m x 3m !! Conte, théâtre, marionnette, danse, chant, etc. ; toutes les propositions sont les bienvenues ! 20h. Pour participer à la scène ouverte ou faire partie du public, la réservation est maintenant obligatoire pour tous, par mail : contact@compagniederaidenz.com ! Sur adhésion à partir de 5€.
Dimanche 15 Septembre
Atelier fabrication d’une marionnette marotte, à faire en famille, et à partir de 8 ans. De 10h à 13h. Prix libre à partir de 5€ (réservation obligatoire).
Atelier stop-motion avec l’argile, pour ado-adulte, pour créer un petit film d’animation avec un personnage en argile. De 15h à 18h30. Prix libre à partir de 30€ (réservation obligatoire).
Apéro-projection, film d’animation slave pour adolescents et adultes. 19h. Sur adhésion à partir de 5€ (réservation obligatoire).
Une nouveauté, un atelier “Marionnette-Texte-Objet”
Deux fois par mois, Vanessa Clément de la compagnie Divine Quincaillerie animera des ateliers ‘Marionnette-Texte-Objet’. Cet atelier s’adresse à toutes les personnes âgées d’au moins 12 ans désireuses d’avoir une pratique théâtrale tournée vers la création. La manipulation et l’assemblage d’objets seront la source d’inspiration du comédien/créateur afin d’inventer de petites histoires, des contes ou des saynètes. Les ateliers dureront trois heures de 9h30 à 12h30 et auront lieu un samedi sur deux (sauf pendant les vacances). Début des cours le 5 octobre.
Pour plus d’informations et pour les réservations : 06 18 78 39 98 / contact@compagniederaidenz.com Deraïdenz. Pôle Théâtre et Marionnette. (PTM) 2155 chemin de la Barthelasse. Avignon.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Pour célébrer les 100 ans de l’existence de la cave coopérative vauclusienne, un concours d’art multidisciplinaire est mis en place par le Cellier des Princes qui sera ouvert à tous. Les participants ont jusqu’au 30 octobre pour soumettre leur candidature, les gagnants verront leurs œuvres exposées durant une durée minimale de trois mois.
100 ans de passion et de tradition vinicole. C’est ce qui s’apprête à être célébré par la cave Cellier des Princes qui se trouve à Courthézon à l’occasion de ses 100 ans d’existence. Pour partager ce moment avec le maximum de personnes, la structure vauclusienne a fait le choix d’organiser un concours d’art et ouvert aux artistes de tous horizons afin qu’ils participent à travers leurs œuvres à l’héritage de Cellier des Princes.
Ce concours est pluridisciplinaire et invite des artistes de plusieurs domaines à s’inscrire. Peinture, photographie, dessin, vidéo, film, 3D, sculpture, poésie, littérature, philosophie, il y en aura pour tous les goûts. Ouvert depuis fin avril, le concours reste ouvert aux candidatures jusqu’au 30 octobre 2024. Dès le mois de novembre, la pré-sélection des œuvres débutera. Les gagnants du concours seront exposés dès le premier jour du mois de décembre.
Une exposition d’un an en récompense ultime
Les 1ers prix de chaque catégorie artistique se verra remettre une somme de 300€ en guise de récompense ainsi qu’un magnum de Châteauneuf-du-Pape. Au-delà de l’aspect financier, c’est surtout la possibilité d’exposer durant plus d’un an pour les artistes vainqueurs qui constitue la véritable récompense de ce concours avec trois mois supplémentaires en 2025 ou 2026. Certaines œuvres présélectionnées pourront même être mises en vente au bénéfice exclusif des artistes à la fin de l’année 2025.
Toutes les informations concernant le concours sont disponibles en cliquant sur ce lien.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Du mardi 10 septembre au samedi 28 septembre 2024, le photographe Jean-Pierre Rieu s’installe dans le hall d’exposition du Pôle culturel de la commune de Sorgues pour une nouvelle exposition intitulée « portraits calés ». La suite logique pour l’artiste local qui avait déjà proposé une exposition « Urbex » en 2023 dans la ville vauclusienne qui avait séduit un public nombreux.
Pour cette nouvelle exhibition de son travail, Jean-Pierre Rieu proposera une série de portraits décalés et réalisés sans trucage, exposés durant plus de deux semaines et ce en entrée libre et gratuite. « Nos visages disposent-ils tous de traits, d’expressions compatibles ? C’est la question que je me suis posée lorsque l’idée m’est venue d’effectuer des portraits que l’on pourrait qualifier d’insolites, ce que j’appelle les « portraits calés » a déclaré l’auteur de l’exposition.
« J’espère qu’à l’issue de cette exposition, vous serez convaincus, comme je le suis, que nous pouvons « mixer » la morphologie de nos visages. Dans la technique que j’emploie, pas de « tricherie », juste de la photographie sans trucage. Deux personnes posent et la photo qui en résulte n’est pas modifiée. Deux visages sur une même photo donnent naissance à une troisième entité. Pour obtenir ce résultat il convient d’effectuer, de façon harmonieuse, la juste superposition qui va créer ce nouveau personnage ».
Infos pratiques : exposition « portraits calés » de Jean-Pierre Rieu. Du mardi 10 septembre au samedi 28 septembre 2024. Pôle culturel Camille Claudel, hall d’exposition, 285 avenue d’Avignon, 84700, Sorgues. Entrée libre aux horaires d’ouverture du Pôle culturel. Plus de renseignements au 04.86.19.90.90.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Exposée depuis début juin au sein de la Fondation Van Gogh à Arles, la toile « la nuit étoilée » de Vincent Van Gogh est encore exposée jusqu’au lundi 26 aout 2024, 18h. Il reste donc que quelques jours pour admirer cette toile iconique de l’artiste peintre néerlandais, très attaché à la ville du sud de la France.
L’exposition « Van Gogh et les étoiles » offre l’occasion de concevoir une exposition mettant en perspective les sources dans lesquelles puisa l’artiste pour réaliser cette œuvre mais aussi l’influence qu’elle a eue. À travers différentes approches, scientifiques, historiques ou poétiques, les travaux d’artistes anciens et contemporains apportent un éclairage nouveau sur l’œuvre de Van Gogh afin d’en souligner l’héritage et la force inébranlable.
Le chef d’œuvre rejoindra ensuite la National Gallery à Londres pour l’exposition « Van Gogh : poètes et amants » qui débutera dès le 14 septembre 2024.
Infos pratiques : Exposition « Van Gogh et les étoiles ». Accessible tous les jours de 10h à 19h, jusqu’au lundi 26 août 2024, 18h. Fondation Vincent Van Gogh, 35 rue du Docteur Fanton, 13200 Arles. Tickets disponibles ici.
Centres-villes : quand l’art fait mieux que les kebabs
Inaugurée en juillet 2024, à la veille d’une élection importante pour notre pays, l’exposition Miss Tic ‘À la vie, à l’amor’ au Palais des Papes rassemble pour la première fois les œuvres d’une femme hors du commun qui nous interpelle au-delà des murailles pour nous insuffler sa rage, ses désirs et son humour.
Nous avons eu l’immense privilège d’être accompagnés pour la visite de presse par la curatrice de l’exposition Camille Lévy Serfati, l’assistant de Miss Tic Maxime Gurriet, ainsi que Charlotte et Antoine Novat, ses ayants droits qui ont pu nous régaler d’anecdotes, de commentaires, de précisions techniques, de souvenirs… Mais pas d’inquiétude : l’exposition se suffit à elle-même, les panneaux sont très explicites, tout est prévu jusqu’au 5 janvier pour rendre cet événement accessible à tous avec visites guidées et pédagogiques, ateliers et même espace participatif. Comme l’exposition précédente de l’été 2023 d’Eva Jospin, elle se déploie dans tout le Palais, est comprise dans le prix d’entrée de la visite, n’est pas circonscrite à La Grande Chapelle comme l’exposition Salgado (2022). C’est utile de le rappeler, car la visite du Palais requiert une bonne forme physique et nécessite de prendre son temps pour lire les centaines d’aphorismes accrochés dans les différents espaces. Un mot d’ordre : prendre son temps, déambuler, rire et s’extasier devant tant de talent, d’humour et d’à-propos, les écrits faisant souvent écho à notre actualité. Malgré les murs imposants du Palais, on retrouve paradoxalement le faste populaire de la rue chère à Miss Tic.
De l’anonymat à la reconnaissance dans l’espace public
De son vrai nom Radhia Aounallah, épouse Novat, Miss.Tic naît en 1956 à Paris. À l’âge de 10 ans, elle survit à un accident de voiture qui coûtera la vie à sa mère, son frère et sa grand-mère et la marquera à vie d’un handicap de la main droite. « Le voyage est familial, la route nationale, l’accident fatal… Fin des vacances… Disparition définitive de ceux que j’aime. Je n’ai plus rien à perdre, à part moi… Le corps modifié, je traîne ce qui reste de mon enfance avec agacement », Extraits d’un Texte autobiographique écrit par Miss.Tic. Dans les années 80, elle part pour les États-Unis, intègre le milieu punk. De retour à Paris, elle pose son premier pochoir en 1985 et emprunte son pseudonyme au personnage de la sorcière dans les aventures de Picsou qu’elle lisait enfant.
La revanche posthume d’une pionnière
Pour cette artiste qui a toujours transgressé l’ordre établi, quelle reconnaissance que d’être exposée au Palais des Papes, symbole de la puissance politique et religieuse au XIVᵉ siècle, devenu depuis le lieu emblématique des grandes expositions d’Art contemporain.
Femme issue de milieu populaire, fille d’un travailleur immigré tunisien, poétesse, papesse de l’Art urbain, pionnière du street-art, artiste au 1001 pochoirs (pochoiriste) les qualificatifs ne manquent pas pour cette femme hors du commun que l’on pensait ne pas connaître, mais qui a pourtant accompagné son époque en laissant son empreinte dans la rue, les galeries ou les expositions. Miss Tic coche toutes les cases de l’artiste qui n’a fait aucun compromis au cours de sa courte vie (décédée à 66 ans) si ce n’est en 1999 : celui de décider de demander désormais l’autorisation pour apposer ses pochoirs, lassée d’être toujours arrêtée et condamnée. Autorisation d’apposer certes, mais libre des contenus ! Et quels contenus ! Dessins, affiches et slogans explicites appelés aphorismes ont le mérite de faire mouche, d’être compris par tous et de nous faire rire.
Vagabondage et expérimentation dans les rues de Paris
Dans les jardins Benoit XII, Pascal Rodrigues, scénographe de l’exposition, a traduit l’univers brut de Miss tic sans artifice : premiers pochoirs dont le premier de 1985 dans le 14ᵉ arrondissement, palissades, poubelle, boîtier électrique, boîte aux lettres comme éléments du décor. Miss Tic avait eu une expérience théâtrale et avait à cœur de toujours travailler la mise en scène de ses œuvres dans la rue. Rien n’était spontané. Tout était pensé pour pouvoir susciter l’étonnement au détour d’une rue, d’une impasse. C’était pour elle une manière de sublimer l’ordinaire et le banal.
Une femme de caractère désormais inscrite dans l’histoire de la typographie
Dans les années 80, sa production littéraire devient importante, la place de l’intime est centrale et petit à petit, elle va préférer les formes brèves, la forme de l’aphorisme, les détournements de slogan publicitaire pour faire passer des messages, provoquer et bousculer avec humour. Elle cherche sa typographie et va devenir créatrice de caractère, avec une nouvelle typographie, reconnaissable entre toutes. Cette idée formidable de créer une signature inscrite résolument Miss Tic dans le monde masculin de la typographie.
À partir de 2000, elle ne travaille que sur autorisation
En 1999, suite à une condamnation pour « détérioration d’un bien par inscription » elle décide de sortir de l’illégalité et de toujours demander l’autorisation avant d’apposer ses pochoirs. C’est le début d’un travail où l’humour, l’érotisme, le désir et l’amour sont présents dans chaque parcelle de son œuvre qui est dévoilée de la salle du Grand Tinel à la Grande Chapelle. On découvre ainsi la première série créée sur autorisation « Muses et hommes » qui détourne des tableaux de l’histoire de la peinture classique qui avait tendance à représenter les femmes, les muses comme des objets du regard masculin, comme des corps passifs. Miss Tic leur redonne la parole en rajoutant des aphorismes, exemple pour La Joconde « pour sourire, il faut avoir beaucoup pleuré. »
Une femme engagée et subversive
Elle ne se disait pas militante, mais elle a inscrit son travail dans le champ de la poésie civique : on découvre avec jubilation dans la Grande Chapelle ses slogans savoureux produits à chaque campagne présidentielle jusqu’en 2007. « On n’est ni de droite, ni de gauche, on est dans la merde », « soyons des gueux » ou « le pouvoir ne protège pas, il se protège. »
Une femme qui revendique une sexualité libre
Le désir est son moteur, une rage de vivre que l’on retrouve partout. Elle revendique de pouvoir mettre sur la place publique le corps des femmes, le désir et le plaisir. Elle se réapproprie – au risque de choquer aujourd’hui, mais il faut recontextualiser — la représentation des corps des femmes pour affirmer la « force politique du corps des femmes. » Pour elle, le corps de ces/ses femmes fatales (détournées, calquées de magazine ou de publicités accompagnées toujours d’un aphorisme poétique) a un potentiel subversif très important. « Je revendique la charge érotique de mon travail. »
Son atelier, une immersion dans son travail avant la rue
Miss Tic passait beaucoup de temps dans son atelier ici reconstitué avec sa radio, ses étagères, ses bombes. « Écriture, recherche iconographique dans des BD, des livres, des affiches. Mais aussi expérimentation et recherche plastique entre tôle, soie, bois. Elle calquait, transformait, scannait ses calques, vectorisait les dessins à l’aide d’un logiciel, les mettait ensuite à l’échelle, puis les imprimait à l’échelle voulue pour les coller ensuite sur du papier cartonné, les redécouper au cutter. Il y avait tout un processus de mise en jeu du corps », précise son assistant Maxime Gurriet. On pourra admirer plus de 90 matrices de ses pochoirs suspendus dans la Grande Chapelle.
Son hommage aux femmes de lettres
En 2011, elle crée une série pour rendre hommage aux femmes de lettres qui ont en commun d’être irrévérencieuses, subversives… comme elle. L’idée de cette installation que l’on découvre dans le Grand Tinel est de « replacer Miss Tic comme poétesse, femme de lettres au côté de celles qu’elle célèbre. » Elle a pour cela bombé leurs portraits sur des pages bien précises de leurs ouvrages. On s’amusera ainsi à deviner grâce à des indices littéraires, Virginie Despentes, Patti Smith, Marguerite Duras…
En fin de visite, l’histoire intime croise la Grande Histoire
Où l’on comprend que Miss Tic se livrait intimement, mais qu’elle était « une véritable philosophe de la rencontre ». On découvre ainsi tout un cabinet de curiosité exposé sur une longue table de travail : pêle-mêle des archives intimes, des lettres, esquisses, la liste – établie par Miss Tic — de ses amours, des collages, photos. Affichée sur fond rouge, son histoire intime rencontre la grande Histoire. C’est ainsi qu’elle se marie en 1998 quand le préfet de Corse Claude Erignac est assassiné, qu’elle passe en correctionnelle en 1999 quand l’Otan déclare la guerre à la Serbie, qu’elle est filmée par Agnès Varda en 2003 pour le tournage de Murs Murs quand la navette spatiale Columbia explose… Une salle passionnante, entièrement consacrée à l’amour, l’amitié et à quatre décennies de combat poétique aux prises avec l’actualité.
Les visiteurs auront le dernier mot
Après avoir entendu la lettre finale écrite par Miss Tic et lue par Augustin Traquenard sur France Inter pendant le premier confinement, la Chambre des Notaires va permettre à chaque visiteur entre 14h et 17h d’exprimer sa rage ou ses désirs sur des palissades vierges, avec une typographie libre de droits créée spécialement.
Une œuvre collaborative éphémère que n’aurait pas reniée Miss Tic, elle qui a toujours désiré la libre expression intime et publique et sa transmission.
Jusqu’au 5 janvier 2025. Miss Tic. À la vie à l’Amor. Du 01/03 au 03/11 : 9h – 19h. Du 04/11 au 20/12 : 10h – 17h. Du 21/12 au 31/12 : 10h – 18h. 5 à 17€. Palais des papes. Avignon. 04 32 74 32 74.